Archives Août-Septembre 2015

Laurent Perot, producteur de "Crottin de Chavignol fermiers AOP"

Le "Crottin de Chavignol", ou "Chavignol", est un fromage au lait de chèvre entier et cru qui a obtenu son AOC 1976 et son AOP en 1996. Il offre visuellement une croûte fine ivoire, avec ou sans moisissures blanches ou bleues. Cette croûte peut aller jusqu'à un stade plus foncé, voire marron pour des fromages dits repassés. Petite précision à ce sujet, le fromage repassé est un fromage bleu affiné en atmosphère confinée, généralement un grand pot en grès qui lui confère son caractère moelleux. Rares sont les AOP qui prévoit un tel mode d'affinage. Le "Crottin de Chavignol" ou "Chavignol", a la forme d'un cylindre plat d'une hauteur maximale de 8 cm, très légèrement bombé à sa périphérie. Les arrêtes sont arrondies et son diamètre central est supérieur à ses diamètres haut (5,5 cm maximum) et bas (7,5 cm maximum). Cette caractéristique est la conséquence du retournement obligatoire en moule. Son poids est compris entre 60 et 90 g.

Lors de l'émission "Des Racines et des Ailes" du 22 octobre 2014 intitulée "Le Berry nature", qui privilégiait la fabrication du "Chavignol fermier", j'avais mis en mémoire le reportage fait dans cette ferme du Feulard, histoire de disposer d'une bonne adresse.

Avec ses "200 chèvre alpines" (seule race obligatoire à compter du 1er janvier 2017), réparties dans 3 bâtiments, cette ferme est imposante mais aussi très structurée pour recevoir sa clientèle, puisqu'elle met même à sa disposition des WC ! On peut également visiter en toute liberté ses différents locaux et y découvrir un petit local dans lequel picorent plusieurs "Poules soies", des gallinacés très originaux, au plumage très reconnaissable.

Ce 8 septembre 2015, hélas aucun "Chavignol bleuté" n'est disponible à la vente, seulement des demi-secs et secs, c'est à dire des fromages entre 15 et 21 jours d'affinage, ce qui est très peu ... pour moi. Quelques morceaux de fromages étant offerts à la dégustation, celui que je goûte est bien moelleux avec une petite pointe d'acidité. J'en prends donc huit, histoire de les affiner pendant une semaine supplémentaire, voir deux.  Mais trop occupé à discuter avec "Mme Perot mère", je m'apercevrais, un peu tard, qu'ils m été vendus sans étiquettes, ce qui est pourtant obligatoire, ne serait-ce que pour financer une partie du fonctionnement du syndicat de l'appellation.

Ferme du Feulard

Laurent PEROT

Le Feulard

18240 SAVIGNY-EN-FEULARD

Tél. : 02 48 72 13 07

Fax : 02 48 72 16 20

Email : earl.feulard@orange.fr

Les Sancerre à prix doux de Noël & Jean-Luc Raimbault

L'adresse de ce domaine m'avait été fournie en novembre 2014 par Vincent Loiret, vigneron sur les AOC du Muscadet. La modicité de sa tarification unique de 7 € 30 la bouteille, pour les 3 couleurs de l'AOC Sancerre, m'avait suffisamment interpellé pour susciter une dégustation de sa production. Pour la petite histoire, rappelons que c'est tout d'abord le Sancerre blanc qui a décroché l'AOC en 1936. C'est seulement en 1959 que les rosés et les rouges de Sancerre accéderont à cette distinction. Ce 8 septembre 2015, quelques jours avant que les vendanges ne commencent, ce périple dans le "Sancerrois" m'offrait enfin cette occasion.

Sur les 2700 ha qu'occupent le vignoble de Sancerre, Pascale, Jean-Luc et Noël Raimbault ne disposent que de 13 ha de vignes, dont 80 % environ sont affectés à la production de vin blanc, issu du seul cépage Sauvignon. Quant aux rosés et rouges, ils proviennent uniquement du Pinot noir. Côté technique, les vendanges sont mécanisées et l'élevage de la production s'opère en cuves vitrifiées et en cuves inox. Les vins élaborés par ce domaine sont plutôt à consommer dans les 10 ans, un peu moins pour les rosés. Naturellement, il y a forcément des millésimes qui contredisent cette affirmation. Et puis, comme dirait le sage Jacky "Dallaïlama", "bois le vin quand ça te fait plaisir !".

Notre dégustation a commencé par le Sancerre blanc 2014. La robe est jaune claire. Le nez est bien "sauvignonné" et offre un bouquet intense et fleuri. La bouche est nerveuse sans être agressive. La persistance en bouche est longue et très séductrice. Bref, une belle réussite dans un millésime favorable. J'en prends 24 bouteilles.

On enchaîne avec le Sancerre rosé 2014. C'est un rosé de pressurage et non de saignée. La couleur de sa robe se situe entre l'œil de perdrix et le rose saumoné. Le nez est discret. La bouche manque d'amplitude et de longueur. Ce n'est pas mon type de vin rosé.

On termine avec le Sancerre rouge 2014. De couleur "cerise", la robe est élégante et engageante. Le nez est intense et manifeste des arômes de fruits rouges. L'attaque en bouche est souple et gouleyante, avec une "finale très griottée", dixit mon épouse. J'en prends 12 bouteilles.

Au moment de partir, madame Pascale Raimbault nous a offert une bouteille de Sancerre 2014 issue d'un tirage plus récent, un geste très sympathique qui me rappellera à mon bon souvenir, quand je l'ouvrirais, la dégustation faite dans cette cave.

Domaine Noël & Jean-Luc Raimbault

Lieu-dit "La chambre"

Route de Sancerre

18300 SURY-EN-VAUX

Tél. : 02 48 79 36 36 ou 02 48 79 30 85

Fax : 02 48 79 36 56

Email : raimbault-sancerre@orange.fr

La Tour, la table étoilée de Sancerre 

Grand de demain dans le Gault & Millau 2011, promu étoilé dans le millésime 2001 du guide Michelin, c'est un joli coup double qu'a réussi Baptiste Fournier après avoir rejoint en 2007 son père Daniel dans ce restaurant installé dans une tour du 14ème siècle. Deux salles sont à disposition de la clientèle. Mais ce 8 septembre 2015, seule celle rustique du rez-de-chaussée était disponible, la plus moderne du 1er étage, avec vue sur le vignoble, étant fermée pour cause d'une visite de la commission de sécurité l'après-midi (c'est ce qui m'a été déclaré par le maître d'hôtel).

Sur le site internet du restaurant, pas très à jour puisqu'y figure toujours un menu de "Pâques", était mentionné le service de Cochon cul-noir, aussi bien dans les 2 menus "Promenade" et "Plaisir" que dans la carte (Cf. diaporama). Quand j'ai pris connaissance sur place des propositions inscrites sur le présentoir extérieur puis de celles présentes sur la carte qui nous a été remise une fois à table, j'étais rasséréné, le "Cul noir" était bien présent ! Je me faisais donc une joie d'en faire sa dégustation. Après avoir décliné au maître d'hôtel nos préférences pour les 2 premiers plats du menu "Plaisir" que nous avions choisi (à 60 € 00 en 5 services), est survenue "la" déconvenue de ce déjeuner, pas de Cochon cul noir ! Finalement, le maître d'hôtel, devant nos têtes plus que renfrognées, nous a d'abord proposé de le remplacer par du Filet de boeuf black angus. Cette suggestion ne nous enchantant guère, la seconde solution d'un plat mettant en oeuvre du Ris de veau a finalement détendu l'atmosphère en recueillant notre approbation ... par défaut !

A ce sujet, je précise juste que si nous avions été des clients "emmerdants", comme "Tripadvisor" le démontre en permanence, et surtout procéduriers, Baptiste Fournier aurait pu se voir reprocher de la publicité trompeuse, puisque telle est la sanction qui réprime la non disponibilité d'un plat annoncé comme disponible dans un menu. Pourtant, à l'époque de l'informatique où il est tellement facile de retaper ses documents publicitaires, ce genre de pratique douteuse pourrait facilement être évitée !

Combien de maisons se privent de la commande d'un apéritif à bulles en pratiquant des prix dissuasifs pour une coupe de Champagne. Le chef Baptiste Fournier a l'intelligence d'en proposer une pour 9 € 00 les 12,5 cl de René Prévot. C'est un Champagne de propriétaire, déduction non évidente à la lecture de la page  affectée aux propositions de vins au verre. En effet, dans la marge on peut lire N.M. un sigle qui certes veut dire "non millésimé", mais qui  en Champagne désigne un "Négociant manipulant". Il vaudrait mieux donc que Baptiste Fournier s'en tienne à l'usage de la profession qui privilégie les trois lettres BSA, pour désigner un Champagne "Brut sans année".

Nous avons donc cédé à sa tentation, histoire surtout de fêter doublement notre anniversaire de mariage et celui de notre fils Romain. Seul petit bémol, il y en a eu plusieurs, ce vin n'a pas été servi devant nous, à notre table, ce qui est pourtant obligatoire. Pour accompagner cette petite séquence apéritive, une jeune et charmante serveuse nous a apporté un ensemble de 2 amuse-bouche, originaux et séduisants : Croustillant sarrasin et pied de cochon - Toast avec gelée de tomate et feta.

Pour patienter, c'est au tour d'un ensemble culinaire aussi bon que créatif, associant habilement Chou-fleur, moule et cacahuète. Gustativement, c'est tout ce que j'attend d'un restaurant étoilé.

Mon entrée arrive, c'est un Tartare de boeuf, émulsion au Stilton, framboise et feuille d'huître. L'association est plutôt osée, mais le résultat est probant et savoureux. Du côté de mon épouse, on part sur du Thon cru de Méditerranée, pastèque confite au gingembre, riz et chips de riz. Là encore, beaucoup de recherche, d'originalité et de prise de risque bien maîtrisée. Le résultat se révèle particulièrement délectable, avec une mention spéciale pour la pastèque confite au gingembre, une très belle réussite.

Le poisson du jour, premier plat servi pour l'ensemble de la table, met à l'honneur de la Lotte. Elle est grillée et agrémentée de plusieurs légumes, en l'occurrence du quinoa et de la betterave jaune, soulignés par une touche de café. Le poisson est cuit pilepoil (il n'aurait pas fallu 30 secondes de plus) et son accompagnement légumier est parfait.

Mon second plat, celui aussi de mon fils Romain, est donc ce Ris de veau, français, melon confit, girolles, pommes de terre de Noirmoutier et chips de vitelotte. Encore un plat, comme pratiquement tous ceux servis lors de ce déjeuner, qui confirme que Baptiste Fournier, a bien retenu de son passage chez Alain Passard la manière d'apprêter et de cuisiner les légumes. Ce melon confit (confire les légumes est une judicieuse marotte de Baptiste Fournier), en est un bel exemple et permet surtout au gourmand de passage ici, d'explorer d'autres saveurs que certains légumes et fruits développent par cette méthode de cuisson. Mon épouse a préféré opter pour l'Agneau confit et grillé, girolles, pommes de terre de Noirmoutier et crème aux épinards. A la voir déguster ce plat en silence, je comprends qu'elle se régale.

Baptiste Fournier n'est pas homme à emberlificoter la dénomination de ses plats, un peu à la manière du regretté Alain Chapel.  C'est ainsi que pour présenter son service de production fromagère, il se contente d'indiquer sur sa carte, "Fromages". Ceux présents sur le chariot, soit 14 variétés, sont particulièrement affinés, un risque que peu de professionnels  osent prendre. Son assortiment de Crottins de Chavignol, en provenance de l'affineur Romain Dubois, en est le plus bel exemple. Le plus jeune a un mois d'affinage et le plus vieux, dit "repassé", en a 3 ! Idem pour l'Epoisses fermier au lait cru, le seul de cette AOP qui ne comptent que 4 producteurs, de Caroline et Alain Bartkowiez, ou encore pour le Camembert de Normandie "Gaslonde" de la fromagerie du Val d'Ay, avec sa croûte presque brune, témoin d'un affinage poussé. En sollicitant une part de chacun de ces trois fromages, je me suis fait un très grand plaisir.

Un choix de trois desserts était proposé dans ce menu "Plaisir" qui porte bien son nom. Comme nous étions justement 3 ça tombait très bien pour se les répartir. J'ai préféré prendre celui avec Ganache chocolat, meringue au café, et sorbet et émulsion au thym. J'ai trouvé qu'il était trop marqué par la saveur tenace exhalé par le thym, un peu comme ces chocolats à la cannelle, quand cette dernière est trop envahissante. Un plus juste dosage de cette plante aromatique serait à mon avis plus judicieuse pour l'équilibre gustatif de ce dessert. Pascale, quant à elle, a bien aimé sa Pêche confite, mousse légère à la vanille, noix de macadamia et sorbet abricot, et Romain a trouvé fort correct son Savarin, potimarron, crème verveine et sorbet cassis.

Enfin, une Guimauve à la fleur d'oranger, un peu élastique, et un Financier, excellent, ont clos ce déjeuner globalement au niveau de l'étoile accordée par Michelin.

La carte des vins fait la part belle aux ressources de l'AOC locale, le Sancerre. On y trouve bien sûr les ténors de cette appellation comme François Cotat, Alphonse Mellot, Vacheron & fils ou Vincent Pinard, mais aussi plus de soixante autres propriétaires, sur les 450 vignerons, 25 négociants-producteurs et 1 cave coopérative, que compte l'AOC. Contrairement à beaucoup de ses confrères qui assomment leurs clients avec des coefficients multiplicateurs particulièrement musclés, les prix pratiqués Baptiste Fournier sont raisonnables, avec un premier prix de bouteille à 15 € 00 pour un Châteaumeillant 2007 rouge de Pierre Picot. Il y a aussi un Saumur-Champigny 2007 de Daheuiller à 19 € 00, un Coteaux du Giennois 2008 de Mathieu Coste, un Reuilly 2009 blanc de JM Sorbe à 20 € 00, et même un Sancerre blanc à 22 € 00 et un rouge à 24 € 00, autant de flacons qui sont un bel exemple d'une modicité tarifaire à prendre en exemple. On trouve aussi une belle offre de demi-bouteilles composée de 2 Champagnes, 15  vins blancs, 12 vins rouges et 4 vins rosés majoritairement représentatifs du cru local, dont les tarifs s'échelonnent de 14 € 00 pour le Reuilly blanc de Lafond à 41 € 00 pour le Champagne rosé de Billecart-Salmon.

Pour notre déjeuner, j'ai longuement hésité à prendre des vins au verre. Finalement, devant le choix intéressant en demi-bouteilles, j'ai privilégié d'explorer les caractères de deux Sancerre, avec pour débuter, un blanc 2013 de Vincent Pinard, et pour continuer, un rouge 2013 de Vacheron & Fils. Pour l'anecdote, le serveur, échaudé par nos remarques moqueuses sur les "indisponibilités", a illico pris les devants quand il s'est aperçu, et oui, que la demi-bouteille de Sancerre 2013 de Vincent Pinard était épuisée ! Il nous a alors gentiment proposé de nous servir la moitié du contenu, et même un peu plus, de son homologue disponible en bouteille de 75 cl.

La Tour

Baptiste FOURNIER

31 Nouvelle Place

18300 SANCERRE

Tél. : 02 48 54 00 81

Fax : 02 48 78 01 54

Email : info@latoursancerre.fr

Site web : www. latoursancerre.fr

Romain Dubois, 5éme génération d'affineurs de Crottin de Chavignol fermiers

Sans une discussion anodine avec madame Pascale Raimbault et le plateau de fromages du restaurant La Tour à Sancerre, je n'aurais probablement jamais connu Romain Dubois, tout jeune affineur à Saint-Satur. En effet, pour mon petit périple en Sancerrois, seule la maison Dubois Boulay à Chavignol, était inscrite sur mon carnet de route dans la catégorie des "affineurs". Quand j'ai fait part à madame Raimbault de faire une halte à cette adresse, elle m'a demandé chez lequel des Dubois je comptais me rendre. A sa moue dubitative quand je lui ai déclaré le Dubois de Chavignol, j'ai compris que je n'avais peut-être pas fait le bon choix. D'autant qu'ensuite elle m'a précisé que cet affineur était désormais tombé dans la galaxie fromagère "Triballat", même si celle-ci est propriétaire d'une fromagerie à Boissey, la Fromagerie de la Houssay, très renommée pour la remarquable qualité de ses Livarot et Pont l'Evêque AOP au lait cru.

Pour revenir aux Crottin de Chavignol AOP fermiers commercialisés par  Romain Dubois, moi qui adore les fromages bien affinés, je dois avouer que cette adresse est une petite merveille du genre avec, en ce 8 septembre 2015, pas moins de 5 types d'affinage proposés :

- "demi-sec" : affiné 10 jours

- "bleu moelleux" : affiné 1 mois

- "bleu crémeux": affiné 2 mois

- "sec": affiné 3 mois

- "repassé" : affiné 3 mois en pot de grès.

J'ai fait l'achat de 16 Crottin de Chavignol, soit 4 dans chacune des 4 dernières catégories pré-citées. Dégustés le 13 septembre 2015 en compagnie d'un Sancerre blanc 2014 de Noël & Jean-Luc Raimbault et un restant de "Provignage 2006" d'Henry Marionnet, je dois avouer que le "repassé" était une véritable tuerie, très goûteux et étonnamment moelleux ! Pour la petite histoire, le "Provignage 2006", issu du cépage Romorantin, l'autre cépage pour le fromage de chèvre, était parfait pour dominer, sans l'écraser, ce Chavignol très particulier.

 

Petit message à l'attention de "fiston Hervé", Romain Dubois fournit la maison Beillevaire ...

Romain DUBOIS

Fromager affineur

1262 rue des Champs

18300 SAINT-SATUR

Tél. : 02 48 72 96 77

Email : romain@romaindubois-affineur.com

Site web : www.romaindubois-affineur.com

Le "Sein de Nounou" de la fromagerie Dubois-Boulay

C'est, à la demande d’un grossiste qui venait chercher son vin et ses fromages chez de petits producteurs locaux  que Moïse Boulay devient affineur de fromages de chèvre en 1896. Par commodité,  celui-ci lui avait en effet suggéré de centraliser et d’affiner tous les fromages de ces petits producteurs. C’est ainsi que nait le métier d’affineur dans la famille Boulay. Après le décès de Moïse Boulay en 1922, son épouse Léontine, une femme de caractère, lui succède. Elle transmettra  le flambeau à son gendre Georges Dubois qui le passera à son fils  André. Celui-ci œuvrera grandement pour que le Crottin de Chavignol accède à l'AOC, une appellation qui sera décrochée en 1976. En 1977Gilles Dubois prend la succession de son père et son fils Romain la cinquième génération d’affineur, aurait dû reprendre la société ...

Si le site internet de la maison Dubois-Boulay développe un petit laïus très concis de son historique, insistant sur la culture générationnelle de son affinage ("... la fromagerie Dubois-Boulay cultive l'art de l'affinage depuis des générations ..."), par contre il passe sous silence qu'en 2012, Romain Dubois n'a pas pris la succession de son père et qu'ainsi, ce côté générationnel est passé à la trappe ! Et pour cause, l'entreprise Dubois-Boulay a été rachetée fin 2012 par Pierre Girier, propriétaire de plusieurs unités de productions fromagères (Triballat, Laiterie d'Anjouin, Laiterie des Feux) qui a mis en place une nouvelle tête dirigeante pour l'affinage, sous la houlette de Laurent Crochet. 

J'avais prévu de faire un détour par cette fromagerie pour acheter quelques Crottins de Chavignol et le fameux Sein de Nounou. Compte tenu de mon passage chez Romain Dubois, je m'en suis tenu à la seule emplette de ce dernier, un fromage de chèvre fermier au lait cru entier de 250 g, affiné une quinzaine de jours, dont la forme est très "sein-pathique" ! Cette fromagerie propose également une intéressante gamme de fromages à la vente, dont pas mal au lait cru. La plupart sont produits par les différentes laiteries de Pierre Girier, y compris ceux au lait pasteurisé ou thermisé de la maison "Germain", dont le responsable est Hugues Triballat.

Fromagerie Dubois-Boulay

Place de Chavignol

18300 CHAVIGNOL

Tél. : 02 48 54 08 23

Fax : 02 48 54 38 93

Email : info@dubois-boulay.fr

Site web :  www.dubois-boulay.fr

 

Autre boutique de vente à Sancerre

17 rue des Juifs

Tél. : 02 48 54 08 23

Faites vos huiles aromatisées, il est encore temps !

Bien sûr, l'idéal aurait été de les faire en juillet-août, mais le mois de septembre réserve souvent de belles journées ensoleillées. Celles-ci devraient vous permettre d'exhaler au mieux le parfum de chacune des herbes aromatiques (Basilic, thym-citron, estragon, romarin, fenouil ...) idéales pour concocter vos huiles aromatisées et en profiter ainsi cet automne, voir cet hiver. Et puis, en cas de totale réussite de cet exercice, vous serez au moins au point  l'année prochaine pour les faire au début de l'été !

J'ai rédigé à cet effet, dans la rubrique "Recettes faciles ou presque", onglet "Préparations de base" un petit laïus sur la marche à suivre pour les préparer.

Le Bistrot de la Tranchée, peut mieux faire !

Dans les années 70, cette table répondait au patronyme fort alléchant de "La Petite Marmite". Elle était déjà l'annexe du célèbre restaurant "Barrier" tenu par Charles Barrier, MOF 1958 (première étoile obtenue en 1955, deuxième en 1959 et troisième en 1968 ... qui retomberont à 2 en 1979), le premier cuisinier de l'hexagone culinaire à pétrir et cuire son propre pain. On y proposait alors une cuisine faisant la part belle à des plats canailles comme les rillettes, l'andouillette au Vouvray, la tête de cochon, les maquereaux au vin blanc, la quenelle de brochet Val de Loire, la noisette de porc aux pruneaux ou encore une savoureuse glace "Plombière", le tout à des prix ultra-doux. Cela lui vaudra de décrocher dans le Michelin 1979 le fameux R, une distinction qui signalait des "repas soignés à prix modérés", distinction qu'elle conservera jusqu'en 1985. Devenue par la suite une pizzéria, elle connaitra une petite éclipse avant de retrouver tout son allant sous la direction d'Hervé Lusseau qui la baptisera "Le Bistrot de la Tranchée". C'est sous l'emprise du chef Mickael Teluk qu'elle décrochera un Bib gourmand en 2009, une promotion qui est toujours d'actualités. C'est d'ailleurs ce critère sélectif complété par celui d'être ouvert le lundi midi (ce qui est plutôt rare dans la restauration tourangelle), qui nous motivera ce 23 août 2015 pour tenter à nouveau l'expérience d'un déjeuner dans cet établissement dans lequel notre dernière visite remontait au 15 novembre 2008.

La consultation de son site internet  ne nous apportera guère de précisions sur le contenu de ses menus. En effet, ceux mentionnés, à savoir le "Découverte" à 22 € 50 (mais à 23 € 90 en réalité), et le "Saveur" à 29 € 00 (mais en réalité à 29 € 50), n'étaient disponibles qu'à compter du 31 août 2015 ! Pas plus de précisions sur le site "Restaurants Michelin", sauf une offre "spéciale" d'un menu à 25 € 00 qu'on pouvait d'ailleurs réserver par son intermédiaire (option que j'ai choisie), mais là aussi sans aucun détail de sa composition.

Arrivé sur place, la lecture du porte-menu extérieur va  éclairer tout de suite ma lanterne quant à la réalité des offres du jour : un seul menu, celui à 25 € 00 est soumis à la clientèle (qui passe à 20 € 00 avec l'entrée ou le dessert en moins). Dénommé "Estival", chacune de ses 3 composantes (entrée, plat et dessert) se limite à 2 choix alors qu'en période normale, les deux menus principaux offrent 3 choix pour les entrées et les plats, et 5 choix de desserts ! Une courte carte complète cette unique proposition du jour.

Si ce choix plus restreint était quelque peu pénalisant, il nous a par contre facilité notre prise de commande en nous répartissant chacune des doubles propositions ... que nous nous partagerons.

Pour moi, ce sera :

Panna cotta de fenouil au raifort, saumon mariné au sel fumé et croûtons dorés

Carré de porc "Roi rose de Touraine" cuit à basse température, sauce au chorizo,

petite tarte fine de légumes provençaux

Millefeuille fraise/vanille et sorbet aux fraises

Pour Pascale : 

Salade de tomates multicolores au vinaigre balsamique, écrevisses et pêche sauce cocktail

Filet de bar, pulpe de carottes et crème de petits pois, mousse au lait fumé

Crème brûlée à la fève de Tonka

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les intitulés de ces propositions sont alléchantes.

La carte des vins de ce restaurant est l'un de ses autres atouts, avec une offre de 14 flacons à 20 € 00 et moins ainsi que des vins d'appellation (Touraine, Chinon et Bourgueil) proposés en pot de 50 cl dans une fourchette tarifaire de 7 € 50 à 9 € 60. Première déconvenue, deux vins sont rayés et ne sont donc plus disponibles (Touraine-Mesland rosé 2013 de Vincent Girault à 19 € 00 et Touraine Sauvignon 2013 de Frédéric Meurgey à 16 € 00). J'envisage alors de prendre une méthode traditionnelle de Le Capitaine à 19 € 00, qui pourra nous servir d'apéritif. Hélas, elle aussi est épuisée. Va donc pour le "disponible" Touraine Sauvignon 2013 "Le Petiot" de Vincent Ricard, un vin dont j'avais testé avec satisfaction les qualités de son millésime 2014 au salon du Petit-Pressigny début juillet 2015.

A peine le temps de commencer à goûter les "grignotages" servis sur notre Touraine Sauvignon pris en apéritif, que nos deux entrées nous sont servies. Leur présentation est travaillée et soignée. Au niveau des saveurs, c'est particulièrement bien équilibré et très réussi, avec beaucoup de sapidité dans les assiettes. Quand le serveur vient les rechercher, elles sont pratiquement nettes !

Grand amateur de "cochon", je n'ai pas résisté à prendre celui cuisiné ici, du "Roi rose de Touraine". La viande est bien cuite, goûteuse mais un peu ferme. Son accompagnement légumier, très bien présenté, est délicieux. Ce plat est une fort belle réussite visuelle et gustative. Mon épouse, un moment tenté par ce plat, s'était résolu à "choisir" le plat de poisson, un bar. Là encore, l'assiette est agréablement présentée avec un souci assidu de bon aloi de l'équipe de cuisine, celui de mettre en valeur les produits qu'elle travaille. Le poisson est bien cuit et bien assaisonné mais en bouche il se révèle un peu mou. Un doute m'envahit alors quant à sa provenance. Le serveur le lèvera après être aller consulter le chef Hervé Guttin, c'est du bar d'élevage ! Je lui ferais part de mon étonnement de servir un poisson d'élevage certes noble, dont la notoriété est certes attirante mais dont hélas la texture est souvent mollassonne. A ce sujet, je garde un triste souvenir de l'achat à Metro il y a une dizaine d'années d'un turbot d'élevage, c'était une horreur, au goût et en texture ! Pourtant, il existe des poissons sauvages, certes moins nobles, comme le lieu noir ou jaune, le maigre, le grondin qui ont pourtant une mâche beaucoup plus avenante.

J'attendais avec impatience l'arrivée de nos deux desserts, notamment mon Millefeuille. Dès l'apparition de l'assiette, j'ai tout de suite compris que son feuilletage était sous-cuit, un défaut que sa dégustation me confirmera. Je ne le finirais pas et je ferais part de ma déception au jeune serveur très à l'écoute de nos remarques. Heureusement, la Crème brûlée à la fève de Tonka prise par Pascale était remarquable, une véritable petite tuerie !

Si le bilan de ce déjeuner peut paraître mitigé, je veux toutefois en retenir qu'il a été pris à une période, le mois d'août, où les responsables de ce restaurant ont pour habitude (je l'ai appris trop tard !) de limiter les choix de leurs prestations et sont aussi en attente du renouvèlement du contenu de leur cave. Il serait donc intéressant d'y faire une nouvelle incursion ultérieurement pour voir si cette expérience n'était qu'un petit accident de parcours. Car il y a beaucoup d'efforts de présentation, de goûts et de qualités dans la cuisine qui est servie ici. Et quand je vois que depuis le 31 août 2015 "Le Bistrot de la Tranchée" propose dans ses 2 menus principaux du Pavé de merlu pêché sur les côtes françaises, du Pavé de cabillaud laqué et 5 desserts appétissants, y'a de quoi d'être optimiste quant au sérieux de ce restaurant.

Le Bistrot de la Tranchée

Propriétaire : Hervé LUSSEAU - Chef : Hervé GUTTIN

103 avenue de la Tranchée

37100 TOURS

Tél. : 02 47 54 20 39

Site web : www.charles-barrier.fr

Tourisme culturel à Massay

Petite commune de 1418 habitants du nord-est de l'Indre, entre Vierzon et Vatan, Massay dispose d'intéressantes curiosités culturelles composées d'un ensemble de monuments historiques : église Saint-Paxent, chapelle Saint-Loup et salle capitulaire (lieu où se réunissent les moines). Des lieux chargés de souvenirs si on se réfère à son histoire :

 

Historique

En 814, Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine, donne l'abbaye à Saint-Benoît d'Aniane; les bâtiments sont restaurés et 40 moines qui suivent les préceptes de Saint-Benoît s'y installent. Vers 873, les Normands pillent et incendient cette abbaye et volent son trésor que lui aurait donné Charlemagne lors de sa venue à Massay. Girard, comte de Bourges, reconstruit l'abbaye dans des proportions grandioses. En 920, Bernon, premier abbé de Cluny, mais aussi abbé de Gigny et de Déols, est placé à la tête de l'abbaye de Massay.
En 927, Odon, successeur de Bernon, séjourne à Massay afin d'y rétablir strictement la règle bénédictine. Vers 950, l'abbaye de Massay n'a plus de liens spécifiques avec Cluny.
Après plusieurs destructions et reconstructions, l'abbaye s'agrandit au milieu du XIIe siècle avec l'édification de la chapelle de l'abbé, puis la construction de la salle capitulaire; il est fort probable que deux cloîtres aient été construit au début du XIIIe siècle. En 1258, le roi Saint-Louis, de retour de la 7ème Croisade, visite l'abbaye. En 1360, elle est incendiée et pillée par les Anglais. A la fin du XIVe siècle, elle est reconstruite telle que nous la connaissons aujourd'hui. C'est en 1493 qu'est édifié le clocher de 42 m de haut, par l'abbé Bertrand de Chamborant.
Un arrêté du Parlement prononce la suppression définitive de la communauté des moines de Massay en 1735. Durant la Révolution, l'abbaye et ses dépendances subiront des affectations et destructions diverses (une route en provenance de Reuilly sera même tracée sur l'emplacement du grand cloître ...). La dernière visite de prestige que recevra l'abbaye sera celle du pape Pie VII qui, reprenant le chemin de Rome après son exil à Fontainebleau, suite à un désaccord avec Napoléon, s'arrêtera à Massay et y séjournera une nuit.

Patrimoine

De son histoire mouvementée (invasions des Normands au IXème siècle, de pillards au XIIème siècle, des Anglais au XIVe siècle et des protestants au XVIème siècle), mais prestigieuse (visites de Charlemagne, au IXème siècle, d'Odon au Xème siècle, de Saint-Louis au XIIIème siècle et du pape Pie VII au XIXème siècle), Massay garde aujourd'hui plusieurs bâtiments, épargnés par l'Histoire : l'église abbatiale, la chapelle de l'abbé, la salle capitulaire, le dortoir des moines, le logis du chambrier et d'une tour ronde, témoin des anciennes fortifications ... Les autres bâtiments (réfectoire, chaufferie, logis initial de l'abbé, atelier monétaire, les deux cloîtres...) ont, quant à eux, disparu.


L'église abbatiale
Dédiée à Saint-Paxent depuis 1736, elle a conservé quelques parties des murs des XIIème et XIIIème siècles, mais elle fut reconstruite dans son ensemble à la fin du XIVème siècle. Cette église est un vaste et unique vaisseau terminé à l'est par un chevet à cinq pans coupés. Ses vitraux furent posés au cours des années 1880.

A cet ensemble est adossée une tour-clocher puissante et élégante qui comprend quatre niveaux inégalement décorés :
- le rez-de-chaussée (porte extérieure aux armes de l'abbé de Chamborant)
- à l'étage se trouvent une fenêtre à meneaux ainsi que des contreforts possédant des niches soutenues par des culs-de-lampe
- les étages supérieurs sont les plus riches en décoration. Les contreforts se terminent par des clochetons et la tour est percée sur chaque face de deux fenêtres entourées de riches moulures, derrière lesquelles se trouvent les deux cloches, dont une date de 1512
- un toit en pavillon couronne l'ensemble

La chapelle de l'abbé
Cet oratoire, dédié à Saint-Loup, date du milieu du XIIème siècle. Sobre d'extérieur et bien conservé, son architecture homogène est romane, mais contient déjà des arcs-ogives. Elle est classée au titres des Monuments historiques depuis 1889.

La salle capitulaire et le dortoir des moines
Situé au Sud de l'église et placé à l'emplacement de la route reliant Reuilly à Massay, ce bâtiment du XIIIème siècle reste le seul témoin de l'édifice qui entourait jadis le grand cloître. Au rez-de-chaussée, il comprend la salle capitulaire, deux autres salles et un couloir faisant communiquer les deux cloîtres. Au 1er étage se trouve une partie du dortoir des moines avec une charpente à chevrons-formant-fermes et aux baies étroites ainsi que des fenêtres datant du XVIIème siècle. La salle et le dortoir sont classés au titre des Monuments historiques depuis 1915.

Le logis du chambrier
Il date du XVIIème siècle. Lors de la cessation des activités de l'abbaye, il fut le presbytère jusqu'à une période récente. 

Les anciennes fortifications

Une tour ronde, indépendante de l'église, reste le vestige le mieux conservé des fortifications de l'abbaye. On peut en suivre le tracé en empruntant certaines rues de la ville, dans lesquelles on aperçoit les ruines d'autres tours ainsi que des commodités de l'époque ... 

 

Source commentaire : www.sitesclunisiens.org

Fort de ces richesses historiques et culturelles dont Massay dispose, l'association Images et culture, présidée par Brigitte Peskine, organise depuis plusieurs années des expositions dans la chapelle Saint-Loup et la salle capitulaire. Elles sont ouvertes au public jusqu’au 30 août 2015, les week-end et jours fériés, de 15 heures 00 à 19 heures 00.

S'agissant des aquarelles d'Emmanuelle Brunet,  je n'ai pas réagi sur le moment à leur propos, bien que ces œuvres artistiques me disaient quelque chose. Ce n'était pas étonnant, puisque c'est l'une de des aquarelles d'Emmanuelle Brunet que Jacky Dallais a choisi de mettre en page pour la présentation de sa carte à "La Promenade".

Pour tous renseignements complémentaires :

Mairie de Massay au 02 48 51 90 81 et tourisme-massay@orange.fr

"La Renaissance" du bon pain à Reuilly

Décidément, ça bouge au niveau du renouveau des métiers de bouche à Reuilly ! En mars 2013, Stéphanie et Georges Roussel ont repris la boulangerie située près de la Poste et l'ont baptisée "Renaissance". Le parcours professionnel de cet artisan est plutôt singulier. Après avoir obtenu son CAP de pâtissier, Georges Roussel s'est lancé dans les années 90 dans l'activité de "Charcutier-Traiteur" et s'expatrie 10 ans durant, en Allemagne. En 2003, de retour au pays, il s'initie au métier de boulanger et s'installe donc une dizaine d'années plus tard à Reuilly.

Soucieux de la qualité de ses farines (il en utilise notamment une distinguée d'un Label Rouge, provenant d'un minotier indépendant du Loiret), il confectionne d'excellent pains dont le fameux Pain des Gaults, une grosse miche d'environ 1 kg 800, à la croûte bien dorée, à la mie bien cuite, très aérée et relativement légère malgré l’utilisation de farine de seigle. C'est d'ailleurs ce pain qui est présent à la table du restaurant "Les 3 Cépages" et qui m'a conduit à prendre la dernière miche qui restait en vente. Côté viennoiseries, les brioches exposées (4 € 50 pièce) étaient tellement tentantes, que je n'ai pas pu résister à l'attraction de l'une d'entre elles. Le coût de ces emplettes : 12 € 94, une aubaine ! A peine arrivés à Chailles, nous en avons coupé une tranche ! Elle avait un bon goût de beurre et d’œufs frais, et s'est révélée très légère. Dernier détail, et non des moindres, cet artisan adhère à la Charte "Viennoiseries 100 % maison" que les professionnels de l'Indre ont également adoptée. 

La Renaissance

Stéphanie & Georges ROUSSEL

28 rue de la République
36260 REUILLY

Tél : 02 54 49 20 90

La cuisine berrichonne interprétée par une équipe nippone s'invite aux "3 Cépages"

C'est mon ami "Teva", fidèle contributeur de l'ancien site d'échanges culinaires du Bottin Gourmand (le premier du genre ... hélas mis au placard par la nouvelle équipe), et infatigable "gastronomade", qui m'a vivement conseillé ce restaurant situé dans la partie nord-est de l'Indre. Il est installé dans une belle bâtisse du 19 ème, non loin du centre ville. Et ce n'est pas Nadine Bellurot, maire actuelle de Reuilly qui va se plaindre de cette nouvelle vie des 3 Cépages ! Car, ancien hôtel municipal puis lieu d'accueil pour personnes âgées, il faut dire que la rentabilité de ce complexe, avec  son taux de remplissage de 50 %, engendrait ces dernières années plutôt des déficits (environ 18 000 € annuels), que des profits. Alors, quand en 2012 un couple de Japonais, Hirati et Takari Sato, qui cherchait à s'installer dans l'hexagone, s'est montré intéressé pour ressusciter l'activité hôtel-restaurant de ces lieux, Patrick Bertrandle maire de l'époque, a tout fait pour favoriser la réussite de leur projet. Grâce au financement de la ville de Reuilly, à hauteur de 50 %, et aux subventions de l'Europe, de l'État, de la Région et du Département, 600 000 € ont été investis pour restaurer le vieux bâtiment, sans compter les 120 000 € engagés par Hiraki et Takari Sato, dans l'achat du mobilier et des matériels nécessaires au fonctionnement de l'ensemble hôtel/restaurant. Après plus d'un an de travaux, "Les 3 Cépages" ont rouverts leurs portes le 1er mai 2014, avec 6 chambres 3 étoiles pour héberger les touristes de passage.

Deux salles accueillent la clientèle, soit un maximum de 40 couverts. C'est dans la seconde, avec son haut plafond pentu que nous conduits Takari Sato, le maître des lieuxLa mise de table est élégante et soignée, avec nappes blanches, service "Écume" de chez Bernardau et couverts "Christofle". En attendant notre prise de commande, une ardoise accueillant "gougère et amandes grillées" nous permet de grignoter. La carte d'ensemble propose 5 menus (26 € 00, 30 € 00, 48 € 00, 68 € 00 et 88 € 00, ces 2 derniers sur réservation préalable) et une carte de 11 plats (4 entrées, 3 plats, fromages et 3 desserts). C'est Hirati Sato qui assure notre prise de commande. A ma demande, elle nous précise le contenu du menu à 48 € 00 : "Langoustines poêlées à la piperade et au fenouil - Lieu jaune, beurre blanc - Poitrine de cochon noir de Lignerolles, olive noire et tomate séchée - Dessert au choix". Pour notre première expérience, nous préférons choisir celui à 30 € 00 en 3 opus avec 3 choix chacun, ce qui tombe bien puisque nous sommes 3 !

Pour l'accompagnement vineux, la carte idoine offre un très large choix de Reuilly dans les 3 cépages, issu de 20 vignerons de l'appellation pour les blancs et de 18 pour les rouges. Tous sont tarifés à 21 € 00. Il manque toutefois un élément essentiel, le nom de la cuvée dont ils sont issus. Quincy, Menetou-Salon font également parti des suggestions, sans oublier le "Bojaulais", de quoi satisfaire la soif du gosier. Finalement, nous optons pour un service de 2 vins au verre par convive au tarif unitaire de 4 € 50 les 12 cl, en principe ... Et oui, en principe, car après avoir réglé la note, je me suis aperçu que le verre de Menetou-Salon nous était facturé 6 € 50 ! J'aurais juste voulu le savoir au moment où je l'ai choisi !

Pour commencer, Hirati Sato nous sert une patience, une Petite soupe de champignons et saucisse basque. L'ensemble est très parfumé et très goûtu, avec ces petits morceaux de saucisse basque qui donnent un croquant bien sympa. Mon entrée, un Œuf pané à l'anglaise et céleri-rave à la mimolette, suit une dizaine de minutes plus tard ; Hirati Sato s'excusera pour cette attente (le restaurant est complet et donc bruyant, compte tenu de la configuration de la salle ... et de la table toute proche de de 8 retraités joyeux). Nous lui feront la courtoise remarque que nous ne sommes pas pressés et que le principal pour nous, c'est la qualité des plats servis. La présentation de cette entrée est originale (c'est la première fois que je mange un œuf pané), et se révèle délicieuse et pleine d'arômes, comme celles d'ailleurs de mes 2 coreligionnaires, le Maquereau confit, sauce anchoïade choisi par Pascale et les Langoustines poêlées à la piperade et au fenouil. Niveau culinaire on frise l'étoile pour ce premier envoi. Ces 3 entrées sont d'autant plus appréciées que le pain proposé aux 3 Cépages est une petite merveille, tout droit sorti du fournil de la boulangerie "La Rennaissance" de Reuilly (Cf. article ci-dessus). Pour ce premier accord vineux, Takari Sato nous sert le même vin à tous, un Reuilly blanc 2011 de Denis Jamain. Si ce vin s'en tire bien sur l'Oeuf et les Langoustines, par contre, il est moins à l'aise, alors que je croyais le contraire, sur le Maquereau, peut-être à cause de son approche boisée, pourtant légère.Bienvenue maintenant aux plats de résistance. J'ai opté pour la Poitrine de cochon noir de Lignerolles, olive noire et tomate séchée. La présentation, en arc de cercle, manque d'originalité ... et de légumes, mais côté gustatif, c'est superbe. La viande est très tendre, la quantité est conséquente et la sauce aigre-douce est divine. Idem pour les plats de mon épouse, des Rognons de veau rôti au beurre noisette et sa salade de saison, et de mon fils, un Poulet de Limeux rôti, avocat et noix. Le second accord met/vin concocté par Takari Sato nous laisse le choix entre un Menetou-Salon rouge 2014 d'Antoine Van Remoortere et un Reuilly rouge 2013 des "BerryCuriens". Pour les Rognons ce sera le Menetou-Salon, et pour les 2 autres plats, le Reuilly. Si le premier nommé est ample, bouqueté et harmonieux, confirmant ainsi tout le bien que je pense du millésime 2014, par contre, le second est agressif par sa forte acidité et manque de corps ... et surtout, il nous fera mal au crâne deux heures après et pendant toute la soirée. Une seule affirmation est véridique parmi les indications valorisantes et législatives figurant sur ses 2 étiquettes, ce vin contient des sulfites, à une bonne dose ! Bref, un Reuilly et une adresse à oublier au plus vite !

Le fromage se présentant sous la forme d'une assiette de spécialités laitières pré-portionnées, nous préférons embrayer directement sur les desserts. Le mien est une Compote d'ananas au laurier, noix de coco et basilic. Sa présentation dans l'assiette est un peu confuse et manque d'harmonie créatrice. Mais comme pour mon plat de Cochon, le goût est là et il est délectable, n'est-ce pas l'essentiel ! Mon épouse ne fera qu'une bouchée de sa Tarte au citron et sa glace à la meringue, dont elle trouvera la quantité un peu juste (quand c'est bon, c'est souvent le même problème ...). Quant à mon fils Romain, il s'est régalé avec son Gâteau chocolat, glace salée et huile d'olive "Kalamenta", dont pour ma part j'ai trouvé le "Gâteau" un peu dense, pas assez moelleux.

En guise de mignardises, nous aurons droit à un duo d'un excellent Petit gâteau à la cannelle et d'un crémeux et fondant Caramel au beurre salé présenté dans une petite coupelle.

En résumé, cette table présente un atout irréfutable, un excellent rapport qualité/prix de sa prestation d'ensemble au travers de son menu à 30 € 00, prestation qui normalement devrait lui ouvrir les portes d'un Bib gourmand dans l'édition 2016 du Michelin. Une fois réglés les petits défauts présents sur les documents remis à la clientèle, ou à leur disposition, et les fautes d'orthographe relevées ça et là (Précisions des cuvées - Pas de menu entre 30 et 68 € - Réservation préalable pour les menus à 68 et 88 € 00 - Site internet non tenu à jour - Bojaulais - Mineral ...), nul doute pour moi que ce restaurant se situera dans le peloton de tête des tables de l'Indre à fréquenter sans modération, juste derrière, étrange coïncidence nippone, celle du "14 février" à Saint-Valentin ...

 

Bingo ! Dans son édition 2016, le Guide Michelin a accordé à cette table un Bib Gourmand, une distinction amplement méritée au vu de notre déjeuner de ce 1er août 2015.

Les 3 Cépages

Hiraki & Takashi SATO - Chef : Yuzuke

17 rue de la Gare

36260 REUILLY

Tél. : 02 54 03 23 13

Email : les3cepages@orange.fr ou contact@les-3-cepages.com

Site web : www.les-3-cepages.com

Ouvert du lundi au dimanche sauf le mardi du 1er avril au 30 septembre, et le mardi et le mercredi du 1er octobre au 31 mars

Les Reuilly de Claude Lafond

C'est en 1977 que Claude Lafond, alors âgé de 25 ans, a pris la direction de ce domaine. Le vignoble de l'appellation Reuilly couvrait alors 48 hectares.  Aujourd'hui, sa superficie est passée à 210 hectares, dont 35 ha pour le domaine Lafond. Le cépage majoritaire est le sauvignon, complété par le pinot gris et le pinot noir.

Claude Lafont propose à la vente 16 vins en bouteilles (4 blancs, 4 gris et rosés, et 5 rouges) répartis sur 4 appellations (AOP Reuilly, AOP Valençay, IGP Vin de Pays et Vin de Pays Le Menoux). En programmant le GPS sur le 8 route de Saint Pierre de Jards à Reuilly, on arrive directement au domaine. La surprise est totale, car je ne m'attendais pas à découvrir un bâtiment moderne et imposant. Les locaux sont agréables et aérés. On y trouve bien sûr les différents vins du domaine mais aussi toute une gamme de produits locaux des plus intéressants (Sirop de basilic Monin, Moutarde bio à l'ancienne, Confitures, Huiles Vigean, Pâtes Fabre, Infusions, Lentilles vertes du Berry ...). Après avoir attendu une dizaine de minutes que la dégustation d'un client se termine, Justine, une jeune cadre commerciale du domaine, en poste depuis un an, s'occupe de nous et commence la dégustation. Voici les commentaires qu'elle m'a inspirés ... la dégustation bien sûr :

 

- Reuilly 2014 blanc  "La Raie" : Ce produit est en rupture de stock et Justine ne peut pas me dire si c'est définitif ou bien si une nouvelle mise en bouteille est prévue ! On passe ...

 

- Reuilly 2013 blanc "Clos des Messieurs" : Cépage sauvignon planté sur un sol argilo-calcaire. Le vin dont il est issu est élevé 9 mois sur lie fine, avec bâtonnage (pour lui redonner du corps). A ce sujet, bâtonnage ou pas, le débat est ouvert, mais il me reste en mémoire la phrase de Dominique Lafon, propriétaire du Domaine des Comtes Lafon, me disant le 9 janvier 2002, avant la dégustation d'un Montrachet 2000 sur fût, "Moins on bâtonne, plus on est sur la pureté". Qui croire ? En attendant, le vin que je déguste a du corps, il est vineux sans excès, avec une finale agréablement épicée et longue.

 

- Reuilly 2014 blanc "Clos des Messieurs" : Bien que Justine nous ait déclaré que le millésime 2013 n'avait pas été un problème pour le domaine, la dégustation du même vin en millésime 2014 me conforte dans mon appréciation toute contraire. Plus élégant et plus fin, ce vin dispose d'une fort belle matière qui laisse envisager un beau potentiel de vieillissement. Long en bouche, c'est un beau vin de gastronomie.

 

- Reuilly 2014 blanc "Cuvée André" : On est toujours avec le cépage sauvignon, mais élevé 1 an en fût de chêne neuf. La couleur est franche et brillante. Le nez est fin et élégant, légèrement vanillé. La bouche est ample et vive, avec un boisé déjà bien digéré. La finale est longue et harmonieuse. J'en prend 6 bouteilles.

 

- Reuilly 2014 rosé "La Grande Pièce" : Préalablement à ma venue dans ce domaine, j'avais consulté  différents ouvrages, dont le Guide de la Revue du France". Je n'avais pas trouvé de traces dans leurs commentaires, de trace de ce vin élaboré à partir du Pinot gris.  Heureusement, un clic sur son site internet me l'a fait découvrir et a suscité ma curiosité. Vin élevé en cuve inox, sur lies fines, avec bâtonnage durant 5 mois. Sa robe limpide et brillante tire sur l’œil de perdrix. Le nez est fin, très expressif et très agréable. La bouche est aromatique à souhait, plutôt pêche blanche. Bref, un fort joli vin dont je m'empresse de prendre 6 bouteilles.

 

- Reuilly 2013 rosé "Cuvée André" : Encore une cuvée issue du Pinot gris, mais vieillie en barriques  d'un et deux ans. On retrouve cette couleur œil de perdrix. Le nez est discret. En bouche, je ressens alcool et acidité, ce qui ne m'étonne pas ... pour un 2013, et un goût bizarre que je n’arrive pas à définir. Je suis déçu par cette cuvée.

 

- Reuilly 2013 rouge "Les Grandes Vignes" : Avec ce verre, on passe au Pinot noir, dont le voisin de Sancerre produit quelques flacons de grande classe, notamment chez les frères Vacheron. Ici, avec le terroir, on obtient un vin d'une belle couleur cerise. Le nez est simple et la bouche est légère. Vin agréable sans plus, normal somme toute pour un 2013 !

 

- Reuilly rouge 2012 "Cuvée André" : Cette cuvée, vendangée manuellement et élevées en barriques renouvelées tous les ans par tiers, propose une matière plus riche. Sa couleur, plus sombre, tire sur le grenat. Son nez de griotte est un peu alcooleux. La bouche, charnue, puissante et longue, confirme cette impression. Certes, c'est un vin intéressant, mais tarifé à 9 € 90, je préfère attendre une prochaine dégustation du Sancerre rouge de Noël Rambault à Sury-en-Vaux dont le prix de vente du 2013 se montait à 7 € 10 fin novembre 2014 (Adresse donnée par monsieur Vincent Loiret du Château de la Perrière au Pallet).

 

NB : la plupart des vins du domaine sont vendangés mécaniquement, sauf le Reuilly rouge "cuvée André" et peut-être aussi les 2 autres cuvées "André".


Claude Lafond est décédé dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, victime d'une crise cardiaque. Il avait 63 ans.

Domaine Claude Lafond

Nathalie & Claude LAFOND

8 route de Saint Pierre de Jards

Le Bois Saint Denis

36260 REUILLY

Tel : 02 54 49 22 17

Fax : 02 54 4926 64

Email : Claude.Lafond@orange.fr

Site web : http://claudelafond.com

Cave ouverte du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00 et le samedi de 10h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00.

Coordonnées GPS

N : 47° 5′ 21.151′  -  E : 2° 1′ 48.361′

Cette photo est un hommage à mes parents et grands-parents, témoins d'une époque conviviale où dans  un même  lieu se côtoyaient un salon de coiffure, un café et un restaurant !

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