Archives Juin-Juillet 2017

Des Vieilles Canailles ... mais aussi des Vieux Filous !

Quand Valéry Zeitoun a été débarqué d'AZ, une filiale d'Universal, ce PDG devenu chômeur se souvient alors des Rat Pack que faisaient dans les années 60 les stars de la chanson américaine comme Franck Sinatra, Sammy Davis Jr, Dean Martin, Peter Lawford et Joey Bishop. Il imagine alors que Dutronc, Hallyday et Mitchell pourraient faire la même chose et s'échanger leurs répertoires sur scène. Il contacte leurs agents respectifs, Rose Leandri, Claude Wild et Sébastien Farran, et le 12 janvier 2014 tout se beau monde, y compris les trois chanteurs,  se réunit à l'hôtel Coste, pour approuver le projet. Ce sera le POPB qui recevra le 5, 6 et 7 novembre 2014 les concerts des Vieilles Canailles. L'enthousiasme sera tel, malgré un prix des places allant de 89 € 50 pour une Catégorie 3 Balcon à 243 € 50 pour un Carré or Orchestre, que trois autres dates, les 8, 9 et 10 novembre, seront débloquées !

Pour 2017, les Vieilles Canailles remettent çà, avec un programme qui a débuté le 10 juin à Lille pour se terminer le 5 juillet à Carcassonne, en passant entre temps par la Belgique et la Suisse. Chaque soir sur scène, un orchestre de 22 musiciens accompagnent ces 3 vedettes sur les 22 morceaux qu'ils interprètent, avec pour chacun d'eux 2 morceaux en solo. Jacques, Johnny et Eddy, 222 ans à eux 3, percevront chacun 150 000 € ... par concert, ce qui explique le prix particulièrement élevé des places, concerts d'une durée de 2 heures 10, et non de 2 heures 30 comme on a pu le lire ça et là !

Parmi les différents artistes et groupes que j'ai pu voir et écouter en concert, je n'avais jamais eu l'opportunité d'assister à celui de Jacques Dutronc, de Johnny Hallyday ou d'Eddy Mitchell. Alors, les voir tous les trois en même temps ce samedi 24 juin 2017, c'était un chance inespéré. D'autant qu'en mars dernier, l'état de santé de Johnny laissait craindre le pire. Le POPB (j'utilise exprès cette appellation plutôt que la nouvelle !) affichait complet quand à 21 heures presque pétante, nos 3 compères sont entrés en scène, tous 3 vêtus d'un costume noir. Apparemment, Jacques et Johnny semblent affûtés alors qu'Eddy cache, sous une veste ample, un petit bedon. Placés au "gradin S 09 19  & 20", nous étions trop éloignés de la scène pour distinguer nettement nos 3 légendes et donc, de faire des photos de qualité avec un smartphone. A la réflexion, j'ai regretté de ne pas avoir essayé de passer les contrôles avec mon caméscope, ce qui aurait été très facile et m'aurait permis d'offrir sur ce site de meilleurs clichés. Heureusement, ce concert était retransmis en direct par TF1 (mais seulement pour la première des trois parties), ce qui m'a permis des captures d'écran pour abonder mon initial et chétif dossier photographique.

Après une première partie d'une demi heure assurée par un groupe dont j'ignore le nom,  nos  trois Vieilles Canailles débutent ensemble et debout leur concert par Les play-boys. Pour les aider en cas de perte de mémoire, chacun d'eux dispose en bord de scène d'un écran sur le lequel défile les paroles de chaque chanson. Puis ils enchaînent dans la foulée Noir c’est noir et C’est un rockeur, morceaux qu'ils interprètent chacun assis sur un tabouret de bar. Après ces 3 premières chansons, petite pause détente pour nos 3 chanteurs en adressant chacun un bonsoir personnalisé à la salle. Dutronc met en marche sa machine à déconner avec une allusion à la "Leffe" (bière et abbaye !) dont il ne garde que les 3 premières lettres en France pour évoquer la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Après ce petit intermède humoristique, il nous annonce son départ pour le bar où il va rejoindre son fils Thomas et boire de l'eau (Rires de ses 2 "alcoolitres" et dans la salle !). L'orchestre attaque alors les Cactus repris par le duo Mitchell & Hallyday. A la fin du morceau, c'est au tour de Johnny et d'Eddy de rejoindre le bar, et pour Dutronc de chanter tout seul L’opportuniste puis La fille du père Noël. Beaucoup d'émotion monte en moi en écoutant cette dernière chanson, sortie en octobre 1966, qui fait remonter beaucoup de souvenirs à la surface. Connaissant les paroles par cœur, j'accompagne Dutronc. Heureusement, le bruit ambiant et le niveau sonore très élevé des baffles, à la limite de la saturation, couvrent ma voix. Durant cette chanson Eddy, toujours au bar, grille une nouvelle cigarette dont la fumée gène Johnny  qui agite sa main gauche pour la dissiper. Il rejoint ensuite le batteur, Christophe Deschamps. Il prend une baguette et frappe en cadence sur un tambourin. Sa chanson terminée, Dutronc fait à nouveau le pitre et embrasse Johnny sur la bouche ... mais pas avec la langue !

Eddy Mitchell reste au bar et laisse ses 2 compères reprendre Quelque chose de Tennessee. Les spectateurs accompagnent Johnny sur cette chanson, qui une fois terminée voit Dutronc citer un proverbe de Napoléon "La meilleur façon d'être cru, c'est de rendre la vérité incroyable". Mais il précise à la demande de ses coreligionnaires, qu'il s'agit de Napoléon Macron ! Le trio se reforme et s'assoient pour interpréter J'aime les filles. Sitôt ce succès achevé, Dutronc retourne au bar pour ... régler l'addition. Le moment est venu pour Mitchell de chanter en solo deux de ses succès, Le cimetière des éléphants et Lèche botte Blues. Décidément, le son n'est pas à la hauteur de l’événement et la voix de M. Eddy est couverte par la musique, beaucoup trop forte. Ça sature dans les basses ! Johnny rejoint Eddy pour interpréter tous les 2 debout, Excuse-moi partenaire. On est pratiquement à la moitié du Concert et nos 2 compères entonnent, une fois  assis, Joue pas de rock'n roll pour moi. L'ambiance monte et la salle reprend avec son idole ce titre à plusieurs reprises, à la grande satisfaction de Johnny, tout sourire !  Eddy évoque les 45 tours que Johnny a tenté de lui voler dans une boum, un sketch qui n'a d'autre but que d'enchaîner sur Be bop a Lula, avec Dutronc, de retour du bar.

C'est au tour de Jojo de s'éclipser et de Jacquot de faire le jeu de mot le plus barré de la soirée en brandissant un extincteur pour annoncer la chanson Il est stincteur, Paris s'éveille, et oui ! Durant cette chanson, Eddy fouille la poche intérieur de la veste de Jacques et lui subtilise son cigare que l'homme aux lunettes noires s'empresse de récupérer, non sans avoir crier "Au voleur" ! A noter pour ce titre, qu'on entend à peine la partition du flûtiste. Echange de place entre Dutronc et Halliday qui rejoint son camarade Eddy sur scène. Le premier est debout et le second est assis, étonnant non ! Ils nous distillent Couleur menthe à l’eau, quinzième chanson de ce concert. Pendant les dernières paroles, Johnny va rechercher son tabouret et se rassoit. Eddy assure la présentation de GabrielleJohnny interpelle le public, "Vous la connaissez ?" et la chante en solo. La salle est enthousiaste et tout le monde se lève pour accompagner Johnny. Après 2 minutes de communion intense avec le public et de croisements frénétiques des poignets, l’harmoniciste Greg Zlap prend le relais. Il engage un frénétique solo de 2 minutes 45 avec son instrument. Le public exulte et l'ambiance est à son comble pour l'interprétation d'un second titre qui me prend les tripes, Le pénitencier. Dans sa version originale, The house of the rising sun, cette chanson a été écrite par Georgia Turner et Bert Martinet, puis enregistrée en 1962 par Bob Dylan. Mais c'est la prodigieuse interprétation en 1964 par Eric Burdon and the Animals, qui l'immortalisera. Nouvelle séquence émotionnelle qui m'envahit à son écoute. Une fois cet indéboulonnable succès terminé, Johnny fait allusion aux idoles Elvis PresleyEddie Cochran, John WayneJames Dean et Marlon Brando, aujourd'hui disparues. Heureusement, nos 3 Vieilles Canailles, elles, sont toujours là ! D'ailleurs, elles se replacent chacune devant leur micro pour le morceau suivant, On veut des légendes ! Enchaînement, toujours à trois, sur Vieille canaille, la chanson éponyme de cette soirée, sur laquelle se conclut par une première fausse sortie des artistes. Il n'est que 22 h 40 et je reste interloqué quand je constate que des spectateurs quittent le POPB alors que le concert doit se terminer vers 23 h 10 !

En effet, après quelques minutes, nos Vieilles canailles reviennent en scène pour interpréter 3 autres de leurs succès. Tout d'abord, Et moi et moi et moi, avec la participation à la guitare de Thomas Dutronc qui se joint aux autres guitaristes. Le morceau restimule les spectateurs. Johnny trébuche brièvement sur le tempo et les paroles (300 ou 400 millions de noirs, et moi, et moi, et moi, qui vais au brunissoir au sauna, pour perdre perdre du poids) et je note que William Leymergie remplace Catherine Langeais. On poursuit avec Pas de Boogie Woogie durant lequel s'immisce un superbe solo de saxo. La salle est debout ! Nouvelle fausse sortie et ça devient une habitude, des spectateurs quittent le POPB ! Bien sûr, les Vieilles Canailles reviennent tous les trois pour interpréter le dernier tube de la soiréeLa musique que j’aime. Ils ont chacun troqué leur costumes/cravates noirs pour un blouson en cuir, de la même couleur; et pour Johnny, c'est même avec une guitare en bandoulière. La communion entre le public et ses trois légendes est à son comble quand un petit problème technique interrompt l'audition de la guitare solo. Mitchell chante quelques secondes sans accompagnement, Dutronc sourit, Johnny s'étonne, puis tous les 3 se tournent vers les quatre guitaristes et le tempo revient. Johnny invite alors Eddy à reprendre et ça repart de plus belle !

C'était la dernière chanson de ce concert exceptionnel, même si le son n'était pas, je me répète, à la hauteur de l’événement. Enfin, ne boudons pas notre plaisir, j'y étais, "nous" y étions avec mon épouse, ceci grâce à nos enfants qui nous ont offert ce mythique moment de bonheur. Je tiens tout particulièrement ici à les en remercier d'autant qu'il a fait resurgir de très vieux souvenirs, avec beaucoup d’émotions et de larmes à l’œil. Des souvenirs que je croyais à jamais enfouis dans ma mémoire, notamment ceux de ma période Bordeaux-Bègles des années 65/66, quand Jacques Dutronc, avec son look d'ange, son humour grinçant et sa sereine décontraction, est arrivé sur les ondes AM avec son Et moi, et moi, et moi, un morceau suivi par d'autres plus décalés comme J'ai mis un tigre dans ma guitareLa Fille du père Noël, voir déjantés comme La Compapadé ou L'opération, des titres à succès plus ou moins mémorable, qui insuffleront un salutaire vent nouveau à la période des Yéyés !

 

J'aurais bien voulu illustrer cette rubrique avec plusieurs morceaux de ce concert (La fille du père Noël - Le pénitencier - Et moi, et moi, et moi - La musique que j'aime), hélas TF1 veille au grain lors des mises en ligne sur YouTube, même lorsqu'il s'agit d'une mise en images dans une page privée, une page qui en principe ne leur est pas accessible, et pourtant ... Étonnant, non ?

Yohan Lastre, une étoile charcutière parisienne à suivre

Après un passage comme cuisinier au Ritz et alors qu'il occupait le poste de sous-chef de la Tour d'Argent, le célèbre établissement du quai de la Tournelle à Paris, Yohan Lastre a concouru le lundi 3 décembre 2012 (à Tain l’Hermitage) pour la 4eme édition du Championnat du monde de Pâté Croûte et l'a remportée devant 11 autres concurrents ! Son chef d'œuvre charcutier (Cf. diaporama ci-dessous) a nécessité 9 mois d'entrainement et de travail, et se composait d'un pointu assemblage de viandes de cochon, de poulet, de canard, de veau, de lapin, de pigeon, de foie gras et de gras de porc, le tout additionné d’alcool de sapin de Pontarlier, lui a permis de décrocher le titre en jeu. Et le jury qui le lui a accordé, à fort dominante lyonnaise, savait de quoi il parlait, n'est-ce pas Régis Marcon (Cuisinier au restaurant éponyme, 3 étoiles Michelin depuis 2005)Mathieu Viannay (Cuisinier MOF 2004 au restaurant La Mère Brazier, 2 étoiles Michelin depuis 2009), Christian Têtedoie (Cuisinier MOF 1996 au restaurant éponyme à Lyon, 1 étoile Michelin) et Sébastien Bouillet (Chocolatier à Lyon)

Cette participation ne devait rien au hasard, mais résultait d'un constat alarmant de la qualité plutôt quelconque, voir médiocre, du Pâté en croûte (à quelques exceptions près) vendu dans le commerce, certainement dû aux industriels de la charcuterie qui propose cette spécialité emblématique à bas prix dans leurs rayonnages. Et quatre années plus tard, Johan Lastre, après soixante saisons passées dans la maison de la famille Terrail, et sa compagne Marion Sonier, ébéniste de formation, ont décidé d'ouvrir leur charcuterie-traiteur à Paris, plus précisément au 188 rue de Grenelle.

Compte tenu de notre déplacement dans la Capitale pour le concert des Vieilles Canailles, le détour par cette boutique s'imposait comme une évidence. Le parcours pour y arriver a été particulièrement compliqué, surtout en venant de la rive droite, à cause du double événement Paris JO 2024 et la Gay Pride ! Finalement, après 2 heures passées dans les embouteillages, j'ai enfin découvert la planète charcutière de Yohan Lastre ... sans apostrophe ! La boutique n'est pas très grande, mais suffisamment pour exposer la production charcutière des lieux. Son décor, conçu par Marion Sonier, est sobre, sans luxe ostentatoire, juste ce qu'il faut pour mettre en avant les produits vendus. Et comme Yohan Lastre n'a rien à cacher, on peut admirer le travail de ses collaborateurs qui s'affairent dans l'atelier de fabrication.

Juste avant d'entrer, j'avais repéré depuis la rue dans la vitrine réfrigérée, quatre authentiques Pâtés en croûte plus un autre aux légumes, dont l'ordonnancement est une petite merveille, particulièrement chatoyante et attirante. Je suis reparti de cette boutique avec 5 tranches de chacun d'eux (Cf. composition diaporama ci-dessous). Leur dégustation, le lendemain midi, a été un grand moment de bonheur gustatif. Première qualité de quatre d'entre eux, ils ont du goût ! Chacun de ces "pâtés" possède en effet une aromatisation distinctive, particulièrement équilibrée, mise à part celle associant cochon, volaille, canard et pistaches, à laquelle j'ai trouvée moins de peps. S'il me fallait manifester une préférence pour deux de ces Pâtés en croûte, j'inclinerais sans hésitation vers celui aux légumes, cuits entiers et pris dans une délicate gelée, un pâté en croûte vraiment exceptionnel, visuellement et gustativement. Ensuite, c'est celui associant volailles, citron confit, moutarde et estragon, très parfumé et fort savoureux.

Cette spécialité incontournable de notre patrimoine charcutier hexagonale, Yohan Lastre la décline en plusieurs versions au fil des saisons, à raison de 80 kg par jour. Mais vous trouverez ici d'autres préparations comme la Fougasse de Saint-Mamert du Gard maison élaborée avec une pâte à pain travaillée comme une pâte feuilletée,  ces étonnantes Rillettes de cochon à la forme porcine, des Soupes froides, des Sacristains aux gratons Castillonnais, des Sucettes en chaud-froid poulet-citron ou encore cette extraordinaire Ratatouille dont la seule présentation fait saliver et suffit à susciter son acquisition (Cf. diaporama ci-dessous). Bien sûr l'acquisition de ces merveilles charcutières nécessite un petit effort financier, entre 40 € 00 (pour le pâté aux légumes) et 72 € 00 (pour le pâté avec le foie gras) le kilo, mais celui-ci est à la hauteur des plaisirs gustatifs procurés, et puis après tout, toute peine mérite salaire ! L'autre atout de cette boutique, c'est la chaleur de son accueil et la disponibilité de ses sympathiques amphitryons. J'en profite d'ailleurs pour remercier Yohan Lastre pour la plaquette de 100 g de beurre salé maison, baratté à partir de crème crue, qu'il nous a offerts et que mon épouse a dégusté chaque matin avec dévotion. Maintenant, que vous habitiez Paris ou ses environs, voir même comme moi la Province, je vous engage à faire un tour chez cette étoile charcutière, pour découvrir ou redécouvrir le goût des vrais Pâtés en croûte !

NB : J'avais bien sûr entendu parler de ce "charcutier" hors pair, notamment par Périco Légasse et Natacha Polony, mais sans y attacher une attention particulière. Mon étonnement a donc été grand quand sur ma page Facebook, j'ai découvert une invitation de sa part. Et ce samedi 24 juin 2017, j'ai appris qu'elle était due aux conseils de son second, Florian Lemasson, féru des vidéos que je poste sur ma chaîne YouTube.

Lastre sans apostrophe

Yoahan LASTRE - Second : Florian LEMASSON

188 rue de Grenelle

75007 PARIS

Tél. : 01 40 60 70 27

Facebook : www.facebook.com/search/top/?q=lastre%20sans%20apostrophe

Ouvert du mardi au vendredi de 10 h 00 à 14 h 30 et de 16 h 00 à 20 h 00 ainsi que le samedi de 10 h 00 à 20 h 00.

L'agneau allaiton se déguste aussi à Paris

J'ai consacré en Juin-Juillet 2015 un commentaire à la maison Greffeuille et à la qualité exceptionnelle de la viande des "agneaux allaitons" qu'elle commercialise. Quand j'ai découvert qu'à Paris une boutique Greffeuille, ouverte en décembre 2014, proposait en toute simplicité des plats à base de "viandes précuisinées" (Feuillantine, Carré, Épaule à plat, Fondant de Noisette, Canon, Pavé, Souris confite...) selon les principes et les conseils avisés de Michel Bras, j'ai pris bonne note de cette adresse. Et quand je me suis mis en quête de me restaurer ce samedi 24 juin 2017, cette escale parisienne estampillée Greffeuille s'est imposée. Compte tenu du nombre de tables limitées, il vaut mieux par sage précaution retenir la sienne, ce que j'ai fait. Si vous disposez d'un GPS Renault intégré, prudence et vigilance en le programmant sur la rue Saint-Denis, car il est probable, si vous n'y prenez pas garde, qu'il vous emmène dans le 18ème !

Pour le stationnement, il vaut mieux privilégier, même si sa signalétique intérieure est déplorable, le parking Turbigo, dont l'entrée véhicule et la sortie piéton sont pratiquement situées en face de l'enseigne Greffeuille. Il n'y a donc qu'à franchir la rue, à vous installer à l'une des tables disponibles et à consulter la carte des festivités ovines proposées. Tributaire de l’éventail restreint des viandes précuisinées par le laboratoire de Rignac, la carte est courte avec 9 plats individuels, 3 plats pour 2 personnes (au minimum), 1 fromage et 2 desserts.

Notre choix a été vite fait, avec pour mon épouse, la Trilogie d'Allaiton, rassemblant ce 24 juin 2017 deux Saucisses d'agneau, un morceau de Feuillantine et une Côtelette,  et pour moi, la Feuillantine, une superposition d'épigrammes* d'agneau, merveilleusement tendre et fondante. Comme accompagnement nous avions le choix entre une Garniture de légumes et l'Aligot, et c'est tout naturellement cette spécialité emblématique de l'Aubrac qui a eu notre préférence. Pour arroser le tout, je n'ai pas pu résister à l'appel du Marcillac "Lo sang del païs" fruité et charnu de chez Teulier, d'autant qu'il était facturé à 3 € 70 les 12 cl. Edouard Greffeuille, le fils de Bernard Greffeuille (l'un des 2 frères dirigeant l'entreprise) assure la direction de cette boutique mais ne sert pas comme il se doit les vins au verre à table. Par contre, le verre qui le contenait disposait de 2 marques très discrètes, l'une à 12 cl, l'autre à 15 cl. J'en profite pour rappeler que l'article 16 de la loi du 30 juillet 1935 stipule que "Dans les débits de boissons, buffets, restaurants et, d’une manière générale, dans tous les établissements où sont vendues des boissons à consommer sur place ou à emporter, la contenance des bouteilles autres que d’origine, carafes, flacons, verres et autres récipients en service, doit être gravée sur les récipients eux-mêmes, exprimés en litres, décilitres ou centilitres", et comme cette loi n'a pas été abrogée, elle est toujours applicable !

Pour finir, nous avons shunté les desserts, ceux-ci se résumant à un Nougat glacé aux framboises, une Tarte aux noix du Périgord (de chez Desgourmets à Prayssac) ou  un Fromage blanc au miel de Conques. Les becs sucrés désireux d'avoir des pâtisseries un peu plus sophistiquées pourront toujours pousser jusqu'à la rue Montorgueil pour faire une petite incursion chez Sthorer ou Kayser (Cf. diaporama).

A l'issue de ce sympathique déjeuner, à coup sûr que ma prochaine commande verra la Feuillantine intégrer le colis réfrigéré acheminé par Chronofresh, tant ce morceau composé d'épigrammes d'agneau est fondant et délicieux.

Cette dégustation des "spécialités Greffeuille" n'est possible qu'au déjeuner, du lundi au samedi; la boutique est fermée le dimanche. Dernière précision, et non des moindres, il n'y a pas de toilettes à disposition et il vaut mieux le prévoir !

L'épigramme d'agneau est un apprêt de la poitrine et du haut de côtelettes d'agneau (Cf. Découpe diaporama), désossés, parés et superposés, puis cuit sous-vide dans le laboratoire de Rignac selon les précieux conseils de Michel Bras, qui a participé à la mise au point de toutes les viandes précuisinées "Greffeuille".

Greffeuille Aveyron

Edouard GREFFEUILLE

120 rue Saint-Denis

75002 PARIS

Tél. : 01 42 36 73 61

Site web : www.allaiton.com/boutique

La 3ème édition du Mondial du Fromage à Tours

Du 11 au 13 juin 2017, Tours a accueilli la 3ème édition du Mondial du Fromage et des Produits laitiers. C'est le Centre de Congrès Vinci qui l'hébergeait sur quatre niveaux cette manifestation qui rassemblait tout de même 155 exposants. Lors de ma visite du 13 juin 2017, j'ai eu l'agréable surprise de retrouvée Mme Sophie Loiseau-Lepicard, une talentueuse fromagère affineuse installée à Achères-la-Forêt, spécialisée notamment dans l'affinage du Brie de Meaux AOC, une maison dont je vous ai déjà parlé dans ce site en octobre-novembre 2011.

Juste à côté du stand des Loiseau, j'ai découvert celui de la fromagerie La Finarde tenue par Virginie Dubois, une fromagerie des Hauts de France pour laquelle j'ai eu un gros coup de cœur, installée au sein du marché couvert de Wazemmes à Lille (un des marchés les plus importants d'Europe), et dont les caves d'affinage sont implantées dans la Citadelle d'Arras. Parmi les trésors des productions Nordiques que cette maison affine, il faut à tout prix goûter leur Mimolette vieille au lait cru, une Mimolette de fabrication artisanale. Et oui, un tel fromage ça existe bien ! Et toutes les petites merveilles de cette maison sont disponibles par correspondance.

Au gré des allées, j'ai pu revoir aussi des maisons que je connaissais, comme Gaugry (fabricant d’Époisses au lait cru), Carles (un des deux producteurs artisanaux de Roquefort AOC), Delouis (vinaigre et assaisonnements), Gillot, Graindorge (racheté par Lactalis !), Hardy (affineur dans le Loir-et-Cher), Haxaire (fabricant et affineur de Munster AOC et de Bargkass), Verneuil (coopérative fabricante de fromages de chèvre, de crème fraîche et de beurre), Laqueille (société laitière qui élabore différents bleus), Les fromagers de Tradition (propriétaire de la fromagerie de Boissey dont le Livarot et le Pont l'Evêque au lait cru, et même le Deauville au lait pasteurisé, sont à se damner), et enfin le GAEC des Tourelles (fabricant de Chaource fermier et de Soumaintrain au lait cru).

J'ai découvert aussi à ce Mondial des fromages fabriqués au-delà de nos frontières, à l'exemple des fromages italiens de Castagna Distribuzione, des suisses de la Fromagerie de la Suze, des irlandais de chez Cahill's Irish et Carrigbyrne Farmhouse Cheese, ou encore le plus étonnant, des fromages japonais de Cheese professional association, que je n'ai pas eu le temps hélas de goûter, le stand rangeant ses joyaux fromagers.

Lors de ce Mondial, était également organisé le Concours du meilleur Fromager. Se confrontaient 3 Américains (Lilith Spencer, Nadjeeb Chouaf et Perry Soulos), 3 Français (Aurore Ravacley Paillusson, Grégory Giraudon et Christophe Gonzalez), 2 Japonais (Junko Sasai et Yo Takahaschi), 1 Néerlandais (Evert Schonhage) et 1 Belge (Nathalie Vanhaver), le Concours international des fromages et produits laitiers ainsi que deux chapitres de la Guilde Internationale des Fromagers.

Pour prendre connaissance des différents résultats et distinction, un clic ici.

Centre International de Congrès Vinci

26 boulevard Heurteloup

37000 TOURS

Tél. : 02 47 70 70 70

Email : commercial@tours-evenments.com

Site web : www.tours-evenements.com

Nouvelle finale du Top 14 au stade de France, plutôt musclée !

Après avoir assisté à ma première finale de Top 14 au Stade France en 2014, finale qui opposait Toulon à Castres, nouvelle  phase ultime de Top 14 à laquelle j'assiste cette année, toujours avec Toulon, mais cette fois-ci opposé à Clermont-Ferrand. Ce club est le plus malchanceux dans la conquête du bouclier Brennus puisque sur 12 participations finales, entre 1936 et 2016, il n'en avait remporté qu'une seule, en 2010. Nous étions venus en nombre pour assister à ce choc rugbystique, huit au total, répartis par le hasard de la réservation des places, 4 côté Clermont et 4 côté Toulon. Et toujours par le fait du hasard, j'étais placé dans le camp de Clermont, autant dire qu'il y avait de l'ambiance.

Après une ouverture du score à la 6ème minute sur pénalité par Parra, complétée rapidement par un essai transformé à la 10 ème, mon voisin féru de rugby ne donnait pas cher des chances à Toulon.  Mais après un placage haut à la 35 ème minute de Lee sur O'connor , Clermont se retrouve à 14 pour 10 minutes. Toulon retrouve de la cohésion et de l'impact, et rattrape une partie de son retard pour atteindre la mi-temps sur le score de 16 à 10, en faveur de Clermont qui fait la course en tête.

Quatre minute après la reprise, Belleau, le héros de la demi-finale contre La Rochelle, ramène le score à 16-13 ! C'est très serré et les chocs entre les joueurs sont impressionnants, avec dans ce domaine un Nonu en très grande forme. C'est un match de rugby très physique. A deux reprises, sur 2 pénalités Belleau trouve les poteaux et Toulon reste derrière au score ! Je regrette l'absence de Leigh Halfpenny, retenu pour la tournée des Lions, un excellent butteur qui aurait pu entretenir le suspense Et comme cela devait arriver, Parra lui ne rate pas une pénalité en faveur de Clermont et redonne un peu d'oxygène à son équipe en faisant passer le score à 19-13. Trinh-Duc entré quelque dix minutes plus tôt, tente à la 72 ème minute une pénalité et la réussi. A 19-16 Toulon reprend espoir. Espoir de courte durée car les toulonnais se mettent à la faute par et Parra transforme la pénalité. A nouveau six points d'écart et 22-16 au tableau d'affichage. Il reste encore 6 minutes à Toulon pour recréer l'exploit à La Rochelle. Et ça pourrait bien le faire quand à la sirène de la 80ème minute M. Poite revient sur une faute d'un clermontois et accorde une pénalité. Mais trois points ne sont pas suffisants. Trinh-Duc cherche et trouve une touche à 5 mètres de l'en-but clermontois. Sur le maul, un joueur toulonnais part à la faute. Les espoirs de Toulon s'envolent, Clermont est au paradis et champion de France pour la deuxième fois de son histoire ! Bravo à eux, mais cela n'a pas été sans mal.

Après la remise du trophée aux vainqueurs, les serrages de pinces aux joueurs par les officiels et un tour d'honneur, les lumières s'éteignent. Un autre spectacle commence animé par The Avener, un très beau spectacle au demeurant qui va durer environ 20 minutes, associant électro house et pyrotechnie. Il est maintenant 23 h 45, la lumière réapparaît, c'est fini. On se dirige vers la sortie pour retrouver les 4 autres membres de notre bande. Dans les couloirs du métro, les partisans des deux camps échangent en toute convivialité et surtout sans animosité. C'est aussi ça le rugby, un sport de contacts parfois très rudes mais à la fin on se sert la main et on fraternise ... comme au football ! Non bien sûr, je plaisante ...

Merci à toi "Lapinou" ainsi qu'à Mme Josy, pour cette magnifique soirée, et à la prochaine !

Cette photo est un hommage à mes parents et grands-parents, témoins d'une époque conviviale où dans  un même  lieu se côtoyaient un salon de coiffure, un café et un restaurant !

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