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Juin-Juillet 2017

Des Vieilles Canailles ... mais aussi des Vieux Filous !

Quand Valéry Zeitoun a été débarqué d'AZ, une filiale d'Universal, ce PDG devenu chômeur se souvient alors des Rat Pack que faisaient dans les années 60 les stars de la chanson américaine comme Franck Sinatra, Sammy Davis Jr, Dean Martin, Peter Lawford et Joey Bishop. Il imagine alors que Dutronc, Hallyday et Mitchell pourraient faire la même chose et s'échanger leurs répertoires sur scène. Il contacte leurs agents respectifs, Rose Leandri, Claude Wild et Sébastien Farran, et le 12 janvier 2014 tout se beau monde, y compris les trois chanteurs,  se réunit à l'hôtel Coste, pour approuver le projet. Ce sera le POPB qui recevra le 5, 6 et 7 novembre 2014 les concerts des Vieilles Canailles. L'enthousiasme sera tel, malgré un prix des places allant de 89 € 50 pour une Catégorie 3 Balcon à 243 € 50 pour un Carré or Orchestre, que trois autres dates, les 8, 9 et 10 novembre, seront débloquées !

Pour 2017, les Vieilles Canailles remettent çà, avec un programme qui a débuté le 10 juin à Lille pour se terminer le 5 juillet à Carcassonne, en passant entre temps par la Belgique et la Suisse. Chaque soir sur scène, un orchestre de 22 musiciens accompagnent ces 3 vedettes sur les 22 morceaux qu'ils interprètent, avec pour chacun d'eux 2 morceaux en solo. Jacques, Johnny et Eddy, 222 ans à eux 3, percevront chacun 150 000 € ... par concert, ce qui explique le prix particulièrement élevé des places, concerts d'une durée de 2 heures 10, et non de 2 heures 30 comme on a pu le lire ça et là !

Parmi les différents artistes et groupes que j'ai pu voir et écouter en concert, je n'avais jamais eu l'opportunité d'assister à celui de Jacques Dutronc, de Johnny Hallyday ou d'Eddy Mitchell. Alors, les voir tous les trois en même temps ce samedi 24 juin 2017, c'était un chance inespéré. D'autant qu'en mars dernier, l'état de santé de Johnny laissait craindre le pire. Le POPB (j'utilise exprès cette appellation plutôt que la nouvelle !) affichait complet quand à 21 heures presque pétante, nos 3 compères sont entrés en scène, tous 3 vêtus d'un costume noir. Apparemment, Jacques et Johnny semblent affûtés alors qu'Eddy cache, sous une veste ample, un petit bedon. Placés au "gradin S 09 19  & 20", nous étions trop éloignés de la scène pour distinguer nettement nos 3 légendes et donc, de faire des photos de qualité avec un smartphone. A la réflexion, j'ai regretté de ne pas avoir essayé de passer les contrôles avec mon caméscope, ce qui aurait été très facile et m'aurait permis d'offrir sur ce site de meilleurs clichés. Heureusement, ce concert était retransmis en direct par TF1 (mais seulement pour la première des trois parties), ce qui m'a permis des captures d'écran pour abonder mon initial et chétif dossier photographique.

Après une première partie d'une demi heure assurée par un groupe dont j'ignore le nom,  nos  trois Vieilles Canailles débutent, ensemble et debout, leur concert par Les play-boys. Pour les aider en cas de perte de mémoire, chacun d'eux dispose en bord de scène d'un écran sur le lequel défilent les paroles de chaque chanson. Puis ils enchaînent dans la foulée Noir c’est noir et C’est un rockeur, morceaux qu'ils interprètent chacun assis sur un tabouret de bar. Après ces 3 premières chansons, petite pause détente pour nos 3 chanteurs en adressant chacun un bonsoir personnalisé à la salle. Dutronc met en marche sa machine à déconner avec une allusion à la "Leffe" (bière et abbaye !) dont il ne garde que les 3 premières lettres en France pour évoquer la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Après ce petit intermède humoristique, il nous annonce son départ pour le bar où il va rejoindre son fils Thomas et boire de l'eau (Rires de ses 2 "alcoolitres" et dans la salle !). L'orchestre attaque alors les Cactus repris par le duo Mitchell & Hallyday. A la fin du morceau, c'est au tour de Johnny et d'Eddy de rejoindre le bar, et pour Dutronc de chanter tout seul L’opportuniste puis La fille du père Noël. Beaucoup d'émotion monte en moi en écoutant cette dernière chanson, sortie en octobre 1966, qui fait remonter beaucoup de souvenirs à la surface. Connaissant les paroles par cœur, j'accompagne Dutronc. Heureusement, le bruit ambiant et le niveau sonore très élevé des baffles, à la limite de la saturation, couvrent ma voix. Durant cette chanson Eddy, toujours au bar, grille une nouvelle cigarette dont la fumée gène Johnny  qui agite sa main gauche pour la dissiper. Il rejoint ensuite le batteur, Christophe Deschamps. Il prend une baguette et frappe en cadence sur un tambourin. Sa chanson terminée, Dutronc fait à nouveau le pitre et embrasse Johnny sur la bouche ... mais pas avec la langue !

Eddy Mitchell reste au bar et laisse ses 2 compères reprendre Quelque chose de Tennessee. Les spectateurs accompagnent Johnny sur cette chanson, qui une fois terminée voit Dutronc citer un proverbe de Napoléon "La meilleur façon d'être cru, c'est de rendre la vérité incroyable". Mais il précise à la demande de ses coreligionnaires, qu'il s'agit de Napoléon Macron ! Le trio se reforme et s'assoient pour interpréter J'aime les filles. Sitôt ce succès achevé, Dutronc retourne au bar pour ... régler l'addition. Le moment est venu pour Mitchell de chanter en solo deux de ses succès, Le cimetière des éléphants et Lèche botte Blues. Décidément, le son n'est pas à la hauteur de l’événement et la voix de M. Eddy est couverte par la musique, beaucoup trop forte. Ça sature dans les basses ! Johnny rejoint Eddy pour interpréter tous les 2 debout, Excuse-moi partenaire. On est pratiquement à la moitié du Concert et nos 2 compères entonnent, une fois  assis, Joue pas de rock'n roll pour moi. L'ambiance monte et la salle reprend avec son idole ce titre à plusieurs reprises, à la grande satisfaction de Johnny, tout sourire !  Eddy évoque les 45 tours que Johnny a tenté de lui voler dans une boum, un sketch qui n'a d'autre but que d'enchaîner sur Be bop a Lula, avec Dutronc, de retour du bar.

C'est au tour de Jojo de s'éclipser et de Jacquot de faire le jeu de mot le plus barré de la soirée en brandissant un extincteur pour annoncer la chanson Il est stincteur, Paris s'éveille, et oui ! Durant cette chanson, Eddy fouille la poche intérieur de la veste de Jacques et lui subtilise son cigare que l'homme aux lunettes noires s'empresse de récupérer, non sans avoir crier "Au voleur" ! A noter pour ce titre, qu'on entend à peine la partition du flûtiste. Echange de place entre Dutronc et Halliday qui rejoint son camarade Eddy sur scène. Le premier est debout et le second est assis, étonnant non ! Ils nous distillent Couleur menthe à l’eau, quinzième chanson de ce concert. Pendant les dernières paroles, Johnny va rechercher son tabouret et se rassoit. Eddy assure la présentation de GabrielleJohnny interpelle le public, "Vous la connaissez ?" et la chante en solo. La salle est enthousiaste et tout le monde se lève pour accompagner Johnny. Après 2 minutes de communion intense avec le public et de croisements frénétiques des poignets, l’harmoniciste Greg Zlap prend le relais. Il engage un frénétique solo de 2 minutes 45 avec son instrument. Le public exulte et l'ambiance est à son comble pour l'interprétation d'un second titre qui me prend les tripes, Le pénitencier. Dans sa version originale, The house of the rising sun, cette chanson a été écrite par Georgia Turner et Bert Martinet, puis enregistrée en 1962 par Bob Dylan. Mais c'est la prodigieuse interprétation en 1964 par Eric Burdon and the Animals, qui l'immortalisera. Nouvelle séquence émotionnelle qui m'envahit à son écoute. Une fois cet indéboulonnable succès terminé, Johnny fait allusion aux idoles Elvis PresleyEddie Cochran, John WayneJames Dean et Marlon Brando, aujourd'hui disparues. Heureusement, nos 3 Vieilles Canailles, elles, sont toujours là ! D'ailleurs, elles se replacent chacune devant leur micro pour le morceau suivant, On veut des légendes ! Enchaînement, toujours à trois, sur Vieille canaille, la chanson éponyme de cette soirée, sur laquelle se conclut par une première fausse sortie des artistes. Il n'est que 22 h 40 et je reste interloqué quand je constate que des spectateurs quittent le POPB alors que le concert doit se terminer vers 23 h 10 !

En effet, après quelques minutes, nos Vieilles canailles reviennent en scène pour interpréter 3 autres de leurs succès. Tout d'abord, Et moi et moi et moi, avec la participation à la guitare de Thomas Dutronc qui se joint aux autres guitaristes. Le morceau restimule les spectateurs. Johnny trébuche brièvement sur le tempo et les paroles (300 ou 400 millions de noirs, et moi, et moi, et moi, qui vais au brunissoir au sauna, pour perdre perdre du poids) et je note que William Leymergie remplace Catherine Langeais. On poursuit avec Pas de Boogie Woogie durant lequel s'immisce un superbe solo de saxo. La salle est debout ! Nouvelle fausse sortie et ça devient une habitude, des spectateurs quittent le POPB ! Bien sûr, les Vieilles Canailles reviennent tous les trois pour interpréter le dernier tube de la soiréeLa musique que j’aime. Ils ont chacun troqué leur costumes/cravates noirs pour un blouson en cuir, de la même couleur; et pour Johnny, c'est même avec une guitare en bandoulière. La communion entre le public et ses trois légendes est à son comble quand un petit problème technique interrompt l'audition de la guitare solo. Mitchell chante quelques secondes sans accompagnement, Dutronc sourit, Johnny s'étonne, puis tous les 3 se tournent vers les quatre guitaristes et le tempo revient. Johnny invite alors Eddy à reprendre et ça repart de plus belle !

C'était la dernière chanson de ce concert exceptionnel, même si le son n'était pas, je me répète, à la hauteur de l’événement. Enfin, ne boudons pas notre plaisir, j'y étais, "nous" y étions avec mon épouse, ceci grâce à nos enfants qui nous ont offert ce mythique moment de bonheur. Je tiens tout particulièrement ici à les en remercier d'autant qu'il a fait resurgir de très vieux souvenirs, avec beaucoup d’émotions et de larmes à l’œil. Des souvenirs que je croyais à jamais enfouis dans ma mémoire, notamment ceux de ma période Bordeaux-Bègles des années 65/66, quand Jacques Dutronc, avec son look d'ange, son humour grinçant et sa sereine décontraction, est arrivé sur les ondes AM avec son Et moi, et moi, et moi, un morceau suivi par d'autres plus décalés comme J'ai mis un tigre dans ma guitareLa Fille du père Noël, voir déjantés comme La Compapadé ou L'opération, des titres à succès plus ou moins mémorable, qui insuffleront un salutaire vent nouveau à la période des Yéyés !

 

J'aurais bien voulu illustrer cette rubrique avec plusieurs morceaux de ce concert (La fille du père Noël - Le pénitencier - Et moi, et moi, et moi - La musique que j'aime), hélas TF1 veille au grain lors des mises en ligne sur YouTube, même lorsqu'il s'agit d'une mise en images dans une page privée, une page qui en principe ne leur est pas accessible, et pourtant ... Étonnant, non ?

Yohan Lastre, une étoile charcutière parisienne à suivre

Après un passage comme cuisinier au Ritz et alors qu'il occupait le poste de sous-chef de la Tour d'Argent, le célèbre établissement du quai de la Tournelle à Paris, Yohan Lastre a concouru le lundi 3 décembre 2012 (à Tain l’Hermitage) pour la 4eme édition du Championnat du monde de Pâté Croûte et l'a remportée devant 11 autres concurrents ! Son chef d'œuvre charcutier (Cf. diaporama ci-dessous) a nécessité 9 mois d'entrainement et de travail, et se composait d'un pointu assemblage de viandes de cochon, de poulet, de canard, de veau, de lapin, de pigeon, de foie gras et de gras de porc, le tout additionné d’alcool de sapin de Pontarlier, lui a permis de décrocher le titre en jeu. Et le jury qui le lui a accordé, à fort dominante lyonnaise, savait de quoi il parlait, n'est-ce pas Régis Marcon (Cuisinier au restaurant éponyme, 3 étoiles Michelin depuis 2005)Mathieu Viannay (Cuisinier MOF 2004 au restaurant La Mère Brazier, 2 étoiles Michelin depuis 2009), Christian Têtedoie (Cuisinier MOF 1996 au restaurant éponyme à Lyon, 1 étoile Michelin) et Sébastien Bouillet (Chocolatier à Lyon)

Cette participation ne devait rien au hasard, mais résultait d'un constat alarmant de la qualité plutôt quelconque, voir médiocre, du Pâté en croûte (à quelques exceptions près) vendu dans le commerce, certainement dû aux industriels de la charcuterie qui propose cette spécialité emblématique à bas prix dans leurs rayonnages. Et quatre années plus tard, Johan Lastre, après soixante saisons passées dans la maison de la famille Terrail, et sa compagne Marion Sonier, ébéniste de formation, ont décidé d'ouvrir leur charcuterie-traiteur à Paris, plus précisément au 188 rue de Grenelle.

Compte tenu de notre déplacement dans la Capitale pour le concert des Vieilles Canailles, le détour par cette boutique s'imposait comme une évidence. Le parcours pour y arriver a été particulièrement compliqué, surtout en venant de la rive droite, à cause du double événement Paris JO 2024 et la Gay Pride ! Finalement, après 2 heures passées dans les embouteillages, j'ai enfin découvert la planète charcutière de Yohan Lastre ... sans apostrophe ! La boutique n'est pas très grande, mais suffisamment pour exposer la production charcutière des lieux. Son décor, conçu par Marion Sonier, est sobre, sans luxe ostentatoire, juste ce qu'il faut pour mettre en avant les produits vendus. Et comme Yohan Lastre n'a rien à cacher, on peut admirer le travail de ses collaborateurs qui s'affairent dans l'atelier de fabrication.

Juste avant d'entrer, j'avais repéré depuis la rue dans la vitrine réfrigérée, quatre authentiques Pâtés en croûte plus un autre aux légumes, dont l'ordonnancement est une petite merveille, particulièrement chatoyante et attirante. Je suis reparti de cette boutique avec 5 tranches de chacun d'eux (Cf. composition diaporama ci-dessous). Leur dégustation, le lendemain midi, a été un grand moment de bonheur gustatif. Première qualité de quatre d'entre eux, ils ont du goût ! Chacun de ces "pâtés" possède en effet une aromatisation distinctive, particulièrement équilibrée, mise à part celle associant cochon, volaille, canard et pistaches, à laquelle j'ai trouvée moins de peps. S'il me fallait manifester une préférence pour deux de ces Pâtés en croûte, j'inclinerais sans hésitation vers celui aux légumes, cuits entiers et pris dans une délicate gelée, un pâté en croûte vraiment exceptionnel, visuellement et gustativement. Ensuite, c'est celui associant volailles, citron confit, moutarde et estragon, très parfumé et fort savoureux.

Cette spécialité incontournable de notre patrimoine charcutier hexagonale, Yohan Lastre la décline en plusieurs versions au fil des saisons, à raison de 80 kg par jour. Mais vous trouverez ici d'autres préparations comme la Fougasse de Saint-Mamert du Gard maison élaborée avec une pâte à pain travaillée comme une pâte feuilletée,  ces étonnantes Rillettes de cochon à la forme porcine, des Soupes froides, des Sacristains aux gratons Castillonnais, des Sucettes en chaud-froid poulet-citron ou encore cette extraordinaire Ratatouille dont la seule présentation fait saliver et suffit à susciter son acquisition (Cf. diaporama ci-dessous). Bien sûr l'acquisition de ces merveilles charcutières nécessite un petit effort financier, entre 40 € 00 (pour le pâté aux légumes) et 72 € 00 (pour le pâté avec le foie gras) le kilo, mais celui-ci est à la hauteur des plaisirs gustatifs procurés, et puis après tout, toute peine mérite salaire ! L'autre atout de cette boutique, c'est la chaleur de son accueil et la disponibilité de ses sympathiques amphitryons. J'en profite d'ailleurs pour remercier Yohan Lastre pour la plaquette de 100 g de beurre salé maison, baratté à partir de crème crue, qu'il nous a offerts et que mon épouse a dégusté chaque matin avec dévotion. Maintenant, que vous habitiez Paris ou ses environs, voir même comme moi la Province, je vous engage à faire un tour chez cette étoile charcutière, pour découvrir ou redécouvrir le goût des vrais Pâtés en croûte !

NB : J'avais bien sûr entendu parler de ce "charcutier" hors pair, notamment par Périco Légasse et Natacha Polony, mais sans y attacher une attention particulière. Mon étonnement a donc été grand quand sur ma page Facebook, j'ai découvert une invitation de sa part. Et ce samedi 24 juin 2017, j'ai appris qu'elle était due aux conseils de son second, Florian Lemasson, féru des vidéos que je poste sur ma chaîne YouTube.

Lastre sans apostrophe

Yoahan LASTRE - Second : Florian LEMASSON

188 rue de Grenelle

75007 PARIS

Tél. : 01 40 60 70 27

Facebook : www.facebook.com/search/top/?q=lastre%20sans%20apostrophe

Ouvert du mardi au vendredi de 10 h 00 à 14 h 30 et de 16 h 00 à 20 h 00 ainsi que le samedi de 10 h 00 à 20 h 00.

L'agneau allaiton se déguste aussi à Paris

J'ai consacré en Juin-Juillet 2015 un commentaire à la maison Greffeuille et à la qualité exceptionnelle de la viande des "agneaux allaitons" qu'elle commercialise. Quand j'ai découvert qu'à Paris une boutique Greffeuille, ouverte en décembre 2014, proposait en toute simplicité des plats à base de "viandes précuisinées" (Feuillantine, Carré, Épaule à plat, Fondant de Noisette, Canon, Pavé, Souris confite...) selon les principes et les conseils avisés de Michel Bras, j'ai pris bonne note de cette adresse. Et quand je me suis mis en quête de me restaurer ce samedi 24 juin 2017, cette escale parisienne estampillée Greffeuille s'est imposée. Compte tenu du nombre de tables limitées, il vaut mieux par sage précaution retenir la sienne, ce que j'ai fait. Si vous disposez d'un GPS Renault intégré, prudence et vigilance en le programmant sur la rue Saint-Denis, car il est probable, si vous n'y prenez pas garde, qu'il vous emmène dans le 18ème !

Pour le stationnement, il vaut mieux privilégier, même si sa signalétique intérieure est déplorable, le parking Turbigo, dont l'entrée véhicule et la sortie piéton sont pratiquement situées en face de l'enseigne Greffeuille. Il n'y a donc qu'à franchir la rue, à vous installer à l'une des tables disponibles et à consulter la carte des festivités ovines proposées. Tributaire de l’éventail restreint des viandes précuisinées par le laboratoire de Rignac, la carte est courte avec 9 plats individuels, 3 plats pour 2 personnes (au minimum), 1 fromage et 2 desserts.

Notre choix a été vite fait avec, pour mon épouse, la Trilogie d'Allaiton rassemblant ce 24 juin 2017 deux Saucisses d'agneau, un morceau de Feuillantine et une Côtelette,  et pour moi, la Feuillantine, c'est à dire une superposition d'épigrammes* d'agneau, merveilleusement tendre et fondante. Comme accompagnement nous avions le choix entre une Garniture de légumes et l'Aligot, et c'est tout naturellement cette spécialité emblématique de l'Aubrac qui a eu notre préférence. Pour arroser le tout, je n'ai pas pu résister à l'appel du Marcillac "Lo sang del païs", fruité et charnu, de chez Teulier, d'autant qu'il était facturé à 3 € 70 les 12 cl. Edouard Greffeuille, le fils de Bernard Greffeuille (l'un des 2 frères dirigeant l'entreprise) assure la direction de cette boutique mais ne sert pas comme il se doit les vins au verre à table. Par contre, le verre qui le contenait disposait de 2 marques très discrètes, l'une à 12 cl, l'autre à 15 cl. J'en profite pour rappeler que l'article 16 de la loi du 30 juillet 1935 stipule que "Dans les débits de boissons, buffets, restaurants et, d’une manière générale, dans tous les établissements où sont vendues des boissons à consommer sur place ou à emporter, la contenance des bouteilles autres que d’origine, carafes, flacons, verres et autres récipients en service, doit être gravée sur les récipients eux-mêmes, exprimés en litres, décilitres ou centilitres". Et comme cette loi n'a pas été abrogée, elle est toujours applicable !

Pour finir, nous avons shunté les desserts, ceux-ci se résumant à un Nougat glacé aux framboises, une Tarte aux noix du Périgord (de chez Desgourmets à Prayssac) ou  un Fromage blanc au miel de Conques. Les becs sucrés désireux d'avoir des pâtisseries un peu plus sophistiquées pourront toujours pousser jusqu'à la toute proche rue Montorgueil et faire une petite incursion chez Sthorer ou chez Kayser (Cf. diaporama).

A l'issue de ce sympathique déjeuner, je suis à peu près sûr que ma prochaine commande intégrera, dans le colis réfrigéré acheminé désormais par Chronofresh, la Feuillantine, tant ce morceau composé d'épigrammes d'agneau est fondant et délicieux.

Cette dégustation des "spécialités Greffeuille" n'est possible qu'au déjeuner, et ce du lundi au samedi. La boutique est par contre fermée le dimanche. Dernière précision, et non des moindres, il n'y a pas de toilettes à disposition dans ces locaux et il vaut mieux le prévoir avant de s'y installer !

L'épigramme d'agneau est un apprêt de poitrine et de haut de côtelettes d'agneau (Cf. Découpe diaporama), désossés, parés et superposés, puis cuits sous-vide dans le laboratoire de Rignac ... selon les précieux conseils de Michel Bras, qui a participé à la mise au point de toutes les viandes précuisinées "Greffeuille".

Greffeuille Aveyron

Responsable boutique : Edouard GREFFEUILLE

120 rue Saint-Denis

75002 PARIS

Tél. : 01 42 36 73 61

Site web : www.allaiton.com/boutique

La 3ème édition du Mondial du Fromage à Tours

Du 11 au 13 juin 2017, Tours accueillait la 3ème édition du Mondial du Fromage et des Produits laitiers. C'est le Centre de Congrès Vinci qui hébergeait sur quatre niveaux cette manifestation qui rassemblait tout de même 155 exposants. Lors de ma visite du 13 juin 2017, j'ai eu l'agréable surprise de retrouvée Mme Sophie Loiseau-Lepicard, une talentueuse fromagère affineuse installée à Achères-la-Forêt, spécialisée notamment dans l'affinage du Brie de Meaux AOC, une maison dont je vous ai déjà parlé dans ce site en octobre-novembre 2011.

Juste à côté du stand des Loiseau, j'ai découvert celui de la fromagerie La Finarde tenue par Virginie Dubois, une fromagerie des Hauts de France pour laquelle j'ai eu un gros coup de cœur. Installée au sein du marché couvert de Wazemmes à Lille (un des marchés les plus importants d'Europe), ses caves d'affinage sont implantées dans la Citadelle d'Arras. Parmi les trésors des productions Nordiques que cette maison affine, il faut à tout prix goûter leur Mimolette vieille au lait cru, une Mimolette de fabrication artisanale. Et oui, un tel fromage ça existe bien ! Et toutes les petites merveilles de cette maison sont disponibles par correspondance.

Au gré des allées, j'ai pu revoir aussi des maisons que je connaissais, comme Gaugry (fabricant d’Époisses au lait cru), Carles (un des deux producteurs artisanaux de Roquefort AOC), Delouis (vinaigre et assaisonnements), Gillot, Graindorge (racheté par Lactalis !), Hardy (affineur dans le Loir-et-Cher), Haxaire (fabricant et affineur de Munster AOC et de Bargkass), Verneuil (coopérative fabricante de fromages de chèvre, de crème fraîche et de beurre), Laqueille (société laitière qui élabore différents bleus), Les fromagers de Tradition (propriétaire de la fromagerie de Boissey dont le Livarot et le Pont l'Evêque au lait cru, et même le Deauville au lait pasteurisé, sont à se damner), et enfin le GAEC des Tourelles (fabricant de Chaource fermier et de Soumaintrain au lait cru).

J'ai découvert aussi à ce Mondial des fromages fabriqués au-delà de nos frontières, à l'exemple des fromages italiens de Castagna Distribuzione, des suisses de la Fromagerie de la Suze, des irlandais de chez Cahill's Irish et Carrigbyrne Farmhouse Cheese, ou encore le plus étonnant, des fromages japonais de Cheese professional association, que je n'ai pas eu le temps hélas de goûter, le stand rangeant ses joyaux fromagers.

Lors de ce Mondial, était également organisé le Concours du meilleur Fromager. Se confrontaient 3 Américains (Lilith Spencer, Nadjeeb Chouaf et Perry Soulos), 3 Français (Aurore Ravacley Paillusson, Grégory Giraudon et Christophe Gonzalez), 2 Japonais (Junko Sasai et Yo Takahaschi), 1 Néerlandais (Evert Schonhage) et 1 Belge (Nathalie Vanhaver), le Concours international des fromages et produits laitiers ainsi que deux chapitres de la Guilde Internationale des Fromagers.

Pour prendre connaissance des différents résultats et distinction, un clic ici.

Centre International de Congrès Vinci

26 boulevard Heurteloup

37000 TOURS

Tél. : 02 47 70 70 70

Email : commercial@tours-evenments.com

Site web : www.tours-evenements.com

Nouvelle finale du Top 14 au stade de France, plutôt musclée !

Après avoir assisté à ma première finale de Top 14 au Stade France en 2014, finale qui opposait Toulon à Castres, nouvelle  phase ultime de Top 14 à laquelle j'assiste cette année, toujours avec Toulon, mais cette fois-ci opposé à Clermont-Ferrand. Ce club est le plus malchanceux dans la conquête du bouclier Brennus puisque sur 12 participations finales, entre 1936 et 2016, il n'en avait remporté qu'une seule, en 2010. Nous étions venus en nombre pour assister à ce choc rugbystique, huit au total, répartis par le hasard de la réservation des places, en 4 côté Clermont et 4 côté Toulon. Et toujours par le fait du hasard, j'étais placé dans le camp de Clermont, autant dire qu'il y avait de l'ambiance.

Après une ouverture du score à la 6ème minute sur pénalité par Parra, complétée rapidement par un essai transformé à la 10 ème, mon voisin féru de rugby ne donnait pas cher des chances à Toulon.  Mais après un placage haut à la 35 ème minute de Lee sur O'connor , Clermont se retrouve à 14 pour 10 minutes. Toulon retrouve de la cohésion et de l'impact, et rattrape une partie de son retard pour atteindre la mi-temps sur le score de 16 à 10, en faveur de Clermont qui fait la course en tête.

Quatre minute après la reprise, Belleau, le héros de la demi-finale contre La Rochelle, ramène le score à 16-13 ! C'est très serré et les chocs entre les joueurs sont impressionnants, avec dans ce domaine un Nonu en très grande forme. C'est un match de rugby très physique. A deux reprises, sur 2 pénalités Belleau trouve les poteaux et Toulon reste derrière au score ! Je regrette l'absence de Leigh Halfpenny, retenu pour la tournée des Lions, un excellent butteur qui aurait pu entretenir le suspense Et comme cela devait arriver, Parra lui ne rate pas une pénalité en faveur de Clermont et redonne un peu d'oxygène à son équipe en faisant passer le score à 19-13. Trinh-Duc entré quelque dix minutes plus tôt, tente à la 72 ème minute une pénalité et la réussi. A 19-16 Toulon reprend espoir. Espoir de courte durée car les toulonnais se mettent à la faute par et Parra transforme la pénalité. A nouveau six points d'écart et 22-16 au tableau d'affichage. Il reste encore 6 minutes à Toulon pour recréer l'exploit à La Rochelle. Et ça pourrait bien le faire quand à la sirène de la 80ème minute M. Poite revient sur une faute d'un clermontois et accorde une pénalité. Mais trois points ne sont pas suffisants. Trinh-Duc cherche et trouve une touche à 5 mètres de l'en-but clermontois. Sur le maul, un joueur toulonnais part à la faute. Les espoirs de Toulon s'envolent, Clermont est au paradis et champion de France pour la deuxième fois de son histoire ! Bravo à eux, mais cela n'a pas été sans mal.

Après la remise du trophée aux vainqueurs sous la présidence de Jupiter Macron, les serrages de pinces aux joueurs par les officiels et un tour d'honneur avec le bouclier de Brennus, les lumières s'éteignent. Un autre spectacle commence alors animé par The Avener, un très beau spectacle au  demeurant, qui va durer environ 20 minutes, associant électro house et pyrotechnie. Il est 23 h 45 quand la lumière réapparaît. C'est fini ! On se dirige vers la sortie pour retrouver les 4 autres membres de la bande. Dans les couloirs du métro, les partisans des deux camps échangent leurs impressions en toute convivialité et surtout sans aucune animosité. C'est ça aussi le rugby, un sport aux contacts parfois très rudes mais à la fin on se sert la main, on s'étreint et on fraternise ... somme toute comme au football ! Non bien sûr, je plaisante ...

Encore merci à toi "Lapinou" ainsi qu'à Mme Josy pour cette magnifique soirée en votre compagnie, et à la prochaine finale !

L'Abbaye de Fleury à Saint-Benoit-sur-Loire

Historique de l'Abbaye de Fleury

 

Entre 630 et 650, double fondation sous le patronage de Sainte-Marie et de Saint-Pierre

La première mention d'un monastère vivant sous la Règle de saint Benoît apparaît en Gaule vers 620 dans une lettre adressée à l'Evêque d'Albi par l'abbé d'un monastère proche de Castres. Peu après, quelques moines s'établissent sur la rive nord de la Loire, à 30 km en amont d'Orléans, sur une petite butte proche du village de Fleury, et y construisent une église dédiée à Notre Dame, tandis qu'une seconde colonie de moines s'installe à une centaine de mètres plus loin, autour d'une église Saint-Pierre. A cette époque ces communautés ne vivent pas encore sous la règle de saint Benoît, mais sous celle d'un autre grand fondateur, saint Colomban. Les deux communautés ne tardent pas à fusionner et le monastère est désormais connu sous le nom de Saint-Pierre de Fleury.

 

660 - Arrivée des reliques de Saint-Benoît.

Au cours du VIIIe siècle, le patronage du Prince des Apôtres est abandonné pour celui de Saint Benoît, changement motivé par l'arrivée des reliques du Patriarche des moines d'occident, apportées du Mont-Cassin en Italie à l'initiative de l'Abbé Mummolus. Cet événement est à l'origine de la rapide extension, de la prospérité et du rayonnement de l'abbaye qui devient Saint-Benoît de Fleury, tandis que le village prit plus tard celui de Saint-Benoît-sur-Loire.

865, 879, 897 - Les Normands incendient le monastère.

Après l'épreuve des invasions normandes qui pillent et détruisent, l'abbaye va refleurir à nouveau, et les Xe et XIe siècles sont la grande époque du rayonnement spirituel, intellectuel et artistique de Fleury. 

930-942 - Odon de Cluny, abbé de Fleury.

Réformée vers 930 par Saint Odon de Cluny, mais gardant son indépendance et ses coutumes propres, Fleury devient à son tour maison modèle et centre réformateur exerçant son influence sur la Lorraine, le Val de Loire, la Bretagne, la Normandie et l'Angleterre.

988-1004 - Saint Abbon.

Sous l'abbatiat d'Abbon, Fleury atteint l'apogée de son rayonnement. Abbon est tenu par ses contemporains pour l'homme le plus instruit de son temps, son œuvre littéraire et scientifique est vaste et il sait discerner et favoriser les dons littéraires de ses moines. Le monastère reçoit du Pape une charte d'exemption. Sous son abbatiat et celui de Gauzlin, son successeur, l'abbaye abrite toute une pléiade d'écrivains, historiens, hagiographes ou poètes dont certains, comme leur abbé, trouvent encore de nos jours des éditeurs et des traducteurs. L'activité artistique fut surtout l'œuvre de la génération suivante, celle qui se formait sur les bancs de l'école abbatiale lorsqu'Abbon était abbé, et qui épanouit son talent sous Gauzlin.

1004-1030 - Gauzlin commence la tour-porche de la basilique abbatiale et reconstruit les bâtiments après l'incendie de 1026.

1067 - Commencement de la construction de la basilique actuelle.

1108 - Le 21 mars, consécration de l'abside et du chœur. Le 2 août, le roi Philippe Ier est inhumé sous le sanctuaire.

1218 - Dédicace de la basilique enfin achevée.

1413 - Les stalles sont exécutées et placées à la croisée du transept.

1486 - L'abbaye est mise en commende, c'est à dire que ses supérieurs sont nommés par le Roi.

1562 - Pillage pendant les Guerres de Religion.
La guerre de Cent ans et les Guerres de Religions, ruinent le monastère et perturbent la vie régulière, les effectifs de la communauté s'effondrent.

1627 - Richelieu, abbé commendataire donne le monastère à la Congrégation de Saint-Maur.

1704 - Édification de la tribune de l'orgue.

1712-1731 - Construction d'un nouveau monastère.

1791 - La Révolution disperse la communauté ; au début de l'empire le monastère sert de carrière de pierres ….

1865-1903 - Première reprise de la vie monastique par des moines venus de la Pierre-qui-Vire.
Peu avant sa mort prématurée, en 1854 le Père Muard, fondateur de la Pierre-qui-Vire, vient à Saint-Benoît-sur-Loire et prédit au curé de la paroisse qu'un jours ses fils chanteront ici les louanges de Dieu. De fait le 7 janvier 1865, à la demande de Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, 3 moines de la Pierre-qui-Vire s'installent au presbytère de Saint-Benoît et prennent en charge la paroisse en attendant de pouvoir reconstruire le monastère. Mais en 1881, puis de façon plus décisive en 1903, les religieux sont expulsés de France. Un moine vêtu en prêtre séculier et exerçant les fonctions de vicaire, peut pourtant demeurer à Saint-Benoît jusqu'en 1928.

1944 - Refondation.
Rentrée d'exil en 1920, la communauté de la Pierre-qui-Vire peut acheter, dès 1935, une partie des terrains situés au sud de la Basilique et envoyer un groupe de frères pour les entretenir. Le 11 octobre 1944 treize moines reprennent enfin à Fleury l'observance monastique et entreprennent la reconstruction du monastère. Une communauté de trente-trois moines y vit aujourd'hui sous la direction du Père Abbé Etienne Ricaud.

 

Source commentaire : site web http://www.abbaye-fleury.com

La tour Porche

Imposante par sa masse architecturale, la tour-porche demeure une œuvre unique en son genre. La puissance et l'abondance de ses piliers témoignent de l'ambition du projet. Au rez-de-chaussée, les quatre piles de la partie centrale, dépourvues de socles, divisent l'espace en neuf carrés sensiblement égaux voûtés d'arêtes et reliés par des arcs doubleaux. Le côté est, à l'origine semblable aux autres, a été transformé lors de son rattachement à la nef.

Dans son architecture, la tour évoque la Jérusalem céleste, la ville décrite par Saint-Jean au chapitre 21 de l'Apocalypse, le dernier livre de la Bible. Sa longueur égale sa largeur. Elle a douze portes : trois à l'orient, trois au nord, trois au midi, trois à l'occident et elles ne se ferment pas parce qu'en ce lieu il n'y a ni jour ni nuit ... Les chapiteaux illustrent eux aussi le livre de Saint-Jean et ses prophéties sur les destinées du monde.

 

La Basilique

Deux sanctuaires ont été aménagés dans le chœur à des niveaux différents. Le plus proche rappelle par sa colonnade majestueuse l'harmonie et la noblesse des grandes basiliques romaines. Derrière le maître-autel, consacré à Notre-Dame, se dresse le mur de la confession qui sépare l'église de la crypte à demi-enterrée.

L'autre, au niveau supérieur, complète cette admirable ordonnance. L'abside, avec ses quatre chapelles rayonnantes, reprend le plan de la crypte à laquelle elle est superposée. L'autel, dédié à Saint-Benoît, se trouve à l'aplomb des reliques du Père des moines conservées dans le pilier reliquaire au centre de la crypte.

La colonnade est surmontée d'une arcature aveugle qui fait le tour des deux sanctuaires et en assure l'unité. Enfin, sous la voûte en berceau, de larges fenêtres dispensent abondamment la lumière.

Les chapiteaux ont été sculptés vers 1090. Ils n'ont pas le relief des puissants corinthiens de la tour-porche, cependant beaucoup sont historiés et quelques uns évoquent des épisodes de la vie de Saint-Benoît. Ceux de la nef, fin du XIIème, sont décoratifs et souvent exécutés avec grande finesse. Ces trois ensembles sculptés appartiennent à des époques et des mentalités différentes. Ils ont donc chacun leur style original.

Les stalles ont été réalisées par deux huchiers d'Orléans en 1413. Six fois par jours, les moines y reviennent pour chanter la louange de Dieu. La balustrade du chœur fut offerte par le cardinal de Richelieu, abbé commendataire, en 1637.

La nef, plus sobre que le sanctuaire, romane dans ses parties basses, est couverte d'une voûte gothique. La croisée d'ogives repose avec légèreté sur les chapiteaux romans des colonnes engagées du vaisseau central. Le passage entre ces deux styles est harmonieux, respectueux des proportions posées à l'origine.

La tribune a été édifiée en 1704. Sa grande coquille est un élément purement décoratif. L'orgue reconstruit en 1983 possède 35 jeux et contient encore près de 500 tuyaux des XVIIème et XVIIIème siècles. Les statues de Saint-Pierre et Saint-Marc encadrant la porte à double vantaux appartenaient au retable élevé dans l'abside en 1664 et déposé en 1861.

Au transept, Notre-Dame de Fleury est une statuette d'albâtre du XIVème. La grâce et la tendresse de Marie rayonnent sur son visage souriant. Ici, priait Max Jacob, le poète pénitent de Saint-Benoît-sur-Loire.

Au chœur, le dallage de marbre polychrome qui s'étend autour de l'autel est une œuvre romaine du IVème ou Vème siècle roi capétien, mort en 1108 et inhumé sous le chœur.

 

La crypte

La crypte contient toujours les précieuses reliques. Elle est le lieu privilégié du culte de Saint-Benoît. La liaison avec l'église supérieure est fortement soulignée par les neuf ouvertures percées dans le mur qui la sépare de l'église et par lesquelles on vénérait les reliques du saint.

La châsse médiévale a malheureusement disparu mais le pilier monumental qui la contenait nous est parvenu sans modifications essentielles. Il centre l'édifice sur le corps de Saint-Benoît, pierre de fondation de tout le monument qui repose et converge vers lui. Le double déambulatoire et les voûtes, dans un mouvement qui s'élargit vers l'extérieur, accentue le rayonnement exceptionnel de la crypte.

 

Le portail nord

Au bas-côté nord de la nef s'ouvre un portail gothique qui fut longtemps l'entrée des fidèles. Edifié à la fin du XIIème siècle, il a été admirablement restauré par les Monuments Historiques en 1996. Le Christ enseignant domine le tympan. Il est entouré par les quatre évangélistes avec leurs symboles. Des anges et des apôtres occupent les voussures. Le linteau évoque, en un tryptique, la translation des reliques de Saint-Benoît du Mont-Cassin à Fleury. Au-dessous, six statues-colonnes représentent les patriarches et prophètes de l'Ancien Testament. Ce portail abonde en rappels scripturaires.

Au revers du linteau, à l'intérieur, un décor sculpté simplement ébauché a été découvert lors de cette restauration. Sur un même plan horizontal, un ensemble de neuf arcatures met en relief une Vierge portant sur ses genoux l'Enfant bénissant et deux séries de quatre apôtres. Cette œuvre romane inachevée remonte probablement au milieu du XIIème siècle. Elle permet de suivre toutes les étapes du travail du sculpteur depuis le tracé et l'ébauche jusqu'à la finition des détails.

 

Dimensions de la basilique à l'intérieur (tour non comprise) :

Longueur : 73 m - Largeur : 17 m - Hauteur coupole : 24 m - Hauteur sanctuaire : 18 m - Hauteur nef : 20 m

L'ensemble de l'édifice a été construit avec de la pierre du Nivernais acheminée par la Loire.

Abbaye de Fleury
45730 SAINT BENOIT SUR LOIRE
Tél. : 02 38 35 72 43
Email : 
info@abbaye-fleury.com

Site : www.abbaye-fleury.com
La porterie est ouverte en semaine de 9 h 15 à 11 h 45 et de 14 h 45 à 17 h 45 et le dimanche de 9 h 30 à 10 h 30 et de 14 h 00 à 17 h 45
Si vous souhaitez séjourner au monastère, contacter le Père Hôtelier : 
accueil@abbaye-fleury.com 
- Tél. : 02 38 35 10 65

Côté Jardin à Gien, tellement bien qu'on y revient !

Parmi les 18 restaurants étoilés de la région Centre, ceux ouverts le lundi ne sont pas légion et se comptent pratriquement sur les doigt d'une main (Côté Jardin à Gien - La Gloire à Montargis - La Maison d'à Côté à Montlivault - Les Hauts de Loire à Onzain - Le Lièvre Gourmand à Orléans - Le Lion d'Or à Romorantin). Pour ce 22 mai 2017, après avoir examiné les propositions de chacun d'eux, c'est finalement Côté Jardin à Gien que j'ai choisi pour fêter l'anniversaire de mon épouse et lui en faire la surprise ... ou presque.

Je dois avouer que ce restaurant m'avait particulièrement impressionné et séduit le 8 septembre 2016 par la grande qualité d'ensemble de sa prestation et son rapport exceptionnel qualité/prix. En plus, Sophie Billard s'était montrée particulièrement attentive et réactive aux diverses observations que je lui avais formulées, et ça, dans la profession, ce n'est pas si fréquent. Dès lors, le choix de Côté Jardin des époux Billard s'imposait comme une évidence.

Les propositions de leur gourmande étape se résument en deux menus (pas de Carte) déclinés chacun en 2 versions tarifaires (La Curiosité à 42 € 00 et 50 € 00 et Menu Confiance du Chef à 75 et 95 € 00). Pour ces 2 derniers menus, une offre boissons comprises à 35 € 00 et 40 € 00 est possible, je dirais même vivement conseillée. Et le midi, sauf WE et jours fériés, ceux qui trouveraient la mariée trop opulente peuvent choisir la formule entrée/plat à 35 € 00 ou plat/dessert à 28 € 00.

Pour tenir compagnie à notre coupe de Champagne, incluse dans le Forfait boissons (le terme me parait plus approprié que celui de "Forfait alcool", d'autant que celui-ci inclus de l'eau minérale et du café), nous avons droit à un trio de savoureux amuse-bouche, une Crème d'asperge, une Bavaroise de tomate, et un Saumon à l'orange et sablé Parmesan.

Nous entamons ce friand marathon culinaire  avec une patience, un Émietté de tourteau, légumes, chorizo et navet. C'est bien présenté, c'est frais, c'est bien assaisonné et goûteux, et c'est donc très engageant pour la suite.

La première entrée est une Raviole de lard fumé, caille, mimolette, crème de petits pois et poussière de jambon et laurier. Beaucoup de saveurs dans l'assiette qui ne demandent qu'à s'associer et titiller vos papilles. De nouveau, notre plaisir gustatif est total.

La deuxième entrée met en scène un Thon rouge (pas de provenance annoncée), ketchup maison, tomate confite, asperge du pays, écume mirin et olive kalamanta. Poisson cuit pile-poil, assaisonnement maîtrisé, accompagnement harmonieux, bref notre longue récréation papillaire se révèle de plus en plus intéressante.

Pour la troisième et dernière entrée, c'est un Homard, courgette et pomme de terre/parmesan. A sa vue, je ne peux pas m’empêcher de confier à Sylvie Billard qu'Arnaud, son chef de mari, est en pleine forme et fait des merveilles dans ses assiettes. La présentation est toujours aussi sobre et rigoureuse, et le produit est bien mis en valeur. C'est beau et bon, même si pour moi la petite tuile de Parmesan est un peu trop puissante pour la délicatesse de la chair du homard. Mais les goûts et les couleurs ... 

Quand on est momentanément, et trop brièvement dans ce paradis de la gourmandise, quoi de plus normal que de voir arriver un Saint-Pierre, agrémenté de quinoa rouge, de jus à l'ail noir, de pignons de pin, d'anchois et de pomme fondante. Poisson cuit parfaitement, petit anchois apportant du peps sans recourir à des épices, voici encore un plat réussi et au niveau de l'étoile ! 

Il fallait bien une viande pour terminer la première des trois étape de ce déjeuner (les 2 autres sont le fromage et le dessert). Elle s'extériorise avec une Selle d'agneau, carottes snackées, oignon blanc, jus moutarde à l'ancienne, pomme fruit et curry. Si pour la cuisson de la viande et son escorte saucière et légumière, il n'y a rien à redire, par contre, au niveau de la texture de cette Selle (partie charnue arrière située au-dessus du gigot), la chair est un peu ferme, et ça n'a rien à voir avec le merveilleux agneau allaiton de Rignac.

Les restaurants qui proposent dans un menu dégustation un plateau de fromages conséquent ne sont pas nombreux. Côté Jardin appartient à cette petite famille et on doit à ce titre l'encourager à s'être engagé dans cette voie. Toutefois, par rapport à ma précédente incursion de septembre 2016, la nouvelle jeune fille qui en assurait la présentation, n'a pas pris l'initiative d'énumérer chacun d'entre eux afin que nous puissions faire notre choix en toute connaissance de cause. Je sais que ce n'est pas si facile que ça, mais le jeu en vaut la chandelle, notamment quand on a affaire à des "fromageophiles". Autrement, il y a toujours la solution, exécrée par Hervé Louveau, "docteur ès fromages" aux Hautes Roches,  de planter sur chaque fromages une étiquette avec son nom, sa race laitière et sa particularité au lait cru ou non. Heureusement, le fait de filmer m'a tout de même permis d'obtenir la déclinaison des principaux fromages proposés, avec toutefois une erreur pour le Pavin. En effet, ce fromage n'est pas au lait cru (la maison Guillaume de Montaigut-le-Blanc, réputée notamment pour l'affinage de Saint-Nectaire, qui a mis au point la la fabrication de ce fromage, me l'a confirmé).

J'ai fait le choix, si ma mémoire ne me fait pas défaut, de 4 morceaux de fromages, à savoir, Pavin, Tomme de brebis, Cantal vieux et Chèvre crémeux.

Pour attendre l'arrivée du final sucré, nous avons droit à un Smoothie exotique qui rassemblait du kiwi jaune, de l'ananas et de la mangue, une préparation liquide bien parfumée et très rafraîchissante.

Anniversaire de mon épouse oblige, Arnaud Billard s'est fendu de nous préparer 2 desserts différents. J'ai oublié de les filmer, et je ne dispose pas de leurs exacts libellés. Je crois que mon épouse a bénéficié d'une assiette pâtissière rassemblant, Citron, parfait glacé, crémeux, guimauve, mûres, framboises, groseilles et sorbet fruits rouges, et que j'ai eu droit à une Chiboust vanillée, fraises gariguette de Sologne, glace poivre de Timut, meringue à l'orange et sirop de menthe. Belles présentations, beaucoup de saveurs dans l'assiette et en bouche, bref du bel ouvrage qui ponctue avec délectation ce deuxième déjeuner à Côté Jardin, sans oublier le bon Café et ses deux mignardises, dont un Rocher à la fève de tonka, que je croyais à l'amande amère. Pan sur le bec !

Pour l'accompagnement vineux de ce menu dégustation, j'ai fait confiance à celui conçu par Sylvie Billard qui, pour 40 € 00, nous a permis de bénéficier d'un apéritif, en l'occurrence une coupe de Champagne Vve Doussot, une demi-bouteille d'eau minérale, de 7 verres de vins de 8 cl (l'année dernière les verres étaient servis à 10 cl, mais 8 cl, c'est bien suffisant ... et très rassurant pour la route) et d'un café. A propos de ces 7 vins, là encore, Sophie Billard ne se moque pas du monde, comme en témoigne la remarquable succession vineuse qu'elle nous a servie, à savoir : Pouilly-Fumé 2015 de Michel & David Bailly - Sancerre blanc 2015 "Les Caillottes" de Pascal Jolivet - Quincy 2013 "Cuvée Sucellus" de Jean Tatin - Chassagne-Montrachet blanc 2011 1er cru "Morgeot" de Lamy-Pillot - Chassagne-Montrachet rouge 2014 1er cru "Boudriotte" de Lamy-Pillot - Corbières blanc 2014 (roussanne & grenache blanc) château Haut-Gléon - Maury Vintage blanc 2013 du Mas Amiel. A propos de cette association vineuse, je dois avouer qu'il y avait un long bail que je n'avais pas eu le plaisir, et les moyens, de déguster deux Chassagne-Montrachet 1er cru. Les dernières bouteilles bues de ce breuvage béni des dieux, étaient une version "rouge" de chez Ramonet, le 24 décembre 1989, et une version "blanc", elle aussi de chez Ramonet, le 12 avril 1992 !

Enfin, je tenais à préciser qu'Arnaud Billard n'est aidé en cuisine que par un seul commis. Cela ne l'a nullement empêché d'assurer le service, à un rythme soutenu, des 14 personnes présentes ce 22 mai 2017 (2 ne s'étaient pas déplacées et j'espère qu'ils avaient prévenu !). Pour se faire une petite idée de cette dextérité, notre déjeuner a commencé par des amuse-bouche servis à 12 h 30 et s'est terminé par des desserts présentés à 14 h 50, soit une préparation servie toute les 16 minutes, une sacré performance ! Chapeau bas, l'artiste Arnaud ! On revient ici vous voir dès qu'on peut, avec grand plaisir.

Côté Jardin

Sophie & Arnaud BILLARD

14 rue de Bourges

45500 GIEN
Tél/Fax : 02 38 38 24 67
Email : cote-jardin45@orange.fr

Site web : www.cote-jardin45.com

Fermé mardi, mercredi et dimanche soir

Promenade des parfums au château de Chamerolles

Au début du 16ème siècle, Lancelot 1er du Lac a fait bâtir le château de Chamerolles à l’emplacement d'une ancienne forteresse médiévale dont il ne reste aujourd'hui que le plan carré avec ses tours et ses douves. Depuis 1992Chamerolles abrite  l'un des rares sites français consacrés au monde des parfums au travers d'une promenade.

Cette Promenade des parfums vous invite à découvrir l'univers de la toilette et des senteurs au fil du temps, du 16ème siècle à nos jours, au travers d'intérieurs meublés, d'objets et de flacons. Son jardin Renaissance renoue avec sa vocation originelle de jardin unitaire, d'agrément et d'apparat, et son parc invite à la rêverie. On y trouve notamment des plantes aromatiques, nécessaires à l’élaboration des parfums, un labyrinthe, pas trop compliqué, deux potagers plantés de légumes, de condiments, d'aromates et d'arbres fruitiers connus dans la France des 16 et 17èmes siècles. Pour conclure cette visite, un passage par la pièce d'eau et le kiosque s'impose qui permet en outre de bénéficier d'une superbe vue sur le château.

Dernière précision, qui s'applique également pour le château de Fontainebleau, si vous prévoyez de faire la visite de ce château quelques semaines à l'avance, notamment avec de jeunes enfants, n'oubliez pas de mettre de gros quignons de pains à rassir. Ainsi, lors de votre passage au-dessus des carpes, vous n'aurez plus qu'à leur jeter et admirer mais aussi écouter le spectacle de leur ingurgitation ! 

 

Source : Brochure publicitaire du château de Chamerolles

Château de Chamerolles

45170 CHILLEURS-AUX-BOIS

Tél. : 02 38 39 84 66

Fax : 02 38 39 45 59

Email : chateau.chamerolles@loiret.fr

Site web : www.chateauchamerolles.fr

Lancelot, un Bib gourmand en toute confiance

Formée auprès de 2 tables orléanaises réputées et étoilées, la Crémaillère de Paul Huyart (2 étoiles) et la Poutrière de Marcel Thomas (1 étoile), Catherine Delacoute a ouvert son restaurant Lancelot en 1995. Après une entrée dans le Michelin 1999 distinguées par 2 fourchettes, il lui a fallu attendre 2015, pour voir sa cuisine récompensée par un Bib gourmand. Dans un décor rustique, cette chef propose une cuisine classique bien tournée, pleine de saveurs et de parfums, distillée au travers de 3 menus à 29 € 00, 48 € 00 et 65 € 00, épaulés par une Carte conséquente (6 entrées, 7 plats et 10 fromages/dessert). En outre, chaque midi, du mardi au vendredi, Catherine Delacoute propose un intéressant menu à l'ardoise en 3 plats pour la modique somme de 22 € 50, qui passe à 18 € 50 avec 2 plats seulement. Ce 11 mai 2017, il soumettait à la gourmandise de la clientèle, les suggestions suivantes : Terrine de canard chutney pommes/poires ou Oeuf cocotte à la crème de persil, puis Moules marinières ou Parmentier de joues de bœuf, et pour conclure un seul choix, une Crème brûlée à la vanille. Pour l'accompagner côté liquide, un forfait à 6 € 50 permettait de bénéficier d'un quart Vittel, d'un verre de vin (contenance non précisée) et d'un café. Si cette proposition me paraissait plus que sympathique, hormis le dessert unique, notre tablée de 4 gastronomades a fini par adopter l'offre du menu à 29 € 00, c'est à dire celui distingué par le Bib gourmand.

Après une coupe d'un honnête Vouvray MT de la Cave des Producteurs de Vouvray (y'a quand même beaucoup  beaucoup mieux dans ce vignoble sur qui compter, n'est-ce pas Julien !), non servie à table, en guise d'apéritif et un d'amuse-bouche, voici ci-dessous, les entrées, plats et desserts qui ont défilé à notre table. 

Salade du terroir œuf poché au vin rouge, lardons, croûtonCrottin de chèvre chaud au lard fumé, mesclun  de salade et Saumon mariné aux saveurs exotiques pour les entrées, Tête et fraise de veau persilléeHamburger de bœuf français, mesclun de salade aux fines herbes et Crumble d'agneau braisé à l'ail confit, avant de conclure par un Pithiviers fondant ‘domino’ Lancelotun Riz au lait tiède à la vanille et un Sablé à la poire et fraises façon Melba.

Ces neuf préparations étaient toutes très bien cuisinées, goûteuses et servies généreusement. Seul accroc de ce déjeuner, l'absence pour mon plat de résistance, signalée par la serveuse au moment de la commande, de la fraise de veau !

Côté associations vineuses, les prix des vins au verre (contenance non précisée !) m'ont paru un peu trop élevés pour un établissement de ce niveau (et bien qu'annoncé comme sommelier sur la carte, je ne crois pas que la personne qui assume ce rôle, ait le diplôme inhérent à cette fonction !), avec par exemple un Cheverny à 5 € 00 (ce qui fait la bouteille 30 € 00 si la contenance est de 12 cl)  et une sélection su sommelier à 8 € 00 (ce qui fait la bouteille à 48 € 00 !). Après ces rapides calculs de rentabilité, j'ai proposé à mon aréopage de prendre plutôt deux demi-bouteilles, une de Cheverny blanc 2015 (la carte indiquait 2014) de chez Cazin, bien typée de cette AOC, et une de Saumur-Champigny 2014 du domaine des Varinelles, elle aussi conforme à ce que nous attendions d'un tel breuvage.

Côté service, je n'attarderais pas sur le rôle du "sommelier", au demeurant fort sympathique, préférant m'attarder plutôt sur celui de notre déjeuner. Il était assuré au début avec une certaine retenue par une jeune femme qui s'est fort bien décontractée au fil du temps, pour se conclure dans une totale convivialité.

Lancelot

Chef et propriétaire : Catherine DELACOUTE

12 rue des Déportés

45170 CHILLEURS-AUX-BOIS

Tél. : 02 38 32 91 15

Email : info@restaurant-le-lancelot.com

Site web : www.restaurantlelancelot.com

Portes ouvertes chez les frères Puzelat

Début mai de chaque année, les frères Puzelat, Jean-Marie et Thierry, organisent dans leurs chais du Clos du Tue-Bœuf des journées "portes ouvertes". Faute de disponibilité ces dernières années, ma dernière visite à cette sympathique manifestation remontait au 12 mai 2007. Je me faisais donc une joie ce 6 mai 2017, sur le coup de 14 heures, d'y faire un petit tour. Mais cette heure était aussi celle d'un casse-croûte et la plupart des 15 vignerons participants étaient plutôt attablés que derrière leurs tonneaux d'accueil. Qu'importe, après m'être muni d'un verre de dégustation, j'ai commencé à me servir au gré des bouteilles disponibles.

J'ai fait sept pauses vineuses et je dois avouer que ma déception chez 5 d'entre eux a été énorme, avec des vins rouges confits, alcooleux, déséquilibrés ou "pétillants", certains cumulant même plusieurs de ces critères. J'aurais bien aimé que le travail effectué pour la qualité de leurs vins soit à la hauteur de celui développé pour l'élaboration du graphisme de  leurs étiquettes. Hélas, c'était loin d'être le cas ! Mais fidèle à mes principes, je m'abstiendrais de tout commentaire désobligeant à l'encontre de ces vignerons, pour parler plutôt des 3 vins des deux vignerons que j'ai particulièrement appréciés :

 

- Potron Minet "Roulé Boulé" VDF 2015 : enfin un vin du sud qui ne fait 12,5 % ! Il est issu d'un assemblage de 80 % de Syrah, âgé de plus de 25 ans, et de 20 % de Grenache noir, planté en 1980, et issus de vignes cultivées en agriculture biologique. Ce vin m'a tout de suite séduit (pas mon épouse !) par sa robe rouge cerise, son intense nez de fruits noirs, et une matière très digeste. J'en aurais bien fait l'acquisition de 6 bouteilles, notamment pour en offrir une à une personne qui pratique cette activité du "Roulé Boulé" avec grâce, mais ce talentueux vigneron, Jean-Sébastien Giolan, n'était pas là. Prix de vente : ?

 

- Potron Minet "Paris Trouillas VDF 2016 : Assemblage de 70 % de Carignan (1938 et 1959), et de 30 % de Grenache noir (2007), là encore je suis séduit par le vin de ce vigneron. Sa robe est plus sombre que le précédent, le nez est agréable, avec une bouche plus aérienne, en bref un vin de soif très plaisant. Prix de vente : ?

 

- Bois Rouge VDF 2015 : René Mosse est devenu au fil des années un vigneron sérieux dont la production vineuse est tout à fait digne d'intérêts. Cette cuvée baptisée Bois Rouge, est composée de Gamay, de Grolleau et de Cabernet-Franc (je n'ai pas recueilli les %). Il délivre un nez expressif très agréable, en bouche, la matière est présente sans excès, avec de sympathiques senteurs de réglisse. La dégustation se termine sur des tanins veloutés très agréables. Prix de vente : 12 € 00.

 

Enfin, côté prix, je vous laisse le soin d'apprécier ... ou non, le bien-fondé de leur niveau,  des prix de vente d'ailleurs que tous les vignerons n'affichaient pas, en tenant compte également que certains d'entre eux imposaient un minimum d'achat de 6 bouteilles, voir 12 !

 

PS : Je précise que parmi tous les vins que j'ai dégustés, ne figuraient pas ceux des frères Puzelat. J'ai rencontré Jean-Marie Puzelat le 16 juin 2017 et je lui ai fait part de mon désappointement.

Clos du Tue-Bœuf

Jean-Marie & Thierry PUZELAT

6 route de Seur

41120 LES MONTILS

Tél. : 02 54 44 05 16

Email : tue-boeuf@wanadoo.fr

Site web : www.puzelat.com

Le Saint-Benoît, pour les amateurs de viande, mais pas qu'eux !

Après avoir été aux commandes de l'Auberge de Chanteclairc à Bouchemaine de 1993 à 1997, l'avoir vendue puis rachetée en 2003 et y rester jusqu’en 2012, Patricia & Frédéric Benoît se sont lancés en 2013 dans un nouveau challenge, créer une brasserie haut de gamme dans une ZAC avec en point d'orgue une spécialité pour leur clientèle, proposer de la viande maturée de plusieurs semaines à plusieurs mois. Plus de trois ans de démarches et de travaux leur ont été nécessaires pour mener à bien cet ambitieux et gigantesque projet. Et le 17 mars 2016, le Saint-Benoit accueillaient enfin ses premiers clients.

De l'extérieur, cet établissement ne ressemble en rien à un restaurant classique mais plutôt aux bâtiments que l'on trouve dans une ZAC. Par contre, une fois la porte d'entrée poussée, on est accueilli par un cadre chaud, cossu et intime qui surprend et vous met en confiance. Sur la droite, on ne peut pas rater la première armoire, celle où maturent des dizaines d'entrecôtes ou de faux-filet accrochés chacun à un esse. Si on y prête toute l'attention nécessaire, on découvre dans cette armoire moult pièces de bœuf qui attendent tranquillement de "rassir", un terme que je préfère à celui de "maturer". J'avais évoqué dans un de mes commentaires antérieurs (Cf. Côté Jardin à Gien en septembre 2016) ce que je pensais de la maturation en morceaux et non en carcasse ou demi-carcasse. Je maintiens toujours mon point de vue à ce propos, mais c'est vrai que le procédé de maturation mis en place par Frédéric Benoît est intéressant. On y remarque notamment de la Rouge des Près, une des 3 AOC françaises en matière de viande (les 2 autres sont le Taureau de Camargue et le Fin gras du Mézenc), de la Galice d'Espagne, de la Parthenaise, de la Black Angus USA (garantie sans anabolisants !), de la Blonde d'Aquitaine, de la Montbéliarde, de la Piémontaise USA ... bref, de quoi se satisfaire ! Et dès qu'il sent qu'un morceau de viande est au point de maturation optimal, celui-ci prend le chemin de la seconde. Cette seconde armoire se situe un peu loin sur la gauche, une fois passé le comptoir et l'énorme billot de la fin du XIX ème siècle acheté sur le Bon Coin. Elle sert à stocker les viandes sélectionnées dans la première et destinées à finir dans votre assiette. Tous les morceaux sont étiquetés avec leur race et leur date de réception. A proximité, une ardoise rappelle le prix que vous devrez débourser les déguster, entre 13 et 35 € 00 ... les 100 g. Mais à ce tarif, le morceau de bœuf que vous aurez choisi avec les précieux conseils de Frédéric Benoît, sera totalement épluché puis pesé. Finalement, vous ne payez  que le poids de viande que vous mangerez. Et c'est peut-être là le talon d'Achille de ce procédé de "maturation". Il génère beaucoup de perte, pratiquement 50 %, soit beaucoup plus qu'en faisant rassir une bête, une demi-bête voir un quartier de bœuf. Mais par contre l'avantage, c'est de ne proposer à la clientèle que des morceaux nobles et de ne pas avoir à se préoccuper de la gestion des bas morceaux.

Comme nous sommes venus pour goûter des viandes maturées, nous faisons le choix de 3 entrecôtes de 3 races différentes. Une Salers du 28 mars 2017, une Charolaise du 14 février 2017 et une Black Angus du 1er février 2017.

Pour nous faire patienter pendant la préparation de nos pièces de viandes et leur courte cuisson, Frédéric Benoît nous offre un Effiloché de viande maturée depuis août 2016. La viande est fondante et son goût puissant. Elle me fait penser à de la viande des Grisons, mais version sans sel ni épices et avec une maturation plus longue, beaucoup plus longue.

Quelques minutes après arrivent nos 3 entrecôtes partagées chacune en 2. Pascale a pris pour les accompagner des frites maison et moi, une ratatouille. Nous avons droit aussi à trois sauces, une Poivre, une Béarnaise et une au Bleu. Après avoir retrouvé, avec l'aide de Frédéric Benoît qui est qui dans notre assiette (pas évident !) nous entamons notre dégustation. Au final, j'ai adoré la Salers, goûteuse et bien tendre, et bien aimée la Black Angus, elle aussi avec un bon goût de viande et très tendre. Par contre, j'ai trouvé la Charolaise moins savoureuse et un peu ferme.

Il nous restait à conclure par un dessert. Pour mon épouse, ce sera un Paris-Brest sur crème anglaise, un gros Paris-Brest devrais-je dire, bon en goût mais desservi par une présentation qui ne le valorise pas (Cf. Diaporama et le Paris-Brest de Lenôtre). Quant à moi, j'ai fait le choix du Baba au rhum, crème anglaise et ananas frais. En fait, ce Baba est un Savarin. Là aussi, pas de problème au niveau du goût, avec une pâte moelleuse, un rhum bien dosé et des tronçons d'ananas qui apportent une note fraîche et fruitée intéressante. Par contre, sa présentation est elle aussi désavantagée par une pâte qui à l'air d'avoir subit un petit problème à son démoulage (Cf. Diaporama).

Pour les mariages vineux, la carte du Saint-Benoît propose une kyrielle de vins au verre de 12 cl avec 13 vins blancs (de 3 € 20 à 9 € 50), 3 vins rosés (de 3 € 30 à 3 € 90) et 20 vins rouges (de 3 € 20 à 6 € 20). J'ai fait le choix pour notre déjeuner d'un bon Chinon 2015 du domaine de la Noblaie à 4 € 60, bien fruité et légèrement tannique.

Enfin, Frédéric Benoît m'a fait visiter ses cuisines et découvrir un appareil de cuisson très étonnant, le Vario cooking center Multificiency® de Frima qui permet pratiquement de tout préparer grâce à une multitude de programmes; un équipement très pratique pour faciliter et assurer le service des 170 couverts que peut accueillir au maximum les salles du Saint-Benoît de Patricia & Frédéric Benoît et de leur 17 employés.

Le Saint-Benoît

Patricia & Frédéric BENOÎT

8 avenue Paul Prosper Guilhem

ZAC de l'Hoirie

49070 BEAUCOUZÉ

Tél. : 02 41 43 88 69

Email : contact@brasserie-lesaintbenoit.fr

Site web :  brasserie-lesainbenoit.fr

Cette photo est un hommage à mes parents et grands-parents, témoins d'une époque conviviale où dans  un même  lieu se côtoyaient un salon de coiffure, un café et un restaurant !

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