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Octobre 2017

Une grouse et plus, à l'Astrance

A l'issue de notre dernier déjeuner du 24 mars 2015 à l'Astrance, son chef Pascal Barbot m'avait fortement conseillé de revenir chez le voir à la période de la chasse, histoire de déguster sa grouse. Ayant raté cette option en 2016, je ne tenais pas la louper pour 2017. Ce 17 octobre 2017, vers 16 heures, je me suis donc fendu d'un appel téléphonique à ce 3 étoiles atypique afin de retenir une table de 2 couverts pour le 24 octobre. Alors que d'habitude il faut s'armer de patience pour joindre ce restaurant au téléphone, première surprise, une jeune femme, Charlotte Baratier prend mon appel après une attente de moins de 2 minutes ! Deuxième surprise, malgré le faible délais de réservation, il y a encore de la place pour le mardi 24 octobre ! Une seule interrogation subsiste : y aura t'il de la grouse ce jour là ? Heureusement, confirmation m'en sera donnée en rappelant le 20 octobre et nous pourrons même être 4 à en bénéficier ! Je profite également de l'occasion pour signaler que l'Astrance a fait de gros progrès informatiques avec la mise en ligne d'un nouveau site internet un peu plus élaboré que le précédent. Mais il est vrai qu'en la matière, il était plus très difficile de faire plus indigent.

Côté propositions solides, l'Astrance n'a pas changé ses offres pour le déjeuner. Il dispense toujours ses félicités au travers de 3 menus imposés, à savoir le Menu du Déjeuner à 75 € 00, le Menu Saison à 170 € 00 et le Menu Astrance à 250 € 00 (Ce menu est le seul disponible le soir) et toujours sans aucune précision du nombre de plats. Pour nous, ce sera le Saison avec les vins Surprise (dont la quantité n'est toujours pas précisée !), soit 250 € 00 par personne.

Après avoir parcouru la carte des Champagnes, mon attention a été attirée, et ensuite séduite, par des bulles de Dominique Belluard et son Ayse Mont Blanc brut zéro 2012, un vin effervescent ... que je croyais ne pas connaître. Pourtant, je l'avais déjà goûté à l'Amphitryon de Lorient le 13 novembre 2015, mais en millésime 2006. Issu du cépage gringet, cette méthode traditionnelle bénéficie d'un vieillissement sur lattes d'au moins 4 années et le résultat est bluffant et savoureux ! Il a tenu compagnie au premier duo d'amuse-bouche sobrement présenté et exécuté, sans sophistication ni superflus. Composé d'un Sablé au noix, crème de cèpe, caramel au cèpe et d'une Tartelette concombre et crème crue, les saveurs sont là, nettes et précises ... bref, de l'apparente simplicité.

Le second service de mise en bouche ne va pas manquer de nous étonner avec l'arrivée d'un mini Épis de maïs grillé au naturel, une des nombreuses productions légumières d'Arnaud Lasserre, maraîcher bio à Cuffy (18). Là encore, une simplicité apparente, mais en tant que "volatile connaisseur et amateur de maïs", j'ai apprécié sa parfaite cuisson, avec au final un ensemble croquant/fondant du meilleur effet.

Le tempo monte en gamme avec l'arrivée d'un nouveau duo dont je ne puis discerner si nous sommes toujours dans le domaine des amuse-bouche ou si on est déjà engagé dans les entrées. Le premier se compose de Moules façon “Ceviche”, pousses de frisée et fleurs sauvages . Les moules sont déposées sur une délicate fondue d'oignons rouges qui est entourée par une divine sauce ceviche. Sa composition est tout un poème pour épicurien, avec lait de coco, piment/gingembre, agrume et céleri branche. Pour ponctuer le décor, un agencement légumier est délicatement posé sur le dessus; il me fait penser, toute proportion gardée, au fabuleux gargouillou de Michel Bras, mais à la grosse différence ici, c'est que cette préparation n'occulte pas la suite du déjeuner. Le second élément de ce duo est une Petite tuile caramélisée, pomme verte, purée de gingembre, basilic, citronnelle, coriandre, menthe et shiso. C'est arachnéen à souhait et on ne dirait pas non pour bénéficier d'un second !

A peine le temps de nous remettre les papilles à l'endroit que le malicieux serveur nous dépose des Crevettes vapeur, pâte de cacahuète épicée. Ces crustacés (bio et surgelés !)) viennent d'un élevage installé au Mozambique par une société réunionnaise. Elles sont nourries grâce aux phytoplanctons et zooplanctons produits naturellement par l’eau de mer qui circule dans les lagunes et sont connues sous le nom de Black Quwehli. Leur chair est ferme et l'iode qu'elles contiennent et libèrent s'accorde parfaitement avec l'arachide.

Nous l'avions déjà découvert et apprécié il y a 2 ans et nous la retrouvons aujourd'hui, mais cuisinée différemment, je veux parler de la Légine. Poêlée et associé à du miso, du chou et un beurre de brioche, ce plat est plus dans la douceur maîtrisée que dans le titillement des nos petites éminences coniques buccales. Il suscitera des remarques de la part de ma fille Carole, qui a trouvé la légine un peu fade.

J'adore le cochon. Avec la Poitrine de cochon, chorizo cuisiné et jus de cuisson, cèpes et haricots verts, j'ai été particulièrement comblé. Comme me le confiera un peu plus tard Pascal Barbot dans sa cuisine, cette création met en oeuvre pas moins de 4 modes de cuisson (saumure, confit, vapeur et vinaigre) et surtout beaucoup de travail pour parvenir à cette petite merveille "porcinesque" ! Et que dire à propos de cette sublissime soubressade de Majorque sinon de l'associer délicatement en bouche, comme son transfert dans l'assiette, à un morceau de poitrine ! C'est certainement à l'aune de ce genre de plat conçu avec des produits moins nobles qu'on mesure le véritable talent d'un chef.

Quand nous sommes arrivés sur le coup de 11 h 45 devant l'Astrance, où il y avait miraculeusement une place de libre, Pascal Barbot terminait tranquillement son déjeuner sur le pas de porte avec un yaourt (bio) à la main. J'en avais profité pour lui demander si cela serait possible de le filmer en cuisine dans la préparation de sa Grouse. Sans décliner ouvertement ma sujétion, il m'avait déclaré : "Ça risque d'être chaud".  Ma "porcinesque apologie"  (clin d’œil à l'ouvrage de mon ami Jean Weber, préfacé par Périco Légasse et paru en 2012 aux Editions Mines de Rien) était à peine terminée que Christophe Rohat s'est approché de notre table et, alliant le geste à la parole, m'a demandé de le suivre ... en cuisine. Le "chef" m'y attendait et m'accordait ce privilège de le suivre en plein coup de feu et je l'en remercie. Alors plutôt que de décrire le bonheur papillaire éprouvé avec la dégustation de cette Grouse rôtie, cèpes, coings et jus de cuisson, je vous invite plutôt à visualiser la petite séquence qui lui est consacrée. Vous y découvrirez par exemple que les cèpes sont cloutés au laurier selon une technique italienne, que la mousseline de coing est magnifiée par l'ajout de géranium et de safran, et bien d'autres choses, une somme de petits détails qui ont leur importance et qui ne sont pas précisés, dommage, dans la présentation de ce plat à table.

Pour nous faire patienter avant le vrai dessert, nous avons eu droit au "sorbet" classique de la maison, le Sorbet piment/gingembre/citronnelle. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il décoiffe les papilles, avec le piment et le gingembre qui vous titillent mais sans jamais dépasser les imites de l'agressivité brûlante ! 

Si dans la plupart des restaurants étoilés, désormais œuvrent des pâtissiers, j'ai comme l'impression qu'à l'Astrance c'est le cadet de leur soucis !  Pas de finition minutieuse ou sophistiquée, pas d'artifices ostentatoires, Pascal Barbot se limite à développer la meilleur combinaison des arômes et les saveurs possible, quitte à paraître aux yeux de sa clientèle très classique. Et si l'agencement de son Biscuit banane-caramel, neige de poire reste sobre, par contre au niveau subtilité, c'est du solide !

Après cet ultime service, les mignardises elles aussi suivent la ligne directrice de la maison avec des tendres et légères Madeleines au miel de châtaignier, un délicat et savoureux Lait de poule au jasmin présenté dans une coquille d’œuf et des Fruits frais.

Enfin, côté douloureuse, j'ai eu l'agréable surprise de découvrir que l'Ayse de notre apéritif et les cafés (à priori en provenance d'un autre torréfacteur que l'Arbre à Cafés, mais dont je n'ai pas retenu les coordonnées) nous étaient gracieusement offerts. Après tant de béatitudes, nous ne pourrons que revenir un jour à l'Astrance. Quand ? A la prochaine envie ...

Alexandre Jean parti vers des cieux orientaux, depuis le 6 octobre 2015, le nouveau sommelier des lieux est Alejandro Chávarro. Originaire de Colombie, ce jeune homme d'à peine la trentaine présente un sacré cursus. Ecoles hôtelières de Biarritz et de Nice, chef de rang à Murgaritz, sommelier à l'Eden Roc, sommelier chez Senderens (avec le chef Jérôme Banctel), chez David Toutain et au Gabriel où il retrouve Jérôme Banctel (directement entré à 2 étoiles dans le Michelin 2016), pour lequel il conçoit et met en place la carte des vins.

Si au début j'ai éprouvé quelques difficultés à bien saisir son phrasé feutré, l’atmosphère s'est vite détendue au fur et à mesure que j'ai découvert que notre homme jouait dans la même registre que son prédécesseur, mêlant humour à froid (une constante de la maison pour tout son personnel de salle) et professionnalisme. Les 6 accords vineux qu'il nous a concoctés pour ce déjeuner ne souffraient aucune critique. Tous étaient parfaitement adaptés et harmonieusement en phase, notamment le Saumur-Champigny 2005 "La Marginale" de Thierry Germain, à la matière soyeuse et dont la puissance initiale s'est trouvée domestiquée par le temps, un vin qui a fait la nique au Bandol 1998 Château Pradeaux que j'avais apporté pour le tester sur cette Grouse et qui s'est avéré encore trop tannique. 

Rappel des accords vineux conçus par Alejandro Chávarro :

Moules façon “Ceviche”, pousses de frisée ... & Petite tuile caramélisée, pomme verte ... : Mount Horrocks 2015 Riesling d'Australie. J'ai bien découvert le cépage Riesling, avec son arôme typique de pétrole, mais pas le pays !

Crevettes vapeur, pâte de cacahuète épicée : Vin de France 2013 du domaine Guirardel

Légine au miso, chou et beurre de brioche : Savennières 2013 "Fidès" d'Eric Morgat

- Poitrine de cochon, chorizo cuisiné et jus de cuisson, cèpes et haricots verts : Rozas 1er cru 2014

- Grouse rôtie, cèpes, coings et jus de cuisson : Saumur-Champigny 2005 "La Marginale" de Thierry Germain. Mon Bandol 1998 château Pradeaux n'a pas fait le poids !

- Biscuit banane-caramel, neige de poire : Poiré méthode ancestrale 2009 de Jacques Perritaz. A propos de cette excellente boisson aux bulles fines et légères, notre cher voisin suisse est étonnant quand il précise sur son étiquette, juste en-dessous de celle de la mention Poiré, celle de "Cidre mousseux sec" ! Jusqu'à ce jour, pour moi, le Cidre était le résultat de la fermentation d'un jus de pomme et le Poiré, celle d'un jus de poire ... avec dans notre hexagone, une particularité du côté de Domfront, des Calvados distillés à partir du Poiré, dont ceux de Lemorton sont une gourmandise sans fin, avec modération bien sûr ...

J'ai découvert que peu de temps après notre enrichissante rencontre, Alejandro Chávarro s'était déplacé dans l'Aveyron et avait fait escale Au Vieux Pont des sœurs Fagegaltier et de Bruno Rouquier, comme quoi le bon goût est partagé entre gens bien !

 

PS : Un fidèle abonné à ma newsletter, Stéphane Lavauzelle, vient d'attirer mon attention à propos d'un possible déménagement de l'Astrance que Pascal Barbot vient d'évoquer dans une interview reproduit dans le N° 280 du Magazine "Le Chef" de novembre. Je vous livre sa réponse, qui reste plutôt vague quant à sa destination éventuelle :

 

Comment envisagez-vous l'avenir de votre profession d’ici 20 ans ?
Je suis optimiste ! Mais il faut se bouger, il n’y a pas de secret. En revanche, je me pose des questions sur d’autres sujets. Par exemple, nous cherchons, avec mon associé Christophe Rohat, à déménager depuis plus de deux ans. Nous nous sentons vraiment à l’étroit avec la salle de restaurant de 120 m2, la cuisine de 10m2 et nos trois caves qui ne sont pas attenantes. Pour notre projet, nous avons rencontré des élus, mais n’avons jamais obtenu de réponses. Ajoutez à cela le fait qu’il devient tout simplement quasi impossible de circuler dans Paris avec les embouteillages et vous obtenez la situation actuelle. C’est-à-dire la difficulté de s’installer pour les chefs et celle de livrer pour les artisans qui nous fournissent.

 

Propos recueillis par Mélanie Carpentier

L'Astrance

Chef et propriétaire : Pascal BARBOT - Directeur de salle et propriétaire : Christophe ROHAT

Sommelier : Alejandro CHÁVARRO

4 rue Beethoven

75016 PARIS

Tél. : 01 40 50 84 40

Email : astrancebureau@gmail.com

Site web : www.astrancerestaurant.com

Yohan Lastre, toujours aussi solaire dans la constellation charcutière

Dès que nous monterons sur la capitale, cette adresse va pratiquement devenir une escale incontournable. Ce 24 octobre 2017, c'était donc une journée placée sous le signe "astral", avec naturellement au programme Lastre ... sans apostrophe, mais aussi dans la foulée le 3 étoiles atypique, l'Astrance.

Si ce qui fait le charme et l'attrait de la "charcuterie" de Yohan Lastre et de Marion Sonier ce sont ses divins Pâtés en croûte, il ne faut pas négliger ses autres préparations toutes aussi méritantes comme le Chou farci cochon, canard, foie gras, ris de veau et truffe, le Pithiviers gibier et foie gras, le Biscuit de Savoie, la Quiche lorraine, ou encore le Kougloff dont les régulières parutions imagées sur leur compte Facebook sont autant de tortures papillaires. Pour en attester, il suffit de visionner les photos jointes ci-dessous à mon diaporama.

Après avoir fait le tour des propositions du jour, nous sommes repartis avec 2 grosses tranches de Pâtés en croûte (Poulet/citron/estragon et Gibier/noisette), une belle tranche de Pâté forestier ainsi qu'une épaisse part de Quiche lorraine. Tout était savoureusement bon, avec une mention spéciale pour la délicieuse Quiche lorraine. Et merci encore à Marion Sonier, la compagne de Yohan, pour sa remise gracieuse d'une part de beurre maison.

 

PS : Michel, histoire d'agrémenter un de tes WE à Vendôme, fait donc le détour par cette boutique, Annie et Louis t'en seront reconnaissants ...

Lastre sans apostrophe

Yohan LASTRE & Marion SONIER - Second : Florian LEMASSON

188 rue de Grenelle

75007 PARIS

Tél. : 01 40 60 70 27

Facebook : www.facebook.com/search/top/?q=lastre%20sans%20apostrophe

Ouvert du mardi au vendredi de 10 h 00 à 14 h 30 et de 16 h 00 à 20 h 00 ainsi que le samedi de 10 h 00 à 20 h 00

Olivier Beurné va succéder à Jean-Paul Abadie

Je disposais de l'info depuis quelques mois, mais à l'inverse d'un Olivier Marie qui ne sait pas tenir sa langue (arrivée des Hénaff aux Sables Blancs), j'ai attendu qu'Anthony Rauld (avec un "d" à la fin et non un "t" !) l'actuel génial et compétent sommelier de l'Amphitryon, me donne le feu vert pour la publier. Ce sera donc finalement le 11 décembre 2017, et notre table est déjà réservée, que ce restaurant va changer de mains. Il sera piloté par un duo de choc, Anthony Rauld et Olivier Beurné, un cuisinier discret natif de la Haute-Marne, passé notamment chez Marc Meneau, et qui officiait depuis 15 ans dans les cuisines étoilées du Château de Locguénolé. Longue vie et bon vent à eux deux et à leur équipe !

L'Amphitryon

A compter du 11 décembre 2017 :

Chef : Olivier BEURNÉ - Sommelier : Anthony RAULD

127 rue du Colonel Müller

56100 LORIENT

Tél. : 02 97 83 34 04

Site web : www.amphitryon-abadie.com

Du nouveau après ma réclamation sur le Camembert Lepetit

Le 26 janvier dernier, j'adressais à la DDPP de la Manche un courriel pour m'étonner notamment de la mention "Fabriqué en Normandie" présente et mise en avant par Lepetit sur les étiquettes de ses Camemberts pour mieux les valoriser et les vendre. N'ayant aucune nouvelle de ce service de l'état depuis 7 mois, et me rappelant des objectifs fixés par la nouvelle Charte Marianne, j'ai donc relancé cette administration locale le 29 octobre avec le courriel suivant :

 

Bonsoir,

Il y a maintenant presque 7 mois, vous m'avez adressé la réponse ci-dessous à mon courriel du 26 janvier 2017 concernant l'étiquetage trompeur des Camemberts Lepetit.

Je m'étonne qu'après ce long délai (A ce propos, on s'éloigne fortement des objectifs de la Nouvelle Charte Marianne !), je n'ai toujours pas obtenu de réponse de votre part à ce dossier, d'autant que celui-ci me semble relativement simple à solutionner, compte tenu notamment de l'avis rendu par l'EU (Cf. Pièce jointe).

 

Cordialement,

Jean-Pierre POULET

 

Et voici leur réponse dans la foulée :

 

Bonjour Monsieur,

En réponse à votre message de ce jour, je vous précise que l'administration centrale n'a pas fait savoir sa position à ce jour. Je la relance par le biais de la DIRECCTE.

-- 

Laurent Dupont

Directeur départemental adjoint de la protection des populations

 

La rapidité avec laquelle l'Administration Centrale de la DGCCRF tarde à se prononcer fait peur, ce qui a inspiré à Périco Légasse cette réflexion "Ils veulent esquiver" !

Avec la vitesse à laquelle ce train décisionnel avance, même les sénateurs sont battus ! Il est vrai que l'affaire implique Lepetit, donc Lactalis ! Comme quoi la formule de Jean de La Fontaine, "Selon que serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" est toujours d’actualité !

 

Mais il vient d'y avoir du nouveau du côté du bras de fer qui opposent depuis 20 ans l'AOC Camembert de Normandie à Lactalis et ses comparses ! Le 17 novembre 2017, Europe 1 donnait en effet l'information suivante :

 

"Camembert de Normandie" au lait cru ou camembert industriel "fabriqué en Normandie" ? Les consommateurs ont bien du mal à s'y retrouver. À l'arrivée, ce sont les petits producteurs qui trinquent.

La guerre du camembert va-t-elle enfin trouver son épilogue ? Après quinze ans de combat entre les petits producteurs et leur AOP "de Normandie", et les géants mondiaux comme Lactalis vendant des camemberts "fabriqués en Normandie", une première réunion de conciliation, programmée la semaine prochaine en présence de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), pourrait aboutir à un accord.

 

"Entre ces deux produits, c'est le jour et la nuit"

Derrière l'étiquette "Camembert de Normandie", une appellation d'origine protégée, se cache un mode de production bien spécifique : du lait cru, provenant de vaches normandes nourries à l'herbe. Rien à voir avec les camemberts industriels au lait pasteurisé. Problème : ces boîtes indiquent "Fabriqué en Normandie". Or, les consommateurs ne s'y retrouvent pas. "C'est le jour et la nuit entre ces deux produits. Pourtant, en termes d'étiquetage, c'est quasiment la même chose. L'administration n'a pas fait son travail, ce qui est absolument incroyable", dénonce Patrick Mercier, président du Camembert de Normandie, au micro d'Europe 1.

 

"Une situation parfaitement illégale".

Pour Véronique Richez-Lerouge, présidente de l'association Fromages de terroir, il s'agit, ni plus ni moins, d'un cas de concurrence déloyale. "Un camembert industriel peut être fait à peu près n'importe comment. On ne sait pas d'où vient le lait. Ces camemberts ne devraient pas utiliser le terme 'Normandie'", s'indigne-t-elle. "C'est une situation parfaitement illégale depuis plus de 20 ans. Si on continue à laisser faire, ça peut arriver dans le secteur du vin. C'est trop facile, on utilise n'importe quels dénomination géographique et label, et on vend moins cher un produit qui ne répond pas à un cahier des charges."

Si les industriels ne retirent pas le "Fabriqué en Normandie" de leurs étiquettes, les petits producteurs menacent de "saisir la justice".

Le Casse-Cailloux a changé de mains, et des bonnes

Depuis juillet dernier, Elodie et Mathieu Laurendeau sont désormais les nouveaux propriétaires de ce bistrot gourmand situé un peu à l'écart du Tours économique. Ils succèdent ainsi à Patricia et Hervé Charbonneau qui l'avaient créé en 2009, après leur succès connu et reconnu aux Linottes Gourmandes (repris en 2013 par Pauline Teston-Unger et qui  vient de mettre la clé sous la porte à la mi-juillet 2017). Après 2 mois de travaux, le Casse-Cailloux a repris du service le 28 août. Les bons restaurants ouverts le lundi n'étant pas légion sur Tours, ce Casse-Cailloux nouvelle formule tombait à pic !

Un bar est installé à droite en entrant et la salle, a priori, a fait l'objet d'un rafraîchissement de bon aloi. Elodie Laurandeau a notamment travaillé au Château d'Artigny, et Mathieu, son mari, a fait ses classes à la Chope, une brasserie "Belle-époque" de l'avenue de Grammont ouverte en 1902.

Côté des propositions solides, les formules qui ont fait le succès de cet établissement sont toujours à l'affiche et se déclinent sur des grandes ardoises. C'est celle à 31 € 00 avec entrée (4 choix), plat (3 choix) et dessert (4 choix) que nous avons sélectionnée. 

Après une sympathique patience dont je n'ai pas noté l'intitulée, mon déjeuner commence par un  Boudin noir aux pommes revisité. J'appréhende le terme revisité, et souvent, je me dis que certains cuisiniers feraient mieux de visiter d'abord la spécialité qu'ils proposent avant de la proposer revisitée. Ici, pas de problème, le jeune chef a du talent et sa "relecture" est originale et délicieuse, avec au final un ensemble bien assaisonné et harmonieux. Je poursuis mon aventure avec un pimpant Onglet d'Angus au jus corsé, guacamole d'avocat grillé. La viande est très tendre et ne roule pas sous les dents, un des bons points de ce plat. Celui de son accompagnement, bien épicé et équilibré en est un autre. Pour conclure, ce sera une bonne Tarte Tatin, glace caramel beurre salé dont la présence de la fraise en décor est superfétatoire, la qualité intrinsèque de ce dessert se suffisant à elle-même.

Mon épouse a fait le choix d'une savoureuse Salade de rillons au porc fermier et œuf poché, d'un tendre Suprême de pintade au foie gras, mousseline de panais et champignons, et d'une bonne Salade de fruits frais, semoule au lait, tonka. Si ce dessert ne suscite aucune remarque gustative, par contre, au niveau de sa présentation (Cf. photo dans le diaporama ci-dessous), il y a encore un petit effort à faire pour le hisser au bon niveau d'ensemble de la prestation servie à l'occasion de notre  déjeuner.

Pour emplir les verres, la souriante et charmante Elodie Laurendeau dispose d'une carte suffisamment étoffée pour satisfaire sa clientèle. Cerise sur le gâteau, les prix pratiqués sont abordables, avec par exemple l'excellent Noble-Joué des frères Rousseau à moins de 20 € 00 ou le non moins délicieux Chinon 2016 Tradition de Philippe Alliet à 31 € 00. Notre choix s'est porté sur la solution du vin au verre (4 blancs et 4 rouges à 5 € 00 les 12 cl). J'ai ainsi fait la découverte d'un très bon Côte du Lot IGP issu de pur Malbec, un breuvage suave et légèrement tannique qui a tenu bonne compagnie à mon boudin et à ma viande; mon épouse a bien apprécié le Touraine 2015 "Le Bois Jacou" de JF Mérieau (vin non bio) dont le cépage gamay, gouleyant et fruité, mais qui mériterait d'être servi un peu plus frais. Rappelons que le terme chambré remonte à une époque où la température de la pièce n'était pas comme de nos jours à 20°, voir plus !

Au niveau de l'information du consommateur,  je conseillerais Elodie Laurendeau de mettre en évidence l'origine de sa viande, surtout si comme ce 14 octobre, elle est française. Quant aux jus de fruits proposés, il lui faudra retirer de cette rubrique l'abricot qui est, soulignons-le, un nectar de fruits (donc une purée de fruits dans laquelle on rajoute de l'eau et du sucre) et non un jus de fruits.

En résumé, Elodie & Mathieu Laurandeau, s'ils maintiennent ce cap, sont sur la bonne voie pour garder le Bib gourmand qu'avaient directement décroché leurs prédécesseurs en 2010, même si sur sur l'agglomération tourangelle, Michelin est parfois difficile à suivre, dans ses choix et dans ses distinctions !

Casse-Cailloux

Elodie & Mathieu LAURENDEAU

26 rue Jehan Fouquet

37000 TOURS

Tél. : 02 47 61 60 64

Site web : www.facebook.com/laurendeau37

Fermé mercredi midi, samedi soir et dimanche

Chambord et ses jardins à la française

Ouverts au public le 20 mars 2017, les "jardins à la française" de Chambord ont certainement battu un record de durée de leur mise en œuvre ! En effet, il aura fallu seulement 5 mois pour planter 600 arbres, 800 arbustes, 200 rosiers et 15 250 plantes délimitant les bordures, sans oublier les 18 874 m² de pelouses ! Un bien bel exploit, qui donne désormais toute sa vénusté à ce château dont la construction a commencé en 1519 sous François 1er (après la mort de Léonard de Vinci) et s'est terminée sous Louis XIV en 1685 !

Nous avions pu observer et grandement apprécier le 31 décembre 2016 l'état d'avancement de ces grandioses travaux d'aménagement. Alors, quand nous avons appris qu'à l'initiative du Conseil départemental, les Loir-et-Chériens pouvaient visiter gratuitement le château de Chambord et ses Jardins à la Française entre le 16 septembre et le 15 octobre 2017, nous n'avons pas hésiter à faire le déplacement ce mercredi 4 octobre.

Les visites incontournables du château de Chambord

 

L'escalier à doubles révolutions

Le grand escalier est à lui seul un monument qui fascine depuis toujours les visiteurs de Chambord. Il est constitué de deus rampes jumelles s'enroulant l'une au-dessus de l'autre autour d'un noyau creux et ajouré. Si d'aventure deux personnes empruntent une rampe différente, elles se voient par les ouvertures tout au long de la montée ... mais ne se rencontrent jamais ! Une expérience architecturale à ne pas manquer. 

 

Les appartements meublés du 1er étage

Le premier étage du château présente de nombreux appartements meublés : logis de François Ier dans l'aile royale, chambre du XVIIème siècle, appartements de parade ou d'invités du XVIIIème dans le donjon. Leur riche décor et leur ameublement en constant enrichissement permettent de comprendre l'histoire de Chambord et l'évolution de ses aménagements intérieurs de la Renaissance à la Révolution. 

 

Les salles voûtées du 2ème étage

Au deuxième étage du donjon, les quatre salles de circulation disposées autour du grand escalier sont couvertes d'impressionnantes voûtes à caissons. Faisant figure d'arcs de triomphe à l'antique, elles sont entièrement consacrées aux emblèmes de François Ier. Salamandres et "F" couronnés sculptés y alternent en effet par centaines pour glorifier le roi bâtisseur de Chambord et illustrer le génie architectural de la Renaissance.

 

Les terrasses

Point d'aboutissement du grand escalier au sommet du donjon, les terrasses offrent un vaste espace de promenade et un point de vue panoramique sur le parc et les jardins alentour. Elles nous plongent également au milieu du spectacle foisonnant des multiples souches de cheminées, lucarnes et tourelles d'escalier qui hérissent les hautes toitures du château et lui donnent sa silhouette unique. Au centre de cet ensemble s'élève également la tour lanterne, dont le sommet dresse vers le ciel une fleur de lys royale.

 

Source commentaire : Notice de visite Château de Chambord 

Château de Chambord

41250 CHAMBORD

Tél. : 02 54 50 40 00

Site : www.chambord.org/fr

Retour à Versailles pour ses Grandes Eaux Musicales et son Petit et Grand Trianon

Tous les samedis et dimanches, du 1er avril au 29 octobre, et tous les mardis du 23 mai au 27 juin, les visiteurs du Château de Versailles peuvent assister à la mise en eau des fontaines et des bassins situés dans les jardins et bosquets des lieux, au rythme d'une musique baroque. Le prix de cette prestation est fixée à 9 € 50, un tarif justifié au vu de la très grande qualité du spectacle offert à vos yeux et vos oreilles (Cf. vidéo à la fin des commentaires). Par contre, là où le bât blesse, c'est au niveau de la réservation des billets par le site internet, avec plus d'une heure passée devant l'écran pour parvenir à mes fins. Idem pour les horaires de programmation des Grandes Eaux Musicales. Pour vous en convaincre, ou non, je vous invite à consulter l'encarté récapitulatif intégré dans le programme remis à l'entrée et reproduit dans le diaporama ci-dessous. J'ai bien essayé de le comprendre et de l'assimiler, mais après plus d'une heure de mise en exercice de mes neurones et malgré un appel téléphonique au service concerné agrémenté d'une sérieuse prise de tête, j'y ai renoncé ! Je m'en suis remis à mon instinct et ça c'est plutôt bien passé.

Les bosquets du Château de Versailles, ont été imaginés par André Le Nôtre. Ce sont des petits espaces clos dissimulés (et parfois très bien dissimulés par les "très hauts charmes" qui les entourent) au cœur du jardin boisé du Château. Au total, on en dénombre 15. Ils sont décorés de fontaines, de vases et de statues (des reproductions, comme celle superbe de Milo de Crotone). On y accède par des allées discrètes qui apportent surprise et fantaisie à l'intérieur de ce jardin Royal. Le Roi Soleil et sa cour avaient l'habitude de s'y rendre pour faire collation, écouter de la musique voir danser. Louis XIV pouvait ainsi satisfaire son goût du jeu et du spectacle dans ces véritables salons de plein air réservés à la fête et au divertissement.

Côté chiffres pour 2017, les  grandes eaux musicales de Versailles, ce sont 72 représentations et une équipe de 13 fontainiers qui grâce à 35 kms de canalisations hydrauliques envoient chaque heure 4500 m3 d'eau dans 55 bassins et fontaines, pour alimenter 600 jeux d'eau. Quant aux jardins, ils s'étendent sur 77 hectares dans un parc qui en compte 850. On dénombre 700 topiaires (art de tailler les arbres et les arbustes pour obtenir des formes variées, géométriques ou autres)  et 300 000 fleurs y sont plantées chaque année. Côté bosquets 15 sont exceptionnellement ouverts et le décor de l'ensemble est assuré par 155 statues et 235 vases.

 

Source commentaire : site web et dépliants publicitaires du domaine de Versailles.

Quelques explications à propos de certains bassins et bosquets :

 

La Grande perspective

C'est toute la ville de Versailles qui, d'est en ouest, est parcourue par un axe majeur reliant le domaine royal à la capitale parisienne. Dans le parc du château, du Parterre d'eau au Grand Canal, en passant par le Parterre de Latone, le Tapis Vert et le Bassin du Char d'Apollon, la traversée percée par André Le Nôtre dès les années 1660 prit le nom de Grande Perspective.

 

Le Bassin de Latone

La statuaire de ce bassin restauré illustre la légende de la mère de Diane et d'Apollon protégeant ses enfants contre les injures des paysans de Lycie et demandant à Jupiter (le vrai !) de la venger en les transformant en grenouilles. Entouré par les bassins des Lézards, le Bassin Latone a été creusé sous Louis XIII et modifié par Jules-Hardouin Mansart entre 1687 et 1689.

 

Le Bassin du miroir

Louis XIV commanda ce bassin en 1702. Dans l'esprit des fontaines de Le Nôtre, mais avec les moyens techniques modernes d'aujourd'hui, les jeux d'eau musicaux sont rythmés à la seconde près par les œuvres de Marc-Antoine Charpentier et Jean-Baptiste Lully. C'est le bassin en action qu'il ne faut pas manquer, avec celui de Latone.

 

Le Bosquet du Théâtre d'Eau

Conçu par André Le Nôtre entre 1671 et 1674, la restauration en 2015 de ce bosquet a été confiée au paysagiste Louis Benech pour le jardin contemporain et à l'artiste Jean-Michel Othoniel pour les avant-gardistes sculptures-fontaines, qui peuvent dérouter les puristes. 

Profiter de ce passage pour faire le petit détour par le magnifique et resplendissant Bassin des Enfants Dorés créé en 1709 par Jules-Hardouin Mansart. Il vient de rouvrir en 2017.

 

Source commentaire : site web et dépliants publicitaires du domaine de Versailles.

Le Petit Trianon

Pavillon d'agrément  élevé de 1762 à 1768 par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du Roi, et décoré par le sculpteur Honoré Guibert, le Petit Trianon fut conçu pour l'usage privé de Louis XV et de la marquise de Pompadour.

Il se situe au centre d'un "Jardin de plantes" constitué à partir de 1750 par les jardiniers Richard père & fils, et le botaniste Bernard de Jussieu. Il fut inauguré en juin 1769 en présence de la comtesse du Barry. Louis XVI l'offrit en 1774 à Marie-Antoinette qui en fit son lieu de séjour privilégié, transformant une grande partie du jardin en parc à l'anglaise avec des fabriques et un hameau construits par Richard Mique.

Remeublé sous l'empire pour Pauline Borghèse, sous Napoléon, puis pour l'Impératrice Marie-Louise, il fut occupé ensuite par le duc d'Orléans, fils ainé du roi Louis-Philippe, et par son épouse. Il a accueilli en 1867 une exposition sur Marie-Antoinette, organisée par l'Impératrice Eugénie. Restauré en 2008 grâce au mécénat de la société Montres Breguet SA, il est désormais entièrement visitable (entresol et attique sur visite commentée uniquement).

  

Le Grand Trianon

Le Grand Trianon a été édifié par Jules Hardouin-Mansart en 1687 sur l’emplacement du "Trianon de Porcelaine" que Louis XIV avait fait construire en 1670 pour y fuir les fastes de la Cour et y abriter ses amours avec Mme de Montespan. Le Grand Trianon est sans doute l’ensemble de bâtiments le plus raffiné de tout le domaine de Versailles.

"Petit palais de marbre rose et de porphyre avec des jardins délicieux", selon la description de Jules Hardouin-Mansart qui respecte à la lettre les indications d’un Louis XIV qui a suivi la construction de très près, au point de décider lui-même de la construction du Péristyle.

Très influencé par l’architecture italienne, ce palais s’étend sur un seul niveau, placé entre cour et jardin, recouvert d’un toit plat, dissimulé par une balustrade, autrefois agrémentée de groupes d’enfants, de vases, de figures sculptées. Un historien de l’architecture a souligné avec une grande justesse l’originalité du bâtiment en écrivant que "l’élévation est d’une orangerie, le plan d’un terrier et le matériau d’une maison royale".

Renommé pour ses jardins réguliers, "rempli de toutes sortes de fleurs d’orangers et d’arbrisseaux verts", rapporte Félibien, le Trianon de marbre est environné, dès sa construction, de parterres et de terrasses ornés de plusieurs dizaines de milliers de fleurs les plus odorantes. Enterrées en pots afin de pouvoir être changées tous les jours et créer ainsi un spectacle fleuri et embaumé, ces plantes offrent un décor vivant qui anime la perfection de cette architecture tout entière ouverte sur les jardins.

Occupé par Louis XIV qui y accueille sa famille, le Grand Trianon est ensuite fréquenté par Marie Leszczynska qui y réside à la belle saison et y loge son père Stanislas lorsque celui-ci vient en visite à VersaillesMarie-Antoinette lui préfère le séjour Petit Trianon que lui avait offerte Louis XVINapoléon Ier, après en avoir ordonné la restauration, y a fait quelques séjours.

En 1963, le général De Gaulle a pris l’initiative de remettre en état les lieux pour y accueillir les hôtes de la République et y organiser dans l’Aile nord dite de "Trianon-sous-bois", une résidence présidentielle.

 

Source commentaire : site web et dépliants publicitaires du domaine de Versailles.

Le Hameau de la Reine

Le Hameau de la Reine a été construit pour Marie-Antoinette, entre 1783 et 1787, sur une idée du peintre Hubert Robert, puis réalisé et décoré par l’architecte Richard Mique. Il comprend à l’origine une douzaine de maisons à l’apparence extérieure pittoresque et champêtre en contraste avec un décor intérieur sophistiqué. Quatre maisons sont réservées à l’usage de la Reine et de ses invités : la Maison de la Reine, le Boudoir, le Moulin et la Laiterie de Propreté, les autres étant dévolues à l’occupation paysanne ou au service.

La  restauration de ces lieux devenait urgente, en raison de la vétusté des aménagements intérieurs et extérieurs de cet ensemble, qui ne pouvait pas, jusqu’à présent, être ouvert au public

Le programme qui est engagé actuellement porte à la fois sur un assainissement des ouvrages et une restauration complète des structures maçonnées, des charpentes et des couvertures. Les structures seront consolidées pour permettre des visites guidées; les sols, menuiseries et peintures seront repris selon leurs dispositions précisées par les mémoires de travaux du XVIIIème siècle, ou selon l’aménagement effectué au début du XIXème siècle pour l’impératrice Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier qui occupait alors les lieux.

La restauration des décors intérieurs et le remeublement des pièces principales de la Maison de la Reine représentent un des éléments majeurs de cette opération.

La restauration du Réchauffoir, réalisée en parallèle, abrite une grande cuisine et un ensemble de petites pièces de service (garde-manger, argenterie, dressoir, lavoir). Elle était utilisée pour la préparation des repas servis dans la salle à manger de la Maison de la Reine, attenante.

La recomposition des jardins et abords de ces fabriques parachèvera l’opération, en rétablissant les dispositions paysagères du Hameau de la fin du XVIIIème siècle.

La restauration du hameau est réalisée grâce au mécénat de Dior.

Elles auront lieu jusqu'en 2018.

La visite du Domaine de Trianon est facturé 12 € 00, une somme un peu élevée par rapport au spectacle des Grandes eaux musicales. Mais c'est vrai que les mesures de sécurité pour les accès au Petit et Grand Trianon nécessite la présence de personnel de surveillance et des investissements au niveau portiques électroniques. Enfin, si vous ne souhaitez pas trop marcher, surtout si le matin, comme nous, vous avez vu les Grandes eaux musicales, il vous faudra compter 6 € 00 de frais de parking, dont aucune info n'est donnée sur le site de Versailles, pour franchir la porte Saint-Antoine et accéder à celui tout proche du Grand Trianon.

A ce propos, si les fonctionnaires-dirigeants de Versailles pouvaient à cette occasion mettre en place une vraie signalisation qui permette aux visiteurs de mieux se repérer dans le dédale des allées champêtres autrement que par rapport à l'astre solaire, ce serait une heureuse initiative, car tout le monde n'a pas la chance de disposer d'un guide. Autre sujet de mécontentement celui des passeports à 20 et 27 € 00 qui sont proposés qui donnent accès à tout le domaine. Prudence dans leur acquisition et réfléchissez bien si vous aurez le temps de tout faire ! A titre d'info, la visite des 2 Trianon et des Spectacles d'eau revient à 21 € 50 par personne (auquel il faudra ajouter les frais de stationnement particulièrement élevé devant le château). Le seul passeport qui me semble valable est celui à 50 ou 80 € 00, suivant que vous êtes seul ou accompagné, qui accorde un accès gratuit à un maximum de spectacles et accorde quelques privilèges pendant un an, à condition bien sûr d'habiter pas trop loin.

Etablissement public du Musée et du Domaine National de Versailles

Place d'Armes

RP 834

78008 VERSAILLES

Information et réservation au 01 30 83 78 00

Site web : www.chateauversailles.fr

La biscuiterie, caramélerie et confiturerie Brieuc d'Yffiniac

Quand on circule sur la N12, quel qu’en soit le sens, on ne peut pas manquer cette biscuiterie ! En effet, son bâtiment de plus de 1800 m2 à l'enseigne Brieuc et à la couleur dominante blanc crème, porte sur sa façade une dénomination suffisamment visible et lisible de loin : "Biscuiterie - Caramélerie - Confiturerie".

Si j'ai bien tout compris (pas facile de s'y repérer dans les différentes dénominations de vente !), c'est en 2000 qu'a commencé l'histoire et l'aventure biscuitière de cette maison, sous l'enseigne Graine d'Envie. Elle s'installe à Saint-Brieuc, rue Buffon, dans un ancien local de Stalaven, une entreprise spécialisée dans les plats préparés et la charcuterie. L'objectif est simple, faire des gourmandises bio à partir de bons produits locaux. Six années plus tard, le succès de leur production aidant, une nouvelle marque est créée, la Biscuiterie Saint-Brieuc. Mais les locaux deviennent trop petits et le bail arrive à échéance en 2014, bref il est grand temps que la petite entreprise grandisse et s'implante ailleurs. Nous sommes en 2012 et le hasard veut que l'entreprise Stalaven change de mains en tombant dans celles du groupe Euralis. Son PDG, Thierry Meuriot, petit-fils de Jean Satalaven (son fondateur en 1945) ne partage pas la stratégie d'Euralis. Il  quitte le navire avec 2 collègues et amis, Éric Vautrin et Pierre Collet. Ensemble, ils rachètent la petite biscuiterie (alors dirigée par l'ex épouse de Thierry Meuriot !) pour laquelle ils ne manquent pas d'ambitions et de projets.

Après l'ouverture fin 2014 d'une usine-boutique à Yffiniac, sous l'enseigne Brieuc (cachez le Saint qu'on ne veut plus voir !), fin 2016 les objectifs envisagés sont au rendez-vous avec une gamme de produits portée à 200 références, 22 emplois créés en CDI, 6 boutiques ouvertes et un chiffre d'affaires qui est passé de 2 à 3,7 millions d'euros.

Si la ville d'Yffiniac était seulement connue pour son Blaireau, autrement dit Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, notre trio de dirigeants compte bien que leurs 3 activités de biscuiterie, caramelerie et confiturerie, inciteront désormais les gourmands de passage à faire le crochet nécessaire pour découvrir la nouvelle richesse d'Yffiniac, la biscuiterie Brieuc !

Les produits maison en vente dans cette boutique sont élaborés manuellement sur place à partir d'un maximum d'ingrédients locaux et sont surtout sans colorants, sans arômes artificiels, ni conservateurs. Après avoir fait le tour de la boutique, nous avons fait provision de Sablés, de Palets, de Kouign-amann, minis et normaux ... Leur dégustation a été à la hauteur de nos attentes, même si pour ma part j'aurais préféré que les Palets soient un peu moins compacts ! Mais au moins ici, compte tenu des prix pratiqués, on n'est pas déçu ... comme on pourrait l'être par exemple chez Larnicol à Saint-Brieuc, n'est-ce pas Julien !

Biscuiterie - Caramélerie - Confiturerie Brieuc

Président : Thierry MEURIOT

Directeur industriel : Pierre COLLET - Directeur commercial : Eric VAUTRIN

Terre et Soleil

5 rue du Verger

22120 YFFINIAC

Tél. : 02 96 77 04 49

Fax : 02 96 77 04 51

Email : terreetsoleil2@wanadoo.fr

Site web : www.brieuc.bzh

Ouvert le lundi de 9 h 15 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h 00, du mardi au vendredi de 9 h 15 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 19 h 00 et le samedi de 10 h 00 à 12 h 300 et de 14 h 30 à 19 h 00

L'Auberge des Glazicks, en route vers les 3 étoiles ?

Quatre menus (à 58, 95 115 et 225 €), tous de compositions différentes, auxquels s'ajoutent une courte carte rassemblant 3 entrées, 2 légumes, 2 poissons, 2 viandes, 2 produits laitiers et 4 desserts, voilà toutes les friandes félicités que proposent Olivier Bellin et son équipe à l'Auberge des Glazicks, le restaurant doublement étoilé du bout du monde. A propos de l'échelle tarifaire des menus, je trouve que l'écart de 110 € 00 entre les dénommés Plaisir et Passion est trop important, d'autant que pour ce dernier, il ne comprend pas le Chariot de fromages comptabilisé contre un supplément de 15 € 00. C'est un choix certes, mais pour le client qui se présente ici pour la première fois, on passe quand même au niveau budget pratiquement du simple au double.

Passées ces considérations bassement matérielles, venons-en maintenant à notre déjeuner du 8 septembre 2017. Après un rapide parcours des propositions précitées, c'est finalement comme l'année précédente, le menu Plaisir à 115 € 00 qui nous a semblé le plus représentatif de la cuisine distillée par Olivier Bellin.

Après une coupe de Champagne Esprit nature d'Henri Giraud, à 20 € 00 les 12 cl 5 (j'aime bien ce soucis de la précision exhaustive du demi centilitre !), notre festival des papilles commence par un admirable quatuor d'amuse-bouche, à savoir : Pomme de terre et graisse salée - Yaourt de tomates, pollen de fleurs -Tartelette légumière, haricot et algues - Pomme de terre soufflé, jus d’huître. Nous poursuivons avec des toutes simples mais délicieuses Crevettes au beurre demi-sel, suivi d'un exceptionnel, visuellement et gustativement, Crémeux de chou-fleur, glace au parmesan et jus à l'encre de seiche tiédi, et feuille de mer.

Et maintenant voici les plats se sont enchainés après ce départ en fanfare :

- Langoustines du Guilvinec, crémeux de boudin noir, pousses d'épinard au gingembre et gavotte. On nage dans la pure association terre/mer très chère aux cuisiniers bretons. Les balèzes langoustines sont cuites tip top, avec une petite caramélisation qui fait bon ménage avec le boudin noir, complétées d'une ultra fine gavotte qui apporte un kraz opportun.

- Déclinaison autour de l'oignon, en pétales confits au gros sel, en purée très légère et en émulsion; Ce plat n'était pas prévu au menu, mais cette création récente ayant été très appréciée par Michael Ellis, le patron du guide rouge, Olivier Bellin tenait à me la faire découvrir. Si j'ai été surpris par sa présentation quelque peu éthérée, par contre en bouche, c'est de l'exceptionnel. Arriver à ce point à sublimer un produit somme toute très basique et peu utilisé dans les hautes sphères culinaires, ça relève de l'exploit !

- Homard brioche, condiment pomme/pamplemousse, voile de tête de cochon, beignet de homard et pâte de citron. Encore une belle association terre et mer dont toutes les composantes sont réfléchies pour parvenir à ce merveilleux résultat.

- Oeuf sarazin, fine crêpe de sarazin et lait ribot. C'est vrai que si on ne connait pas le sarazin, l'Auberge des Glazicks est à coup sûr la meilleure table pour vous le faire apprécier, notamment avec cette préparation, toute en finesse et en délicatesse.

- Barbue, beurre vert garni de légumes verts et eau de tomates montée au beurre. Une fois passée le côté flashy du vert et si le poisson manquait un poil de cuisson optimale, par contre l'ensemble, une fois encore était remarquablement équilibré et assaisonné. Rien n'est resté dans l'assiette !

- Chariot de fromages. Toujours présentés sur ce magnifique SchönhuberFranchila déclinaison de la dizaine de fromages mériterait d'être plus détaillée afin de faire le point sur ceux au lait pasteurisé, comme le Timanoix, et ceux au lait cru, comme le Maroilles, qui en plus était peut-être fermier ... Et puis, erreur à ne pas renouveler, celle de présenter au client un pain au cacao pétri et cuit spécialement pour les fromages bleus ... quand ceux-ci ne sont pas présents sur le plateau !

- Pour le pré-dessert, deux choix sont possibles. Histoire d'inverser par rapport à notre dernière escale de novembre 2016, j'ai pris le Gros lait à la fleur de blé noir et son miel de lierre, auquel s'ajoute désormais, pour le croquant, des graines de sarazin, et mon épouse s'est tournée vers la Texture de sarazin. A propos du Gros lait, je lui ai trouvé une trop forte amertume, certainement due à une torréfaction du blé noir trop appuyée. Je pense qu'avec les 5 kg de blé noir breton que j'ai donné à Olivier Bellin (Cf. vidéo intégrale), il y a là une voie pour améliorer la pertinence de ce pré-dessert.

- Fraises en coque, mousse de verveine et fraise confite, sorbet fraise, crème fermière et jus frappé de fruits rouges. Pour avoir assister à son montage en cuisine, il y a un joli et gros travail dans l'assiette récompensés par un bonheur pâtissier à le déguster. Je ne l'avais pas remarqué sur le moment

Au niveau des 3 mignardises, dont nous n'avons pas eu le détail, je pense qu'il y avait un macaron, un chou et une tartelette mettant en scène la fraise, une béatitude de douceurs !

Et puis, pour conclure cet esprit amical et convivial qui règne aux Glazicks, nous avons apprécié l'arrivée dans les mains de Fiona Beurrois d'une petite plaque de chocolat nous rappelant en ce 8 septembre 2017 nos 44 années de mariage.

Toutes ces merveilles pâtissières sont l'oeuvre de la toute jeune et talentueuse Marianne Masson, passée pendant un an et demi par le marbre du Pressoir étoilé de David Vincent à Saint-Avé.

Autre point sur lequel je voudrais insister, celui des divins pains maison servis ici. Au nombre de 7, sans compter les 3 pains spécifiques pour les fromages, ils se déclinent sous la forme de Feuilleté au sarazin, Feuilleté aux algues, Pain au lait à la tomate, Épi à la pomme de terre, Pain à l'encre de seiche et crevettes, Pain nature et enfin le Pain au lard et fromage, le seul pain qui m’apparaît décalé dans sa possibilité d'association gustative avec toutes les béatitudes dégustées en ces lieux.  

Au final, quand je fais le bilan de ce déjeuner, dont certaines des composantes n'étaient pas prévues au programme du menu Plaisir, les 3 étoiles me semblent désormais à la portée d'Olivier Bellin, et c'est tout le bien que nous pouvons lui souhaiter.

Depuis novembre 2015, le domaine des associations vineuses est assuré par Fiona Beurrois. Cette jeune femme, passée notamment par le Royal Riviera à St Jean-Cap-Ferrat, l'Âne rouge à Nice, le Saint-Placide à Saint-Malo (sauf incompréhension de ma part !) et l'Hostellerie de la Pomarède à Castelnaudary, que j'avais trouvé un peu sur la réserve le 10 novembre 2016, est désormais toute à son aise. C'est vrai qu'elle dispose d'une carte idoine conséquente pour y parvenir, document dans lequel j'ai recensé pratiquement 500 références dont 179 en vins blancs, 258 en vins rouges et seulement 2 en vins rosés, auxquelles j'ajoute 19 vins au verre ! Comme je l'expliquais déjà l'année dernière, les prix sont en conséquence mais après tout pas si terribles que ça pour un 2 étoiles. Si je prends en effet l'exemple du Gewurztraminer 2005 Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre de Trimbach facturé 85 € 00, ce vin s'achetait au tarif 2012 à 19 € 60 HT, soit un coef de 4,33. On y trouve, dans la partie des vins blancs, un Muscadet, un Muscat d'Alsace ou encore un Touraine 2013 de Marionnet  pour 35 € 00, dans celle des rouges, un Côteaux du Vendômois 2010 de Colin, un Malepère 2003 de Grohe ou un Chinon 2011 "Les Granges" pour 35 € 00, sans oublier dans cette couleur un Malepère 2003 à 25 € 00, un vin certainement sur le déclin. Avec un portefeuille bien garni, vous pourrez naturellement vous faire plaisir avec par exemple un Champagne Krug 2000 Clos d'Ambonnay à 4038 € 00, un Clos de Bèze 2008 du Prieuré Roch à 1330 € 00, un Meursault Village de Coche-Dury à 400 € 00 ou pourquoi pas un Château Latour 1982 à 4800 € 00 ! Par contre, je n'ai pas compris le tarif de 65 € 00 pratiqué pour le Cerdon de Daniel Boccard, surtout quand on sait que le particulier le touche à 9 € 75 TTC port compris, ce qui donne un coef multiplicateur de plus de 8 ! Pour un prix bien inférieur, on peut s'offrir dans un autre registre le Crémant de Loire de Pierre Bise à 35 € 00 !

Pour notre déjeuner, nous avons donné carte blanche à Fiona. Voici les vins au verre qu'elle a judicieusement choisis et qui ont conclu de parfaits accords :

- AOC Saint-Bris 2013 de la Manufacture à Chablis pour le chou-fleur et les langoustines

- IGP Aude 2014 "Aux amis de ma sœur" de Jean-Baptiste Sénat, sur l'oignon et le homard

- AOC Côte de Beaune 2014 "Le clos des Topes Bizot" de Chantal Lescure, sur l’œuf sarazin et la barbue

Quand en novembre dernier, Olivier Bellin m'a proposé de m'accueillir gracieusement dans l'une des 8 chambres de son hôtel, j'ai cogité sur son offre. Après réflexion, cela pouvait faire un lieu idéal pour fêter mes 44 années de mariage avec mon épouse Pascale. Je l'ai donc acceptée, en respectant ma règle de conduite, c'est à dire en informer les lecteurs de mon site; je connais une blogueuse du sud-ouest qui n'aurait pas ce scrupule ! Nous avons donc découvert notre lieu de repos nocturne après notre exquis et copieux déjeuner et  une bonne demi-heure passée avec Olivier Bellin, histoire de lui faire découvrir nos cadeaux gourmands, glanés chez Jean-Pierre Cloteau, et quelques confitures maison. C'était ma manière de le remercier ainsi  pour ses prodigalités. Pour revenir à notre chambre, c'est la Menez Brug 4 qui nous était affectée, une chambre spacieuse et confortable. Nous n'avons pas pu, hélas, profiter de la petite terrasse attenante, compte tenu du temps de chien qui régnait en cette fin d'après-midi du 8 septembre 2017. Le lendemain matin, nous avons bénéficié des propositions du petit déjeuner déclinées par la souriante et charmante Yohanne. J'ai découvert ainsi un remarquable chocolat chaud, à la composition très complexe (Cf. Vidéo du petit déjeuner), une crêpe, une tranche de quatre-quarts, une tranche de pain d'épices, manquant de moelleux, un croissant bien croustillant, un délicieux et moelleux cake au blé noir et abricots, et une figue séchée, bref de quoi partir du bon pied de l'Auberge des Glazicks ...

Ah, j'allais oublier ! Olivier Bellin, contrairement à d'autre cuisinier, ne m'a dit aucun mal de ses confrères. Il n'a pas de temps à perdre à se lancer dans des polémiques inutiles et stériles, il est dans l'empathie. C'est une des qualités que j'apprécie chez ce "nounours" célibataire, qui suscite la sympathie, l'amitié et le partage. Mais comment ai-je pu faire durant 10 années pour tenir Olivier Bellin à l'écart de mon cercle d’explorations culinaires, tout ça, à la réflexion, pour une puérile histoire de blé noir qui n'était peut-être pas fondée ? Je ne peux l'illustrer à mon égard que par le refrain de la huitième chanson du septième album de Georges Brassens 

Ci-dessous la deuxième vidéo consacrée à l'Auberge des Glazicks, et plus particulièrement à sa partie  chambre et petit déjeuner.

Pour conclure, une troisième et dernière vidéo plus complète, puisque mettant en images notre déjeuner, notre nuitée, mais aussi l'entretien qu'Olivier Bellin a bien voulu nous accorder le 8 septembre 2017 dans l'après-midi, avec une séquence d'ouverture de cadeaux gourmands qui nous a fait plaisir, tant ce cuisinier est intéressé par la découverte de nouveaux produits ! 

Auberge des Glazicks

Propriétaire et chef : Olivier BELLIN - Pâtissière : Marianne MASSON

En salle : Fiona BEURROIS (sommelière) - Petit déjeuner : Yohanne

7 rue de la Plage

29550 PLOMODIERN

Tél. : 02 98 81 52 32

Email : aubergedesglazicks@orange.fr

Site web : www.aubergedesglazick.com

Des galettes et des crêpes au Ty Coz de Lamballe

Pas de séjour en Bretagne sans au moins une soirée galettes/crêpes ! Pour assouvir pleinement ce plaisir gourmand, j'ai désormais trouvé refuge dans les adresses distillées dans la brochure Crêperies gourmandes de Bretagne. En cette fin d'après-midi du 7 septembre 2017, la Crêperie du Vieux-Port à Erquy, récemment entrée dans cette association, tenait la corde de notre destination ... jusqu'à ce je découvre dans les propositions cidrières inscrites dans sa carte, le "cidre Loïc Raison" ! Pourtant, la charte de qualité mise en avant par le label Crêperies gourmandes de Bretagne, stipule bien qu'en franchissant le seuil d'une Crêperie Gourmande, on a la garantie d'avoir affaire à un crêpier ayant une solide connaissance des produits locaux et régionaux ! Et c'est vrai qu'avec un cidre Loïc Raison à sa carte, on est tout à fait dans le produit local et régional ... mais industriel ! Quand on sait que cette marque appartient au groupe Agrial, avec son CA en 2015 de 5,2 milliards, ses 14 000 adhérents et ses 21000 collaborateurs, l'image véhiculée ne colle pas, pour moi, avec celle d'une crêperie traditionnelle !

Je me suis alors souvenu que le 5 septembre, j'avais appelé la Crêperie Ty Coz de Lamballe. Si celle-ci était hélas fermée ce jour-là, peut-être serait-elle ouverte 2 jours plus tard. Bingo, c'était le cas, et ma réservation a suivi illico presto ! Bien m'en a pris, car cette crêperie est apparemment très prisée et très fréquentée, surtout le soir. Après un accueil aimable et avenant assuré par une jeune femme souriante et dynamique, nous avons été placés à l'une des quelques tables encore disponibles. Pour nos choix crêpiers, une fois la consultation de la carte ad-hoc, nous n'avons pas trop dérogé à nos préférences. C'est ainsi que mon épouse a opté pour une Super complète, avec jambon, œuf, emmental râpé, champignons et salade, suivie d'une simple Crêpe au sucre. Quant à votre serviteur, ce sera une Paysanne, avec andouille de Guémené (correctement orthographiée !), œuf, concassé de tomates et salade (pour remplacer les oignons !) et la suggestion du soir, c'est à dire une Crêpe avec compotée de pêches de vigne au basilic et glace vanille. Les galettes étaient bonnes et copieuses mais elles manquaient de ce fameux kraz qui fait, pour nous, toute la différence entre une bonne et une excellente galette. Quant aux crêpes, celle de mon épouse était conforme à ses attentes, moelleuse et bien cuite. Par contre, si la mienne était de la même lignée, je n'ai pas trouvé l'association pêche de vigne et basilic la plus opportune gustativement parlant, peut-être parce que la flaveur du basilic n'était pas assez marquée. J'aurais plutôt vu dans cet exercice d'union sacrée, en référence à Christine Ferber, un duo pêche de vigne/épices (cardamome, anis étoilée, cannelle ...), associé à un sorbet poire ou mûre.

Quant au cidre d'accompagnement, la carte n'est pas très diserte à son sujet, que ce soit au niveau de leur nombre et de leur provenance. Finalement, ils se limitent à deux, dont un cidre fermier brut de Benoit Bouvier à Lamballe, un très bon cidre que nous avons choisi. Cette crêperie constitue une bonne adresse dans une partie de la Bretagne particulièrement chiche en la matière. Dernière précision, Pascal Le Boulc'h est le trésorier de l'association citée plus haut et de ce fait, il est particulièrement attentif aux remarques que l'on peut lui formuler. Justement, à ce propos, la note concernant ce dîner crêpier ne nous a pas été remise ... ce qui explique la présence dans le diaporama, du ticket de CB.

Crêperie Ty-Coz

Sylvie & Pascal LE BOULC'H

35 place du Champ de Foire

22400 LAMBALLE

Tél. : 02 96 31 03 58

Email : tycoz.22@orange.fr

Fermé mercredi et dimanche midi ainsi que le lundi soir et mardi soir en hiver

Tourisme curieux sur la Côte de Penthièvre et au-delà

Le Cap Fréhel se situe entre la Côte de Penthièvre et la Côte d’Émeraude, pratiquement à mi-chemin entre deux des saints breton et normand célèbres, Saint-Brieuc et Saint-Malo. On y accède par la D 34A ou la D 16. Mais avant il vous faudra acquitter un droit de parking de 3 € 00, un tarif somme toute modeste compte tenu du panorama gratuit offert (sauf si on visite le phare), dont devraient s'inspirer des sites touristiques comme Salers ou Conques qui exploitent les touristes jusqu'à la moelle pour ce type de prestation. 

Après avoir garer votre véhicule, le parcours pédestre est court pour rejoindre la Tour Vauban, construite en 1702, un monument cylindrique, en grès et granit de Chauzey de trois étages accolé d'un tourelle servant d'escalier, qui ne se visite pas, et le Phare, construit en 1845.

La Tour Vauban est un monument cylindrique de trois étages, construit en grès et granit de Chauzey, accolé d'une tourelle servant d'escalier. Il ne se visite pas. Durant près d'un siècle et demi, il a accueilli et hébergé en son sommet, culminant à 15 mètres, un phare éclairant à l'aide de charbon de terre qui brûlait à l'air libre uniquement les mois d'hiver. Très vite, ce sera toute l'année. En 1729, l'huile de baleine ou de poisson, remplace le charbon de terre. En 1821, on installe des nouveaux brûleurs plus évolués, équipés d'un système optique tournant qui donnent un éclat de lumière toutes les 135 secondes. C'est en 1845 que la décision est prise de construire un nouveau phare, juste à côté de celui de la Tour Vauban, d'une hauteur de 23 mètres et de forme octogonale, pouvant accueillir le système otique de la lentille de Fresnel. Il est inauguré en mai 1847 et sa porté, par temps clair, est de 40 km. En 1903, le système est encore amélioré avec l'arrivée de nouvelles lentilles de Fresnel tournant sur un bain de mercure, permettant ainsi d’obtenir deux éclats groupés toutes les 10 secondes. Avec la seconde guerre mondiale, le phare devient un poste d'observation pour l'armée allemande. Mais le 11 août 1944, les Allemands quittent précipitamment le phare sous la pression des troupes de "Libération" ... mais sans oublier de le dynamiter ! La Tour Vauban retrouvera ainsi de l'activité, jusqu'au 1er juillet 1950, date à laquelle le "nouveau phare actuel", conçu par l'architecte malouin Yves Hémar, délivrera ses premiers "éclats".

Ce nouveau phare se visite et les 3 € 00 que vous débourserez pour gravir ses 145 marches en valent la peine, tant le panorama qu'offre sa coursive est superbe. On découvre par exemple, à l'est le Fort la Latte, et par temps clair Saint-Malo et la baie du Mont Saint-Michel, au nord, toujours par temps dégagé, Jersey, à l'ouest, les plages de Plévenon, des Sables d'Or et d'Erquy, et enfin au sud, la lande et la campagne de Plévenon-Cap Fréhel. Ce 6 septembre 2017, le temps n'était guère favorable à la découverte des horizons lointains. En plus, il valait mieux disposer d'un solide ancrage au sol afin de résister au fort vent qui soufflait au somment de ce phare, surtout quand on est à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer !

Ces 2 monuments sont aussi le point de départ d'une balade pédestre qui mène jusqu'à l'extrémité du "Cap Fréhel", la où trône encore ce qui fut le premier phare de cet endroit balayé par les vents.

La Roche Goyon tire son nom d’une des plus anciennes familles bretonnes (appelée Gwion, Goion, Gouëon, Goyon et Gouyon). Une légende atteste qu’un premier château aurait été construit par un Goyon sous Alain Barbe-Torte en 937Le château actuel, quant à lui, fut commencé avant l’apparition en 1364 du canon en Bretagne, puis poursuivi au gré de la bonne fortune des Goyon dans la deuxième moitié du XIVème siècle. Il existait en 1379 puisque Du Guesclin envoya un détachement à la Roche Goyon qui résista vaillamment. La forteresse fut confisquée au profit de Charles V, puis restituée en 1381 à son propriétaire par le traité de GuérandeAu cours du XVème siècle, l’ascension sociale des Goyon se poursuivit. Ils figurent aux États de Bretagne. Un Goyon, chambellan du duc de Bretagne, épousera l’héritière de la baronnie de Thorigni-sur-Vire. La famille Goyon quitte le berceau breton et passe à l’histoire de France. Le château reçoit alors un gouverneur qui loge dans un logis aménagé à cet effet. Lors de la réunion de la Bretagne à la France, réalisée lors du traité de 1532, il subit un nouveau siège en 1490, par les anglais cette fois, mais sans succès pour les envahisseurs.
Le coup de grâce lui fut porté par la Ligue. Jaques II Goyon, sire de Matignon, Maréchal de France, Gouverneur de Normandie et de Guyenne, avait pris le parti d’Henri IV. E
n 1597, par mesure de représailles, un délégué du Duc de Mercœur nommé Saint-Laurent, l’assiégea et l’assaillit. Le château déjà appelé à cette époque La Latte, fut démantelé, pillé, ravagé et incendié. Seul le donjon résista.

C’est donc à un château en ruine que s’intéressa le sieur Garengeau chargé de fortifier la Côte pour la défense de Saint-Malo. Le château fut transformé en conséquence entre 1690 et 1715 avec l’accord des Matignon. On lui doit en grande partie l’aspect que nous lui connaissons auhourd'hui.

En 1715, James III Stuart vint s’y réfugier mais trouva le lieu sinistre … La même année, Louise-Hippolyte Grimaldi (princesse de Monaco) épousait Jacques-François-Léonor Gouyon, sire de Matignon, devenu duc de Valentinois, à condition toutefois de prendre le nom et les armes des Grimaldi sans y joindre les siens.
En 1793, on construisit le four à rougir les boulets et on y emprisonna quelques suspects contre-révolutionnaires. De jeunes Malouins le prirent d’assaut, sans succès, lors des Cent-Jours en 1815. Ce fut son dernier épisode guerrier.
Au cours du XIXème siècle il fut peu à peu abandonné et n’eut plus qu’un seul gardien. Déclassé par le ministère de la Guerre en 1890, il fut vendu par les Domaines en 1892. Il était en grande partie en ruines lorsqu’il fut classé Monument Historique en 1925. Il est restauré depuis 1931 par la famille Joüon des Longrais et est ouvert à la visite. Il est devenu le château le plus visité en Bretagne, après celui des ducs à Nantes.

 

Source commentaire : site web de Fort la Latte

Fort La Latte est également un lieu très prisé par les cinéastes comme en témoigne notamment le panonceau placé à l'entrée du site. Celui-ci rappelle qu'en 1957, lors du tournage du film "Les vikings" du réalisateur Richard Fleischer, les acteurs Kirk Douglas et Tony Curtis s'y sont affrontés dans un épique duel à l'épée. On peut citer également d'autres films comme Le parfum de la dame en noir en 1931Les Trois Mousquetaires en 1948Lancelot du Lac en 1970, Chouans en 1987 et Ridicule en 1996, sans oublier en mai 1998 le clip du groupe Manau avec sa chanson La tribu de Dana, clip dans lequel apparaissait d'ailleurs plusieurs des membres de Macthiern, la troupe d'Eric Manini, qui a moult fois participé à la Médiévale de Lastours.

Enfin, si vous disposez d'un peu de temps, n'hésitez pas à faire provisions des délicieux et bien affinés fromages de chèvre de la Chèvrerie du Cap située à quelques encablures, non loin de la D 117.

 

Quelques dates clés de La Roche Goyon, dit Fort la Latte :

- 1350 environ : édification du château fort par Etienne III Goyon

- 1597 : le château est assailli par les Ligueurs et subit de gros dégâts au niveau des murailles et des portes

- 1690 à 1715 : le château de par sa position stratégique est transformé en fort de défense côtière

- 1892 : le fort est vendu par les Domaines

- 1892 à 1931 : le fort connaît 2 propriétaires qui ne réalisent aucun travaux nécessaires à son entretien

- 1931 : le fort est acheté par M. & Mme Frédéric Joüon des Longrais qui entreprennent d'importants travaux de restauration que leurs descendants continuent de programmer et de financer

Autre site chargé d'histoire, celui de la cité de caractère de Moncontour, située à 25 km au sud-est de Saint-Brieuc, dont le centre historique mérite qu'on s'y attarde. Bâtie au 11 ème siècle sur un promontoire rocheux, elle a perdu une partie de ses remparts en 1626, sur ordre de Richelieu. Les portes taillées dans les courtines invitent à parcourir ses pittoresques ruelles montant vers l'église Saint-Mathurin. Cet édifice religieux édifié au 16 ème siècle abrite d'intéressants vitraux. Acquise aux Ligueurs sous le règne d'Henri IV, elle a subit l'attaque de l'armée royale qui la reprend en 1590. Le 4 août 1591, François de la Nouë, dit Bras-de-Fer, y meurt après avoir été grièvement blessé lors du siège de Lamballe. Sous la révolution, Moncontour se trouve au cœur d'un pays particulièrement agité par la chouannerie. A ce propos, une une Maison de la Chouannerie et de la Révolution, créée en 1991, est installée dans le même bâtiment que l'Office de Tourisme. Une exposition retrace les événements troubles des années révolutionnaires dans le pays de Moncontour.

 

Source commentaire : Guide Vert Michelin

Phare du Cap Fréhel

 

Mairie

Place Chambly

22240 PLEVENON CAP FRÉHEL

Tél. : 02 96 41 43 06

Email : mairie.frehel@wanadoo.fr

Site web : www.plevenon.fr

 

Office de Tourisme du Pays de Fréhel

Place Chambly
22240 FRÉHEL

Tél. : 02 96 41 57 23

Email : otfrehel@orange.fr

Site web : www.paysdefrehel.com

Fort La Latte

Tél. : 02 96 41 57 11

Email : Flalatte@aol.com

Site web : www.castlelalatte.com

Le château est classé Monument Historique et est ouvert à la visite :

En saison : du 1er avril au 3 juillet TLJ de 10 h 30 à 18 h 00 - du 4 juillet au 26 août  de 10 h 30 à 19 h 00 sans interruption - du 27 août au 30 septembre de 10 h 30 à 18 h 00 - du 1er octobre au 5 novembre TLJ de 13 h 00 à 17 h 00

Hors saison : samedi, dimanche & JF du 1er octobre au 31 mars

Vacances scolaires : TLJ l'après midi
Fermé le 25 décembre et le 1er janvier

Grand parking gratuit. Les chiens tenus en laisse sont admis.

Tarifs 2017 :

- Adultes :  5 € 70

- Lycéens, étudiants & chômeurs (justificatif) : 4 € 70

·- Enfants : 3 € 70


Les huîtres de Nicolas Nonnet font leur cinéma ... avec un scénario tronqué !

Je dois avoué que sans la lecture de la publication locale Côtes d'Armor Magazine, dont une des pages consacrait un article à Nicolas Nonnet (Cf. diaporama ci-dessous), je n'aurais pas découvert sur mon lieu de villégiature l'adresse de cet ostréiculteur. Mais quand je suis arrivé dans sa boutique, ma curiosité a été attirée par cette extrémité d'huître qui rebique vers le haut, comme la pointe d'un sabot en bois, la caractéristique visuelle des huîtres triploïdes ! Finalement je n'aurais pas dû le lire, cet article ! Pourquoi ? Parce que sous la teneur enjôleuse de cet article rédactionnel se cache une vérité que ce professionnel évite d'aborder : ses huîtres sont bel et bien des triploïdes ! Notre homme, sympathique au demeurant, préfère mettre en avant ses médailles, une eau de mer pure riche en plancton, ou encore une huître qui fait son cinéma mais il tronque le scénario de son synopsis en oubliant une réplique essentielle de sa vedette : "Je suis une huître triploïde" !

Alors, si vous passez du côté d'Erquy, vous avez le choix de faire ou non, un détour chez Nicolas Nonnet, désormais vous êtes informés ...

Nicolas NONNET, ostréiculteur

ZA des Jeannettes

25 rue Dugay-Trouin 

22430 ERQUY

Tél. : 02 96 63 66 93

Email : huitresnicolas.nonnet@orange.fr

Site web : www.nonnet-nicolas-erquy.com

Dernier déjeuner à l'Amphitryon, version Jean-Paul Abadie

Une page de mon historique culinaire vient de se tourner ce 7 septembre 2017 en déjeunant une dernière fois à l'Amphitryon de Lorient, version Véronique & Jean-Paul Abadie. Difficile en effet de ne pas associer Véronique Abadie à l'image emblématique de ce restaurant, d'autant que le dernier décor mis en place fin 2011, était le sien et collait tout à fait à son image. Je me rappellerais toujours de son accueil, ce soir du 27 avril 2001 où je découvrais cet Amphitryon le bien nommé (1 étoile Michelin à l'époque, mais 18 /20 au GaultMillau et 2 étoiles au Bottin Gourmand) dans la salle du haut, histoire de fuir les fumeurs présents dans celle du bas ! Je n'oublierais jamais non plus que dans un moment difficile, elle a su trouvé les mots pour me réconforter. Jean-Paul Abadie devrait donc passer la main vers le 15 novembre 2017 à Anthony Rault et ...  un chef étoilé (Je le connais mais je le dirais plus tard ... je ne m'appelle pas Olivier Marie et sa bourde pour les Hénaff), et je ne manquerais de faire honneur par ma présence et celle de Pascale à ce nouveau départ !

Mais revenons à ce déjeuner du 7 septembre 2017. Nous sommes arrivés vers 12 h 30. Après avoir laissé carte blanche au chef, sur les judicieux conseils d'Anthony Rault, il est 12 h 48 quand nous débutons notre "menu découverte" par 3 petites mise en bouche : Bouchon de pomme de terre et aïoli - Huître creuse, chou rouge et poivre - Gaspacho de tomates. L'exercice, même si il a rétréci depuis 2008 (il y en avait 7 !), est particulièrement réussi, tout en délicatesse et en finesse, et largement suffisant pour se préparer à la suite des événements. Pour enviné notre palais Anthony nous sert un Touraine sauvignon 2016 bio de Sophie & Thierry Chardon. C'est bon, avec une note de résiduel, mais je lui préfère ma découverte du domaine des Echardières. On enchaîne par Quelques sardines crues marinées et tomates. Pas de libellé superfétatoire pour présenter ce clupeidae (A ce propos, les propositions de Jean-Paul Abadie ont toujours été concises et débarrassées de tout superflus littéraire, un peu à la manière du regretté Alain Chapel, le seigneur de Mionnay. Pas mal de cuisiniers devraient d'ailleurs s'en inspirer au lieu de s'empêtrer dans des circonvolutions littéraires alambiquées ! Qu'ils laissent l'accession à l'Académie Française ou le Goncourt à ceux qui en ont les moyens), la priorité de Jean-Paul c'est le produit et son goût. Pas de chichis donc, de la sobriété, une apparente simplicité et au final on se demande comment faire pour regarder à l'avenir avec autant d'appétit, une sardine en boîte ! Côté vin, on reste sur le Touraine de l'apéritif.

Pas le temps de reposer les maxillaires que le discret mais efficace Charley, l'adjoint d'Anthony, nous sert un Homard dans un crémeux aux épices. Pour le vin, Anthony débouche un typique Muscadet Sèvre-et-Maine sur lie 2015 de chez Sauvion. Pour une fois, je reconnais un Muscadet sans avoir à le demander ! Sans aller jusqu'à dire que ce homard m'a tué, je me contenterais juste de dire que tout dans ce plat est magnifique; le crustacé, le savant dosage des épices et la divine sauce ... terminée au pain ! C'est du bel et grand art !

J'ai juste le temps de faire un petit tour en cuisine pour saluer Jean-Paul & son équipe qu'il me faut revenir dare-dare en salle pour m'atteler à la dégustation d'un Bar de ligne, jus aux herbes, artichaut et citron confit. Le design de l'assiette est incroyable, avec sa forme en carapace de tourteau retournée. Félicitations à sa créatrice, Bénédicte Vallet. Quant au poisson qu'elle contient, il est bien blanc, sa cuisson est impeccable, et son escorte légumière sobre mais parfaite. Nous nous régalons d'autant que le vin d'équipage est un Bordeaux "Cuvée prestige" 2014 Château Pierrail. Issu du seul sauvignon, décliné en blanc et en gris, il a bénéficié d'une vinification et d'un élevage en fût de chêne, ce qui lui donne une élégance et une belle structure, des atouts suffisants pour accompagner le Bar.

On embraye sans coup férir avec un Turbot, girolles et truffe d'été. Les mêmes compliments sont à adresser à l'apprêt de ce noble poisson, et les girolles font le reste, les truffes d'été étant anecdotiques ... mais sympas. Histoire de se démarquer du vin précédent et de marquer le coup avec le Turbot, nous avons droit à un Hermitage blanc "le Chevalier de Stiremberg", hé oui, millésimé 2008 de la maison Paul Jaboulet Aîné (attention, ne pas confondre cette maison avec celle en Bourgogne de Pierre Jaboulet-Vercherre, ancien patron du FN en Bourgogne pendant de nombreuses années). Ce vin qui associe Marsanne et Roussanne est somptueux et domine bien le plat sans toutefois l'écraser. Merci Anthony pour cet accord.

C'est au tour d'un Pied de cochon et jambonneau en compotée de se présenter à la table B3. Je n'ai pas eu le temps d'assister à sa confection en cuisine, mais le résultat, visuel et gustatif, est plus que probant. Ça croustille, c'est moelleux et fondant, on se lèche les pattes arrières comme on dit du côté d'Achères-la-Forêt ! Décidément, pour cette dernière ligne droite, Anthony sort à nouveau le grand jeu avec un Chassagne-Montrachet rouge 1er cru Morgeot 2009 du Dne Fontaine-Gaillard. Cela faisait un bail que je n'avais pas goûté un tel breuvage; le dernier provenait de chez Ramonet en millésime 1979 et m'avait marqué gustativement. Avec une matière riche et bien épaulée par des tanins soyeux, ce pinot noir glisse tout seul. 

Pour le final sucré, Jean-Paul Abadie, comme promis dans la vidéo, nous a rejoins vers 13 h 50, soit légèrement plus d'une heure après avoir envoyé le trio d'amuse-bouche !  Quand j'en ai parlé le lendemain à Olivier Bellin, celui-ci m'a humblement avoué qu'il en serait incapable. Certes, nous n'étions que 3 tables de 2 ce 7 septembre 2017 à l'Amphitryon, mais quand même, c'est du rapide/très bien exécuté pour un 2 étoiles !

Le premier dessert de Nicolas Cattoir, ancien pâtissier de la Flamiche à Roye, est un Chocolat grand cru, poivron et piment d'Espelette. Bel équilibre de saveurs et de textures, c'est une harmonieuse et délicieuse issue chocolatière. On enchaîne tout aussi rapidement, en à peine 10 minutes, avec des Fraises de pays, litchis et combava. Je m'en étais déjà fait l'écho à l'occasion de mon escale du 13 novembre 2015, mais je ne suis pas partisan de commencer un duo de desserts par celui au chocolat. Même si une fois de plus, cette composition fruitée était excellente, la puissance du cacao ... et du poivron, restent en bouche.

Pour conclure en beauté ce déjeuner, Charley nous a déposé 3 mignardises : une Verrine crème de badiane et orange, un Sablé praliné et une Guimauve chocolat, des délices miniatures admirablement architecturés, une heureuse conclusion pour cet ultime déjeuner chez ce cuisinier attachant et généreux. J'ai pu le constaté cette dernière qualité quand il a fallu m'acquitter de ma dette, 100 € 00 tout rond ! Encore mille fois merci Jean-Paul et Anthony

La carte des vins de l'Amphitryon, c'était le domaine de Véronique Abadie. Comme me l'a confié un jour Jean-Paul, Véro avait la fièvre acheteuse pour les produits fermentés de la vigne. C'était souvent par 48 bouteilles que les vins sélectionnés par son fin palais, arrivaient ici. Je tenais, pour cette ultime commentaire, lui rendre un vibrant hommage en publiant ci-après l'intégralité de la carte des vins de l'Amphitryon, dont depuis 2005 et bien sûr mars 2012, Anthony Rault, son fidèle, discret et talentueux complice, a mis lui aussi une partie de son énergie papillaire. Ce jeune sommelier, auparavant formé de 2002 à fin 2004 à l'Azimuth d'Hervé Le Calvez, m'a d'ailleurs encore bluffé en découvrant à l'aveugle, à l'occasion de notre tablée finale ponctuant ce déjeuner, le Cerdon (Balivet cuvée Cécile) que j'avais apporté, avec ses bulles légères et fruitées qui se sont d'ailleurs révélées une parfaite compagnie pour le dessert aux Fraises.   

L'Amphitryon

Chef & propriétaire : Jean-Paul ABADIE - Sommelier : Anthony RAULT

127 rue du Colonel Müller

56100 LORIENT

Tél. : 02 97 83 34 04

Email : amphitryon-abadie@orange.fr

Site web : www.amphitryon-abadie.com

Du blé noir breton décortiqué et bien plus, chez Jean-Pierre Cloteau

Sans le coup de pouce de Sylvain Guillemot, le maestro des fourneaux du Pont d'Acigné à Noyal-sur-Vilaine, je n'aurais certainement pas connu, tout du moins pas aussi vite, l'adresse de ce producteur de "blé noir breton décortiqué". C'est en effet lui qui, au détour d'une conversion en 2014, m'a donné l'information. Après avoir découvert ce produit en mai 2015 au magasin Biocoop de Lannion, il me tardait de découvrir le lieu de sa production ainsi que les autres produits de cette ferme de Bain-de-Bretagne dont une grande majorité sont issus de l'agriculture biologique. Et de ce point de vue je n'ai pas été déçu en pénétrant dans cette boutique cet après-midi du 4 septembre 2017 ! Pour parodier Lino Ventura dans les Tontons flingueurs, du Sarrasin* y'en a ! Cette polygonacée est en effet proposée ici en 5 présentations différentes : nature, décortiquée, décortiquée toastée, en flocons et en farine. De quoi satisfaire n'importe quel cuisinier amoureux de ce produit, comme l'est, tiens au hasard, Olivier Bellin ! Dans les rayonnages de cette boutique campagnarde, il ne manque à l'appel que l'huile de sarrasin ! Hélas, comme cette graine n'est pas un oléagineux, il est impossible d'en faire de l'huile.

Pour avoir au préalable à notre visite consulté le site web de la maison Cloteau, je me suis aussi intéressé aux différentes huiles et farines "bio" également en vente. La cameline*, le chanvre* et le lin* ont contribué à leur découverte.

Le dernier produit à me surprendre, c'est la Paumelle de Breizh*. Son sachet de 250 g contient un malt d’orge torréfié qui permet d'obtenir une boisson chaude. Elle a été très utilisée en Bretagne lors de la guerre de 39/40 comme ersatz du café, un peu comme l'était la chicorée dans le Nord. Je l'ai testée sitôt de retour at home, avec une Bodum et en cafetière filtre, et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Certes, on n'a pas la puissance aromatique d'un café arabica d'Il Barista à Montlouis, mais on s'en approche ! La couleur est similaire et en bouche le goût évoque la croûte de pain grillée. Avantage par rapport à la chicorée, elle n'a aucune amertume. Par contre, petit inconvénient, sa mouture est trop fine, ce qui pose problème surtout avec une Bodum.

J'ai naturellement fait quelques emplettes de plusieurs de ces produits, surtout ceux susceptibles d'être utilisés en cuisine, mais aussi pour faire quelques cadeaux très intéressants pour les récipiendaires ...

 

Le sarrasin est une céréale assez différente des autres graminées puisqu’elle appartient à la même famille que la rhubarbe et l’oseille (famille des polygonacées). Il pousse dans des sols assez pauvres et possède la faculté de les enrichir. La farine de blé noir est une farine sans gluten. Elle sert à préparer des galettes, appelées selon les régions crêpes de sarrasin ou galettes de sarrasin. Sa présentation en graines est très intéressante en cuisine diététique et minceur car elles sont peu caloriques et rassasiantes, grâce à leur teneur en fibres solubles. Riches en protéines, elles contiennent tous les acides aminés essentiels. Le sarrasin est une petite graine gourmande qui se glisse facilement dans une grande variété de recettes salées et sucrées. Chez JP Cloteau, on les fait cuire de cette façon : un verre de graines de sarrasin pour deux verres d’eau froide. Portez le tout à ébullition, égouttez et servez bien chaud. Les graines peuvent aussi être mangées froides, en salade.

 

Suite après le diaporama ci-dessous

La cameline est une plante oléagineuse qui appartient à la famille des crucifères comme le chou, le colza, la moutarde… Elle est cultivée comme huile végétale. Cette huile est précieuse de par son taux extrêmement élevé en acide gras polyinsaturés : 70 % dont 30% en acide alpha linoléique (acide gras essentiel faisant partie du groupe des oméga 3). Elle est quatre fois plus riche que l’huile de colza.

Le chanvre est une petite graine Canadienne, au doux goût de noisette, très versatile en cuisine, surtout dans les plats crus. C’est une excellente source d’acides gras polyinsaturés oméga-3 et oméga-6, deux éléments qui ont besoin l’un de l’autre. La graine de chanvre contient des protéines (plus que le poisson ou le fromage). Elle contient également du fer, qui aide à la formation des globules rouges du sang. A consommer simplement en parsemant sur vos plats chaud ou froid ainsi que dans les laitages. La farine produite à partir des graines de chanvre convient très bien pour la pâtisserie et la cuisine. Avec sa teneur exceptionnelle en protéines, pauvre en glucides et sans gluten, elle est idéale pour des recettes diététiques. Son plaisant goût de noisette et sa teinte verte apporte une vraie originalité à vos recettes. Elle s’incorpore à raison de 10 à 30 % en complément d’une autre farine.

L’huile de chanvre est fluide et d’un vert éclatant. Elle possède un arôme subtil de cacahuète parfait pour les vinaigrettes, pour accompagner les salades et les crudités, et pour parfumer un plat chaud après cuisson. L’huile de chanvre bénéficie d’une excellente réputation diététique car elle est riche en acides gras essentiels oméga 3 et oméga 6. Elle est un phénomène unique en alimentation grâce à son équilibre idéal en oméga 3 et oméga 6 (1 pour 3), ce qui en fait la meilleure huile alimentaire pour l’alimentation humaine, consommée régulièrement, elle renforce le système immunitaire, en plus de favoriser l’activité des cellules.

* Les graines de lin ont un petit goût sucré et une saveur évoquant la noisette et la cacahuète; il convient de les broyer, de les écraser ou de les moudre avant de les manger, pour une meilleure digestion. Vous pouvez aussi les saupoudrer sur vos plats de crudités ou de salade. On peut en ajouter aux céréales du petit déjeuner ou dans un laitage. Si vous faites du pain, des gâteaux ou des tartes, vous pouvez en mélanger dans la pâte. Le lin est aussi la graine la plus riche en oméga 3. Sa consommation journalière est associée à une réduction du taux de cholestérol. 

L’huile de lin est une plante riche en oméga 3 et elle est réputée par sa richesse en acide alpha-linoléique. Elle fait partie des rares huiles à contenir plus d’oméga 3 que d’oméga 6. Elle est également riche en fibres. Issue d’une pression à froid pour une plus grande pureté et une meilleure concentration en nutriments essentiels, elle possède de multiples vertus médicinales.

La paumelle est une boisson chaude à base d'orge naturellement sans caféine. Elle se consomme à toute heure de la journée : au petit déjeuner, aux fins de repas et pourquoi pas à la pause goûter. Cette boisson a été inventée par nos aïeux pendant la guerre pour remplacer le café, pratiquement introuvable. L’orge contient de très grosses quantités de sélénium et de vitamine E. On reconnaît généralement au sélénium des propriétés contre le cancer, surtout lorsqu’il est associé à d’autres antioxydants et particulièrement à la vitamine E. L’orge est un extraordinaire régulateur des fonctions intestinales ... il déconstipe.

Conseils d’utilisation de la paumelle :

- dans votre cafetière filtre  : 4 cuillères à soupe pour 25 cl d'eau frémissante

- dans un boule à thé ou en Bodum : même quantité et laissez infuser 4 minutes

 

Source commentaires et conseils sur les graines, huiles, farines et paumelle : site web JP Cloteau

Ferme JP Cloteau

Jean-Pierre et Jean-François CLOTEAU

12 la Cardichais

35470 BAIN-DE-BRETAGNE

Tél. : 02 99 43 77 26 (boutique) ou 06 37 70 68 28 (Jean-Pierre) ou 06 08 66 75 39 (Jean-François)

Email : contact@jpcloteau.fr

Site web : www.jpcloteau.fr

Ouvert lundi, mercredi et vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30 et le samedi de 9 h 30 à 12 h 30

Autres points de vente en cliquant ici

Le Pigeon Blanc de Sylvain & Valérie Bélouin

Sur le chemin menant à Bain-de-Bretagne, il me fallait trouver une escale gourmande intéressante gustativement doté d'un bon rapport qualité/prix. Ayant déjà testé dans ce coin du Maine-et-Loire en 2016 la Diligence (1 étoile Michelin), la seule table restante et correspondant à mes critères, de surcroît ouverte le lundi midi, était celle du Pigeon blanc à Vern d'Anjou. Directement entrée au Michelin 2010 avec un Bib gourmand, la consultation de son offre déclinée dans son  site web a fini de me convaincre. Après m'être assuré de la pérennité de la carte, réservation a été faite pour le déjeuner du lundi 4 septembre 2017

L'accueil charmant et pétillant est assuré par Valérie Bélouin, l'épouse du chef. Ce dernier répond au prénom de Sylvain. Son cursus est très réconfortant : Thorel en 1998, puis Coutanceau suivi par Troisgros et un palace à Saint-Barth, y'a pire comme références pour reprendre le restaurant des parents. Notre homme abandonnera très vite le côtoiement des activités "mariages et restaurant gastronomie" pour se recentrer sur celle qui lui convient le mieux et qu'il a développée auprès des chefs étoilés. Il refait le décor de la salle à manger, conçoit des menus et une carte attractives, et comme je l'indique plus haut, le Michelin récompense très vite son talent.

C'est au travers des propositions de son menu à 32 € 00, étrangement dénommé "Coûte que coûte, au bord la mer", que nous abordons sa cuisine. Nous commençons par un amuse-bouche composé d'une fine tranche de Langue de bœuf confite, d'une sauce gribiche et d'un chutney de poire. Le ton et l'esprit "Troisgros" transpirent dans cette composition très très niaque ! C'est bien parti. Nous enchaînons avec pour Pascale, une Marinière de coquillages, vinaigrette acidulée et salicornes, et pour moi, avec l'autre choix des 2 entrées, des Tomates du potager de la Devansaye sorbet chèvre et salmonejo*. L'entrée de mon épouse bénéficie d'un élégant travail des produits présentés dans l'assiette. Gustativement et visuellement on flirte avec l'étoile. La mienne est un peu plus sobrement agencée mais au niveau du goût et de celui des accords de texture, c'est très réussi. Dommage que les variétés de tomates qui composaient cette petite merveille, n'aient pas été déclinées par Valérie Bélouin (selon Sylvain Bélouin, il y avait à priori au moins de la Noir de Crimée, de la Green zébra, une classique rouge et une orangée) et que l'assiette de couleur beige foncé desserve son visuel. Il faut avouer que beaucoup de chefs cèdent à cette tendance d'assiettes à la Cyril Dennery, privilégiant le design de l'objet au rendu du produit !

 

*Le Salmorejo serait une préparation traditionnelle de Cordoue, une sorte de crème habituellement servie en entrée. Il est élaboré avec du majado (spécialité péruvienne composée de bananes vertes, de chicharrones rôtis, sortes de couennes de porc apprêtées, d'oignons et d'ail), une certaine quantité de pain, de l'ail, de l'huile d'olive, du vinaigre, du sel et des tomates. En raison de l'utilisation du pain, sa consistance finale est celle d'une purée ou d'une sauce. Il est habituellement servi avec d'autres aliments à sa surface, tels des copeaux de jambon, des croûtons ou des miettes d'œufs durs. Compte tenu des ingrédients utilisés, il s'agit d'une préparation relativement économique. En raison de sa consistance, le salmorejo, est parfois servi comme une sauce d'accompagnement servant à tremper d'autres aliments généralement frits. L'origine possible du salmorejo, tel qu'il est préparé aujourd'hui, remonte au dix-neuvième ou début du vingtième siècle, où le dernier ingrédient à inclure dans la recette populaire était la tomate. Ses origines correspondent à celles d'un plat humble qui a été lentement popularisé en dehors de l'Andalousie tout au milieu du vingtième siècle.

Nous passons aux plats de résistance avec une Pintade bio de la ferme de la Morlaie cuite au Vin jaune, polenta, maïs et sarrasin, et un Cabillaud confit à la citronnelle, légumes d'été et beurre blanc asiatique. La volaille est bien, cuite et moelleuse, son accompagnement légumier un peu chiche . Le poisson est cuit sous-vide . A nouveau, je regrette l'emploi d'assiettes de couleur qui desservent le visuel des plats.

Pour conclure sur une note sucrée, nous avions le choix entre 3 desserts. Pascale a sélectionné la Pêche fondante, crème à la verveine citronnée et steuzel et votre serviteur, a penché pour le Cœur coulant de chocolat Guanaja, tuile grué, sorbet passion et macaron praliné. Ces deux desserts étaient très bon, avec peut-être un léger avantage à celui de mon épouse. Le sorbet passion du mien lui aussi était bien dans l'esprit Troisgros avec une puissante acidité qu’adoucissait la suavité du Guanaja. Les 2 mignardises finales étaient bonnes mais je pense que Sylvain Bélouin peut mieux faire dans ce domaine.

Côté vins, la carte a été conçue de façon originale par Sylvie Bélouin. En effet, suite à un litige avec une cliente qui affirmait avoir commandé un vin rouge alors que celui-ci n'était disponible qu'en blanc, elle a adopté pour la rédiger des feuilles de couleurs différentes correspondant à celles des vins. Va donc pour des feuilles blanches avec le vins blancs, des feuilles rouges avec les vins rouges et des feuilles roses avec les vins rosés ! Niveau de leur tarification, c'est plutôt musclé. Comme premiers prix en vins blancs, on trouve un Côtes d'Auxerre à 24 € 00, un Anjou à 25 € 00 et surtout un Muscadet à 37 € 00. Pour les vins rouges, on commence avec un Saint-Nicolas de Bourgueil à 28 € 00, puis un Bourgogne générique à 30 € 00. Quant aux vins rosés, comptez 25 € 00 pour un Rosé de Loire (mieux vaut le prendre 2 demies tarifées à 12 € 00) et 45 € 00 pour un simple Côtes du Rhône 2015 ! Comme toujours dans cette configuration, nous décidons avec mon épouse de ne prendre qu'un vin au verre chacun. au Pigeon blanc, cette option se fait totalement à l'aveugle, que ce soit l'origine du vin, son prix et sa contenance ! Je découvrirais ainsi sur mon plat un Saint-Romain 2011 de négociant et pour Pascale, ce sera une IGP Côtes de Thongues 2015 "Chardonnay", deux vins plaisants, facturés tout de même respectivement 6 et 5 € 00 les 12 cl, une quantité estimée visuellement. 

En discutant des offres de vins au verre exigé par des clients, comme château d'Yquem (chez Dallais), Sylvie Bélouin m'a présenté sa dernière acquisition, une machine de dégustation de vins au verre, appelée DVine, qui aère et met à température le vin contenu dans des flacons en moins d'une minute ! Prix de cet appareil : 890 € (TTC ?). Selon le site web de DVine30 vins sélectionnés chez des vignerons partenaires sont actuellement disponibles, dont 15 se situent dans une fourchette de 2 à 4 € 90 le tube de 10 cl. Si l'idée peut paraître intéressante, par contre, quand on creuse un petit peu, on se heurte très vite à 2 problèmes. Tout d'abord celui de la conservation maximum de 3 ans de ce vin en tube de verre encapsulé, ensuite celui plus délicat du prix de cette prestation pour le client. Prenons par exemple le vin le moins cher proposé par DVine, un Bordeaux Château d'Haurets 2014 facturé au restaurateur 1 € 67 HT. Si on applique un coefficient de 4 au maximum, on obtient un prix verre sur table arrondi à 6 € 70, ce qui porte le prix de la bouteille de 75 cl à 50 € 00. Tout ça pour un simple Bordeaux blanc dont le prix d'achat HT des 75 cl se situe aux alentours de 6 € 00 port compris ! Faites vous-même le calcul pour voir l'intérêt d'un tel procédé, surtout quand on choisit de déjeuner avec un menu à 32 € 00 !!! Et je ne vous parle pas du prix final du Saint-Julien Grand Cru Classé Château Beychevelle 2012 à 18 € 00 le tube (un particulier peut la trouver à 80 € 00 TTC la bouteille dans une foire aux vins) ! Pour moi, c'est niet à cette DVine. Sur mon front il n'y a pas écrit pigeon, fût-il blanc !

Le Pigeon Blanc

Sylvain & Valérie BÉLOUIN

13 rue de l'Eglise

49220 VERN D'ANJOU

Tél. : 02 41 61 41 25

Email : contact@lepigeonblanc.com

Site web : www.lepigeonblanc.com

Fermé mardi et mercredi

Les Touraine-Chenonceaux de Luc Poullain

C'est entre mise en bouteilles et proches vendanges que Luc Poullain nous a reçu dans sa cave le mercredi 30 août 2017. Objectif, déguster notamment sa cuvée de Touraine-Chenonceaux "La Long Bec" (découverte et très appréciée à l'occasion de la soirée du 1er mars 2017 au BarJu), mais aussi ses autres vins.

L'homme est affable et disert, mais après tout quoi de plus normal, puisqu'il est le président de l'AOC* Touraine-Chenonceaux, et donc son porte-parole ! Après avoir passé la première partie de son existence d'ingénieur agricole à vendre de la bouillie bordelaise, Luc Poullain décide, au début des années 2000, de devenir artisan vigneron. Il achète ainsi un domaine de 16 ha dont la moitié est consacrée aux cépages Côt, Gamay et Cabernet francet l'autre moitié au cépage Sauvignon. Sa production bon an mal an se situe aux environs de 90 000 cols dont 20 % partent à l'export. Notre homme recherche la notoriété pour sa production au travers des distinctions médaillées et journalistiques, et il nous le fait savoir à plusieurs reprises. Il n'est pas peu fier que tout dernièrement, sa cuvée La Long Bec de Sauvignon 2016 ait été notée 90/100 par le suédois Andréas Larson, meilleur sommelier du monde 2007, dont on peut d'ailleurs retrouver le panégyrique  sur YouTube.  

Imperméable à ce genres d'arguments, je préfère m'en référer à l'exercice de mes papilles, même si celles-ci ne sont pas si entraînées que celles de cette sommité internationale ! Je bois en effet les vins que j'aime, et pour les aimer, il faut avant tout qu'ils me plaisent !

Nous avons, avec Pascale mon épouse, dégusté les 5 vins élaborés par Luc Poullain. Je vous livre ci-dessous les commentaires qu'ils m'ont inspiré :

- Touraine blanc 2016 : 100 % sauvignon avec un rendement de 50/55 hl; le nez est intense et très expressif, le bouche est fraîche, vive avec une dominante d'agrume (citron) et très longue. Fort belle réussite à réserver à des fruits de mer iodés, voir à attendre l'année prochaine sur des asperges d'Argenteuil de Florence Hardy. J'en prends 6 bouteilles.

- Touraine-Chenonceaux blanc 2016 "La Long Bec" : après la cuvée de base, celle-ci, toujours 100 % sauvignon, provient d'un terroir constitué de 40 cm de sol cultivable reposant sur 7 mètres de craie. Le rendement passe à 40/45 hl. Elle bénéficie depuis le millésime 2011 de l'AOC Touraine-Chenonceaux dont Luc Poullain voudrait à court terme ne garder que le patronyme "Chenonceaux". L'élevage gagne une longévité supplémentaire de 2 mois, toujours en cuve inox mais sur lies fines régulièrement bâtonnées. Le nez est moins explosif, plus minéral et complexe. La bouche est grasse, riche et ample, plutôt orientée sur la pêche blanche. Nous sommes plutôt sur un vin de plat principal, type "Turbot" accompagné par exemple d'une Béarnaise retour des Indes (hommage à Didier Edon). J'en prends également 6 bouteilles.

- Touraine rosé 2016 : je n'étais pas parti pour le tester, mais compte tenu des 2 premiers vins dégustés, je l'ai mis au programme. Composé à égalité de Gamay et de Cabernet franc (40 % chacun), complétés de 20 % de Côt en pressurage direct, le nez est très aromatique, tirant sur les petits fruits rouges. La bouche est vive sans être acide. Si ce vin est disponible également en Bib de 5 et 10 litres (parfait pour un lendemain festif prévu en août 2018 !), je me contente pour l'instant de le prendre en bouteilles avec une caisse de 6.

- Touraine rouge 2016 "Bécassou" : on passe maintenant aux vins rouges avec cette cuvée de base classée "Touraine" et composée de 60 % de Gamay, 20 % de Cabernet franc et 20 % de Côt (chiffres données par Luc Poullain qui diffèrent de ceux de sa fiche technique). Le nez est agréable et poivré, la bouche est fruitée (petits fruits rouges), bref, un rouge plaisant et convivial. A 5 € 00 la bouteille, on n'est pas volé !

- Touraine-Chenonceaux rouge 2014  "La Long Bec" : cette cuvée de rouge, qui tire elle aussi son nom de la passion de Luc Poullain pour la chasse à la "Bécasse", est le fruit de l'association à parts égales du Côt et du Cabernet franc. Dans la mesure où cette toute jeune AOC Touraine-Chenonceaux (50 vignerons recensés) a misé sur le Côt en cépage majoritaire, je m'étonne que son "Président" ait quant à lui opté pour le 50/50 ! La prochaine fois, je lui poserais la question. Revenons au contenu de cette bouteille dont le nez offre un bouquet intense et fruité (fruits noirs). En bouche, cet assemblage, dont j'ai eu du mal a identifier les 2 cépages (vinifiés ensemble et non séparément), se révèle équilibré, puissant et légèrement tannique. Il persiste bien et son équilibre en fait un vin savoureux déjà prêt à boire.

Attention, Luc Poullain n'accepte que les paiements en espèces et par chèque, pour lesquels il ne nous a pas délivré de facture ...

 

*Comme Périco Légasse, je préfère employer le terme AOC à celui d'AOP imposé par l'Europe !

Domaine des Échardières

Luc POULLAIN

Bureau & correspondance

9 rue de la Brosse

41110 POUILLÉ

Tél./Fax : 02 54 71 46 66

Email : info@domaine.echardieres.com

Site web : www.domaine.echardieres.com

Cave

16 route de la Varenne

41400 ANGÉ

Tél. : 06 80 64 27 77


La 50ème Grande Fête Médiévale de Lastours, un beau succès !

Dixit Jean-Michel Ménard, le maître d'oeuvre et organisateur de cette 50ème Médiévale, "L’événement" était annoncé comme exceptionnel, il l'a été !"

La 50ème Grande Fête Médiévale de Lastours (en Limousin !) a en effet battu tous les records d’affluence avec un peu plus de 4000 visiteurs sur les 2 jours, 12 et 13 août 2017, qu'ont duré les festivités ! Pour avoir été "guichetier" avec Pascale, durant toute la matinée et une grande partie de l'après-midi du 12 août 2017, je n'en suis guère étonné, tant nous avions parfois de la peine à fournir les billets d'entrée. Il faut avouer que tous les ingrédients étaient réunis pour arriver à ce succès. Tout d'abord le temps, ni trop chaud, ni trop frais. Ensuite, la programmation au niveau des troupes participantes et des animations était de grande qualité, avec notamment la présence de la Compagnie Kanahi dont l'un des acteurs principaux, Jérémie Bellois, a époustouflé la nombreuse assistance venue en cette fin de soirée du 12 août 2017. La démonstration de sa maestria dans la maîtrise du feu, notamment dans la Flamme du dragon, m'a particulièrement marqué. Pour vous en convaincre, il suffit de visionner la vidéo intégrale ci-dessous.

D'autres vidéos, en cours de montage, viendront compléter ce compte-rendu au fur et à mesure de leur mise en ligne sur YouTube.

Waraok est un groupe de "musique de rue" passionné par les musiques anciennes. Ils interprètent un répertoire basé sur des reconstitutions d'instruments anciens tels que, hautboiscornemuses, tambours, percussions, cornes, trompes et sonnailles, mais aussi d'autres moins connus portant les étranges noms de davul, biniou kozh, veuze, daf, riqq, luth, cymbalettes, tarota, cornemuse "Guillaume de Machaut", pandeiro, nwaks, qaraqab, bendhir ou encore derbuka. De ville en ville, de tavernes en castels, de défilés en processions, leurs instruments sonnent à tout va et à tous vents pour esbaudir les petits comme les grands. Et cette troupe prend toujours un malin plaisir à mener la danse pour les gentes dames et damoiseaux de France et de Navarre ... et pour ce WE d'août 2017, du Limousin !

La vidéo ci-dessous retrace leur active participation durant ces 2 journées. A propos de l'un de ses membres, Jean-Denis Toumit, celui-ci faisait d'ailleurs partie de la Compagnie Macthiern, une troupe bretonne qui a animé avec fougue et générosité, le tout saupoudré d'un brin de douce folie, les premières "médiévales" de Lastours à la fin des années 90.  Vous pouvez d'ailleurs retrouver "Jean-Denis" jouant de la bombarde jusqu'à plus d'heure ... et plus soif, dans la salle des fêtes de Lastours, un soir d'août 1998, en cliquant ici.

 

Les Compagnons du Gras Jambon, un drôle de nom que celui de cette troupe qui "déménage" avec son leader Frère Vick, alias Florian Baudrain, impressionnant par sa stature, sa voix de stentor et son étrange instrument, la "nickelharpa". Un de ses membres actifs, Franck Piquedoux, est un ancien de Macthiern ainsi que de Leïs Tornals, et a énergiquement participé aux Médiévales de Lastours des années 90. Autre membre à découvrir, la pétulante et percutante Perkim, une jeune femme au look d'enfer, qui "assure brillamment le tempo" avec son Tambour Alfaïa. La vidéo ci-dessous reprend 2 morceaux que cette troupe vivifiante a joué devant le château de Lastours le dimanche 13 août 2017.

Les Compagnons du Gras Jambon, ce sont aussi des experts dans «lard» de divertir qui vous emmèneront dans une époque médiévale festive et dynamique, à travers musique et jongle. Pas de répits pour leurs danseurs, pas de fond dans les bouteilles de leurs buveurs. Ces six musiciens, avec leur jongleuse Azalaïs Lupa (non présente à Lastours), préfèrent les fêtes païennes et les gens-bons-vivants, plutôt que les carêmes. La vie est trop courte, et qui sait, en enfer comme au paradis, leurs hôtes ne connaissent peut-être pas le vin clairet et le gras jambon.

Les Compagnons du Gras Jambon étendent leur répertoire musical du XIIème au XVIème et même au-delà des frontières d'Occitanie, avec des influences des Balkans, de Norvège et de Suède. Ils peuvent également animer vos fêtes et remplir vos rues de leur musique, mais aussi animer mariages ou fêtes privées.

Autres troupes également à mentionner et à féliciter :

- Guerre et chevalerie : spécialisée dans les combat équestre et à armes réelles, le tir à l'arc et les armures pour enfants, cette troupe venue d'Alsace, était déjà présente à la Médiévale d'août 2013. Leur spectacle a fait l'objet d'une vidéo.

- citons encore La Neuvième Baronnie (Campement militaire ...)Les Chevaliers de la Licorne, (Campement, frappe de monnaies ...), Les Enragés Errants (Combats avec armes sécurisées, Campement ...), Pastourel (Animation musicale, exposition d'instruments ...), La Roulotte (Jeux anciens en bois), Matilde Montségur (Enluminures ...), Philippe Barré (Ferronnerie d'art, écus, boucliers ...), Marie Zaplotny (Maquillage d'enfants) ... et une foultitude d'artisans et commerçants en rapport avec le moyen-âge ... ou presque !

Cette photo rend hommage à mes parents et grands-parents, témoins d'une époque conviviale où dans  un même  lieu se côtoyaient un salon de coiffure, un café et un restaurant !

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