Bienvenue à vous sur ce site voué à la découverte des plaisirs gourmands solides et liquides, mitonnés par des artisans souvent talentueux et passionnés, sans oublier bien sûr quelques récréations touristiques et digestives.

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Avril-Mai 2017

Le Saint-Benoît, pour les amateurs de viande, mais pas qu'eux !

Après avoir été aux commandes de l'Auberge de Chanteclairc à Bouchemaine de 1993 à 1997, l'avoir vendue puis rachetée en 2003 et y rester jusqu’en 2012, Patricia & Frédéric Benoît se sont lancés en 2013 dans un nouveau challenge, créer une brasserie haut de gamme dans une ZAC avec en point d'orgue une spécialité pour leur clientèle, proposer de la viande maturée de plusieurs semaines à plusieurs mois. Plus de trois ans de démarches et de travaux leur ont été nécessaires pour mener à bien cet ambitieux et gigantesque projet. Et le 17 mars 2016, le Saint-Benoit accueillaient enfin ses premiers clients.

De l'extérieur, cet établissement ne ressemble en rien à un restaurant classique mais plutôt aux bâtiments que l'on trouve dans une ZAC. Par contre, une fois la porte d'entrée poussée, on est accueilli par un cadre chaud, cossu et intime qui surprend et vous met en confiance. Sur la droite, on ne peut pas rater la première armoire, celle où maturent des dizaines d'entrecôtes ou de faux-filet accrochés chacun à un esse. Si on y prête toute l'attention nécessaire, on découvre dans cette armoire moult pièces de bœuf qui attendent tranquillement de "rassir", un terme que je préfère à celui de "maturer". J'avais évoqué dans un de mes commentaires antérieurs (Cf. Côté Jardin à Gien en septembre 2016) ce que je pensais de la maturation en morceaux et non en carcasse ou demi-carcasse. Je maintiens toujours mon point de vue à ce propos, mais c'est vrai que le procédé de maturation mis en place par Frédéric Benoît est intéressant. On y remarque notamment de la Rouge des Près, une des 3 AOC françaises en matière de viande (les 2 autres sont le Taureau de Camargue et le Fin gras du Mézenc), de la Galice d'Espagne, de la Parthenaise, de la Black Angus USA (garantie sans anabolisants !), de la Blonde d'Aquitaine, de la Montbéliarde, de la Piémontaise USA ... bref, de quoi se satisfaire ! Et dès qu'il sent qu'un morceau de viande est au point de maturation optimal, celui-ci prend le chemin de la seconde. Cette seconde armoire se situe un peu loin sur la gauche, une fois passé le comptoir et l'énorme billot de la fin du XIX ème siècle acheté sur le Bon Coin. Elle sert à stocker les viandes sélectionnées dans la première et destinées à finir dans votre assiette. Tous les morceaux sont étiquetés avec leur race et leur date de réception. A proximité, une ardoise rappelle le prix que vous devrez débourser les déguster, entre 13 et 35 € 00 ... les 100 g. Mais à ce tarif, le morceau de bœuf que vous aurez choisi avec les précieux conseils de Frédéric Benoît, sera totalement épluché puis pesé. Finalement, vous ne payez  que le poids de viande que vous mangerez. Et c'est peut-être là le talon d'Achille de ce procédé de "maturation". Il génère beaucoup de perte, pratiquement 50 %, soit beaucoup plus qu'en faisant rassir une bête, une demi-bête voir un quartier de bœuf. Mais par contre l'avantage, c'est de ne proposer à la clientèle que des morceaux nobles et de ne pas avoir à se préoccuper de la gestion des bas morceaux.

Comme nous sommes venus pour goûter des viandes maturées, nous faisons le choix de 3 entrecôtes de 3 races différentes. Une Salers du 28 mars 2017, une Charolaise du 14 février 2017 et une Black Angus du 1er février 2017.

Pour nous faire patienter pendant la préparation de nos pièces de viandes et leur courte cuisson, Frédéric Benoît nous offre un Effiloché de viande maturée depuis août 2016. La viande est fondante et son goût puissant. Elle me fait penser à de la viande des Grisons, mais version sans sel ni épices et avec une maturation plus longue, beaucoup plus longue.

Quelques minutes après arrivent nos 3 entrecôtes partagées chacune en 2. Pascale a pris pour les accompagner des frites maison et moi, une ratatouille. Nous avons droit aussi à trois sauces, une Poivre, une Béarnaise et une au Bleu. Après avoir retrouvé, avec l'aide de Frédéric Benoît qui est qui dans notre assiette (pas évident !) nous entamons notre dégustation. Au final, j'ai adoré la Salers, goûteuse et bien tendre, et bien aimée la Black Angus, elle aussi avec un bon goût de viande et très tendre. Par contre, j'ai trouvé la Charolaise moins savoureuse et un peu ferme.

Il nous restait à conclure par un dessert. Pour mon épouse, ce sera un Paris-Brest sur crème anglaise, un gros Paris-Brest devrais-je dire, bon en goût mais desservi par une présentation qui ne le valorise pas (Cf. Diaporama et le Paris-Brest de Lenôtre). Quant à moi, j'ai fait le choix du Baba au rhum, crème anglaise et ananas frais. En fait, ce Baba est un Savarin. Là aussi, pas de problème au niveau du goût, avec une pâte moelleuse, un rhum bien dosé et des tronçons d'ananas qui apportent une note fraîche et fruitée intéressante. Par contre, sa présentation est elle aussi désavantagée par une pâte qui à l'air d'avoir subit un petit problème à son démoulage (Cf. Diaporama).

Pour les mariages vineux, la carte du Saint-Benoît propose une kyrielle de vins au verre de 12 cl avec 13 vins blancs (de 3 € 20 à 9 € 50), 3 vins rosés (de 3 € 30 à 3 € 90) et 20 vins rouges (de 3 € 20 à 6 € 20). J'ai fait le choix pour notre déjeuner d'un bon Chinon 2015 du domaine de la Noblaie à 4 € 60, bien fruité et légèrement tannique.

Enfin, Frédéric Benoît m'a fait visiter ses cuisines et découvrir un appareil de cuisson très étonnant, le Vario cooking center Multificiency® de Frima qui permet pratiquement de tout préparer grâce à une multitude de programmes; un équipement très pratique pour faciliter et assurer le service des 170 couverts que peut accueillir au maximum les salles du Saint-Benoît de Patricia & Frédéric Benoît et de leur 17 employés.

Le Saint-Benoît

Patricia & Frédéric BENOÎT

8 avenue Paul Prosper Guilhem

ZAC de l'Hoirie

49070 BEAUCOUZÉ

Tél. : 02 41 43 88 69

Email : contact@brasserie-lesaintbenoit.fr

Site web :  brasserie-lesainbenoit.fr

La Table d'Elise, élisez-là sans crainte pour déjeuner ou dîner !

Le local de cette Table d'Elise a longtemps abrité l'ancien gastro de "La Marine" avant d'accueillir depuis 2008 une clientèle plus intéressée par une cuisine de la mer "bistrotière"  et soucieuse d'un bon rapport qualité/prix. Le cadre est très orienté marine avec ses lambris, ses cuivres, ses instruments et ses cordages Les félicités des lieux se dispensent avec 2 menus. Le premier, dénommé "Menu du Marché", est une véritable aubaine et peut-être le meilleur coût à faire dans ce restaurant avec une dépense de 21 € 50 pour 3 services  (entrée, plat et dessert) sans choix. Le second, passé de 29 € 00 en 2015 à 32 € 00 ce 26 avril 2017, est concocté à partir de produits plus "nobles" et avec des choix (4 entrées dont une avec un supplément de 6 € 00, 3 plats et 4 fromages et desserts). Nous avons longtemps hésité à opérer notre sélection. Finalement, comme rien ne nous intéressait parmi les 4 entrées du menu à 32 € 00 (Acra de poisson et tourteau, sauce ravigote - Asperge et velouté e petits pois, œuf mollet - Les 6 huîtres de l'ami Raymond - Foie gras de canard, chutney de pomme avec un supplément de 6 €) mon épouse a fait le choix de la formule plat/dessert à 27 € 00 et moi, celui du Menu du Marché. Nous avons ainsi partagé mon entrée, un délicat et savoureux Fondant de maquereau, une entrée qui ne déparerait pas à être servie, avec une présentation plus étudiée, à la table d'un étoilé. Mon épouse a poursuivi avec un Lieu jaune, fenouil fondant et légumes du jardin pendant que je réservais un joli sort au Merlan, printanière de légumes. Nos deux poissons étaient parfaitement cuits, avec une belle chair nacrée, un petit perlant à sa surface et un moelleux en bouche ... bref,  une cuisson comme nous l'aimons. Il faut aussi mentionner qu'Alexandre Couillon ne se contente pas, comme il pourrait très bien le faire, de servir les mêmes légumes principaux pour ces 2 poissons. Car mon épouse a eu droit à un ensemble petits pois, navets longs et carottes "glacés" pendant que je savourais du fenouil divinement confit, agrémenté de navets ronds "glacés".

Pour conclure, nous avons échangé nos desserts. C'est ainsi que je me suis régalé avec celui du Menu à 32 € 00, c'est à dire des Pommes pochées au sirop de caramel, glace à l'avoine et laurier, mousse au praliné, avec une mention toute spéciale à la glace avoine et laurier qui remplaçait avantageusement celle à l'avoine, pendant que Pascale se délectait avec celui du Menu du Marché, un Clafoutis rhubarbe et pommes. Pour accompagner ces agapes nous avons pioché dans la carte des vins pour y sélectionner une AOC Fief vendéen 2015 "Mareuil"  de J. Mourat, en pichet de 50 cl, un vin composé pour 2/3 de chenin et pour 1/3 de chardonnay, un vin bien vif et fruité, parfait pour notre déjeuner. La carte des vins est particulièrement intéressante avec une pléthorique offre de 17 vins au verre (de 12 cl), dans une fourchette tarifaire de 4 € 00, pour un VDF 2016 rouge 100 % Pineau d'Aunis de chez Vaillant, à 10 € 00, pour un Champagne brut de Lenoble. On y ajoute 14 vins disponibles en pichet de 50 cl et un total de 31 références (11 blancs, 2 moelleux, 3 bulles, 3 rosés et 12 rouges) dont les prix s'échelonnent entre 21 et 90 € 00, et il y a de quoi satisfaire pas mal d'œnophiles. Seul regret, un prix moyen de la bouteille un peu élevé avec ses 31 € 60. Par ailleurs, un effort pourrait être fait au niveau de sa présentation plus proche de celle d'un bon "routier" que d'un Bib gourmand (Cf. diaporama), d'autant que la maison mère toute proche, peut disposer des avisés conseils d'un sommelier 2 étoiles  ! 

La Table d'Élise

Céline et Alexandre COUILLON

Rue Marie Lemonnier

85330 NOIRMOUTIER

Tél. : 02 28 10 68 35

Très chères pommes de terre de Noirmoutier ...

Bien qu'elle ne bénéficie pas d'une AOC comme la pomme de terre de l'île de Ré (disponible en 2 variétés, Alcmaria et Charlotte), celle de Noirmoutier n'en jouit pas moins d'une bonne renommée ... et d'un prix de vente particulièrement conséquent. Ce qui contredit l'adage "Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée", les 2 ici étant compatibles !

La plus connue est la Bonnotte, disponible en principe du 7 au 20 mai. Pour en faire l'acquisition, mieux vaut connaitre son prix avant, surtout si vous envisagez deux caisses de 5 kg. Hélas, ou peut-être tant mieux pour mon portefeuille, la fête de la Bonnotte avait lieu cette année le 29 avril, ce qui m'a privé d'en faire l'achat. Heureusement, grâce à Raymond Kadem et ses connaissances, j'ai pu tout de même repartir avec un sac de 5 kg, mais plutôt de la sirtema que de la bonnotte. 

Les autres variétés de pommes de terre de l'île de Noirmoutier :

La Sirtema : du 1er avril au 20 juin

La Lady Christ'l : du 5 mai au 31 juillet

La Iodéa : du 15 mai au 10 juin

- La Charlotte du 10 juin au 15 août

 

Faute de disposer de l'adresse d'un bon maraîcher, cette coopérative en constitue une intéressante. Et pour ceux qui voudrait à tout prix goûter à l'une des 5 variétés de pommes de terre de Noirmoutier qu'elle commercialise mais qui ne peuvent pas se déplacer, une carte interactive présente sur leur site, permet de connaitre les nombreux points de vente qui en assurent la distribution, Leclerc étant à priori un partenaire privilégié. Enfin, le magasin de vente de cette coopérative propose bien sûr d'autres produits que la pomme de terre primeur, comme des Mogettes label rouge, des Sels autochtones, des Soupes de poissons et des Chips cuites au chaudron. Ce produit m'a particulièrement intéressé, surtout une fois de retour "at home" où l'examen des "Ingrédients" m'a laissé dubitatif. En effet, si on peut y lire "sel marin de Noirmoutier" par contre, pour l'ingrédient principal, on ne trouve que "Pomme de terre" sans aucune mention d'origine noirmoutrine ... Après un premier mél de demande d'explications resté sans réponse, un second a été expédié en fin d'AM du 26 mai 2017. J'attends avec impatience leur réponse ...

Coopérative Agricole de Noirmoutier

Le Petit Chessé
BP 235
85330 NOIRMOUTIER
Tél. 02 51 35 76 76
Fax 02 51 39 03 38

Site web : www.lanoirmoutier.com

Les petits gâteaux et les biscuits des Petits Cagniotes*

Cette biscuiterie est implantée à proximité d'un rond-point sur la route qui mène à Noirmoutier-en-l'Île. Elle est tenue par Géraldine et Pierre Lerat, deux professionnels des métiers de bouche qui ont connu et éprouvé d'autres formes commerciales dans leur passé (crêperie et restaurant) pour exprimer leur talent. A propos de talent, celui de Pierre Lerat bénéficie d'un préjugé hautement favorable, rien qu'à la lecture de son cursus. En effet, celui-ci l'a mené chez Robuchon, période Jamin, et Yves Thuriès, sous les ordres de Philippe Parc, sans oublier que notre homme est aussi Compagnon du Tour de France des Devoirs Unis. C'est en 2012 qu'ils se lancent tous les deux dans l'aventure de la biscuiterie en créant "Les Petits Cagniotes", un lieu de fabrication et de vente ... où les photos sont en principe interdites ! Je n'avais pas vu le pictogramme en informant la clientèle, mais après une discussion avec Géraldine Lerat, tout s'est arrangé pour moi quand elle a compris que je n'étais pas un espion industriel !

Et pourtant, à peine entré, j'avais eu envie de ressortir, pas emballé par un petit gâteau proposé à la dégustation. Et puis, écoutant mon épouse, j'ai quand même poursuivi ma petite exploration du magasin. J'ai été remis en confiance par la présence des confitures de la Reine Christine Ferber et surtout, je suis tombé sur les Spéculoos au sucre noir. Et là, ce fut le déclic positif, d'abord qualitativement, quand j'ai examiné la liste des ingrédients de leur composition, puis gustativement. Le reste des produits achetés ce 26 avril 2017, que ce soient les Zigounettes, les Sablés chocolat, les Sablés caramel et praliné, les Molettes® ou les Guimauves mimosa, étaient tous excellents ! Pour revenir aux Guimauves mimosa, fabriquées à l'aide de la fleur de mimosa de l'île de Noirmoutier, non seulement ce produit est original mais en plus il est très subtil avec un parfum de mimosa parfaitement dosé et non entêtant, bref une très grande réussite, bien supérieure aux Guimauves achetées en octobre 2015 chez Thierry Bamas (MOF et champion du monde de pâtisserie) à Anglet. Et je ne parle même pas de celles de Ludovic Pacaille à Limoges ...

En résumé, cette biscuiterie est une adresse pour becs sucrés à fréquenter en toute confiance et pratiquement sans modération !

 

*Le cagniote est un mammifère domestique, de la famille des équidés, plus petit que le cheval et doté de longues oreilles, un âne en patois noirmoutrin.

Les Petits Cagniotes

Géraldine et Pierre LERAT

2 rue des Marouettes

85330 NOIRMOUTIER

Tél. : 02 51 35 33 39
Email :
 biscuiterie@lespetitscagniotes.com

Site web : www.lespetitscagniotes.com

Une matinée avec Cécile et Raymond Kadem sur leurs parcs d'huîtres naturelles

Ma dernière prestation d'apprenti ostréiculteur remontait à Pâques 1960, sur le bassin d’Arcachon. Autant dire que ça faisait un bail ! A cette époque, les huîtres étaient élevées dans des sortes d'enclos rectangulaires ou carrés délimités par un grillage de 20 à 30 centimètres de hauteur.  Le travail consistait,à l'aide d'une fourche, de replacer les huîtres qui s'étaient agglutinées au gré des marées contre le grillage, au milieu de chacun des enclos. Pour les atteindre, nous avions embarqué à marée haute sur une pinasse à la Teste-de-Buch, et nous avions attendu que la marée descende pour qu'elle s'échoue et nous permettre d'opérer notre travail. Depuis, la culture de l’huître à évoluer. Aujourd'hui, la plupart des ostréiculteurs opèrent différemment.

Principalement en été, l'huître pond de minuscules larves dans la mer. Au gré des courants, celles-ci cherchent un endroit pour se fixer. La technique utilisée par Raymond Kadem est celle du tube collecteur en plastique annelé. Il les installe à Fouras, où depuis 1925 la culture de l’huître est une institution. Une fois les larves fixées sur les tubes collecteurs, ceux-ci sont réunis par paquets de 20 au moyen de clips en plastique, le tout étant soigneusement ficelés. Ensuite, ces paquets sont rapatriés à Noirmoutier et stockés en mer, près du port du Bonhomme. Le moment venu, les tubes seront ficelés un par un sur des tables en fer à béton. Grâce au plancton qu'elles vont capté et ingérer, les larves vont devenir un naissain. Au bout de 4 mois, elles atteindront entre 2 à 4 cm, soit 200 fois leur taille initiale. Quand l'ostréiculteur jugera de leur bonne taille, il détachera le naissain du collecteur pour le mettre en élevage dans des poches, attachées elles aussi sur des tables en fer à béton. Il restera encore d'autres opérations à effectuer, mais nous ne les avons pas testées !

C'est à la suite de l'invitation de Raymond Kadem faite en octobre 2016, que nous nous sommes présentés ce mercredi 26 avril 2017, sur le coup de 8 h 45 à sa "cabane" où nous y attendaient également Cécile Kadem et Jean-Marc, pour "travailler" toute une matinée en leur compagnie et expérimenter une partie du processus d'élevage de l'huître. Nous partirons vers les parcs avec 2 tracteurs, ce qui nous étonnera. Raymond Kadem nous informera que cette pratique est une sécurité nécessaire, car si un des tracteurs tombe en panne, il faut pouvoir le ramener avec l'aide de l'autre, sous peine que la mer le submerge et l'endommage sérieusement. Après avoir mis en place des poches d'huîtres et attaché des tubes collecteurs sur les tables en fer, nous serons de retour à la "cabane" vers 13 h 15, pas mal épuisés mais conscients d'avoir participé au rude travail des ostréiculteurs et vécu un grand moment de vie,. Ce retour à la cabane sera l'occasion de partager un Pâté de foies de volaille au genièvre, "façon Robuchon", quelques huîtres de l'ami Raymond, comme aime le dire Alexandre Couillon à la carte de sa Table d'Elise, sans oublier l'allié indispensable pour un tel graillou, une bouteille de Muscadet-sur-Lie 2015 de Vincent Loiret.

Durant notre intense activité physique de la matinée, Raymond Kadem a attiré mon attention sur un phénomène actuel des plus inquiétants. Si, il y a une dizaine d'années, il captait 800 larves d’huîtres par tube-collecteur, aujourd'hui ces larves sont tombées à 400 ! Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer, ou tenter de le faire, ce phénomène. Certains y voient les effets du réchauffement climatique, d'autres les effets des peintures anti-salissure des bateaux de plaisance, voir des nitrates. Mais une autre raison est évoquée par les producteurs d'huîtres "naturelles", celle de l'arrivée en 1997 des perfides triploïdes* grâce, ou plutôt à cause de l'IFREMER. Ces huîtres subissent en effet effet une modification de leur caractéristiques génétiques afin de leur octroyer des triplets de chromosomes à la place de leurs doublets originels. Elles sont obtenues en écloseries à partir de géniteurs tétraploïdes (chromosomes par lot de 4) et diploïdes (paires de chromosomes). Mais le drame, c'est que ces huîtres sont stériles et qu'elles côtoient dans les parcs, je l'ai constaté in situ ce 26 avril 2017, les huîtres naturelles !

Que faire ? Et bien c'est très simple, questionner à ce sujet la DDCCRF de La Rochelle où officie en principe un spécialiste national de l’huître. Et il faudra bien, tout comme ses collègues de la Manche pour l'affaire du Camembert fabriqué en Normandie (Cf. mes différents commentaires antérieurs sur ce site), qu'il me fournisse une explication plausible et argumentée. Car au niveau réglementaire, les dispositions de l'article L.441-1 du Code la Consommation, l'ancien article L.213-1 modifié par Macron (tient donc !), stipulent :

 

"Il est interdit pour toute personne, partie ou non au contrat, de tromper ou tenter de tromper le contractant, par quelque moyen ou procédé que ce soit, même par l'intermédiaire d'un tiers :

1° Soit sur la nature, l'espèce, l'origine, les qualités substantielles, la composition ou la teneur en principes utiles de toutes marchandises …"

 

Or l’huître triploïde possède une qualité substantielle essentielle qui la différencie de l’huître naturelle, celle d'être génétiquement modifiée pour en faire une huître des "4 saisons". En tant que consommateur, je dois être informé de cette qualité substantielle afin de choisir mon huître en toute connaissance de cause … et actuellement je ne le suis pas ! Je vous tiendrais au courant bien sûr des suites qui ne manqueront pas d'être données à mon courrier.

 

Enfin, quand on parle d'huître triploïde, le nom de Gillardeau revient souvent à son propos. Pour en avoir le cœur net, j'ai adressé à cette maison le mél suivant :

 

Bonsoir,

J'ai bien lu les différentes pages de votre site mais il y a un renseignement que je ne trouve pas à propos de leur origine. Alors, pouvez-vous me dire si vos huîtres sont ou non des triploïdes.
Merci d'avance, cordialement,
JP POULET

 

Et voici leur réponse :

 

Bonjour,
Pour répondre à votre question, nos stocks comprennent à la fois des huîtres triploïdes et des huîtres naturelles. Nous nous tenons à votre disposition pour tout autre question.
Nous vous souhaitons une excellente journée.
Cordialement,
Fabienne BONHOMME

 

Nouveau mél de ma part :

 

Bonjour,

Merci pour votre prompte réponse et vos explications. Reste pourtant un problème pour moi : comment puis-je faire chez un de vos revendeurs (il y en a un pas loin de chez moi), si je ne veux pas acheter de triploïdes ?

Cordialement,

Jean-Pierre POULET

 

Leur réponse :

Les professionnels savent en général reconnaître des huîtres triploïdes d’un coup d’œil.

Je ne peux vous assurer qu’il y ait sur le marché des bourriches uniquement constituées d'huîtres naturelles et d’autres uniquement constituées d’huîtres triploïdes.

Si vous recherchez uniquement des huîtres naturelles, je vous suggère d’acheter vos huîtres auprès d’une cabane ostréicole de taille modeste.

N’hésitez pas à revenir vers nous pour toute question.

Cordialement

Fabienne BONHOMME

 

*L'huître triploïde se reconnait de l'huître naturelle par son talon qui rebique, un peu comme la pointe d'un sabot de bois. Son succès, elle le doit bien sûr au fait qu'elle n'est pas laiteuse mais aussi que son développement s'opère en 2 ans au lieu de 3 pour l'huître naturelle. Et cette triploïde fait parler d'elle, comme dans cet article de Que Choisir paru en juin 2015.

Cécile & Raymond KADEM

47 rue du Port de l'Herbaudière

85330 NOIRMOUTIER

Tél. : 02 51 35 82 52 (Poisonnerie) - 02 51 35 94 12 (Cabane) - 02 51 39 11 48 (Domicile)

La poissonnerie est ouverte les jeudi, samedi et dimanche matin de 9 H 00 à 12 H 15

La Villa en l'Île, un hôtel très accueillant et confortable

Après avoir exercé le métier d'opticien pendant plus de 15 ans, Patrick Bruno s'est lancé fin 2012, avec l'aide de son épouse Nelly, dans l'hôtellerie en achetant puis en restaurant l'hôtel "Les Capucines". Rouvert en 2013, cet établissement propose à sa clientèle 22 chambres toutes classées 2 étoiles et réparties dans deux bâtiments. Elles sont au calme et bénéficient de tout le confort. Celle qui nous était attribuée, la 23, était fonctionnelle, avec un lit confortable 160 X 200 et un espace cabinet de toilettes par contre calculé au plus juste (Coin lavabo : 52 x 67 cm - Douche : 67 x 120 cm). Par ailleurs, il est dommage que lors de sa restructuration on n'ait pas penser à installer une seconde porte dans l'espace qui mène de la porte d'entrée à la chambre proprement dite, ce qui l'aurait mieux insonorisée des bruits provenant du couloir.

Le petit déjeuner se présente sous la forme d'un buffet. Il est proposé dans une grande salle lumineuse et agréable. Le choix des ingrédients qui le composeront sont divers et variés (Cf. diaporama ci-dessous). Les viennoiseries proviennent d'une bonne boulangerie du centre ville. 

L'hôtel dispose d'un parking privé et fermé. Dernière remarque, et elle a son importance, Nelly et Patrick Bruno sont très accueillants et aux petits soins pour rendre votre séjour dans leur hôtel le plus agréable possible.

La Villa en l'Île

Nelly & Patrick BRUNO

38 avenue de la Victoire

85330 NOIRMOUTIER-EN-L'ÎLE

Tél. : 02 51 39 06 82

Email : contact@lavillaenlile.com

Site web : www.lavillaenlile.com

La Maison des Toqués, peut mieux faire

Auparavant, cet emplacement abritait un commerce voué aux Arts de la table. Depuis, le 31 juillet 2016, grâce à AuroreSébastien Duchenne, ce sont désormais les Plaisirs de la table qui accueillent ici un maximum de 18 convives. La quarantaine passée, le chef  Sébastien Duchenne, après de nombreuses et solides expériences, notamment chez Brochot à Montceau-les-Mines, les Hauts de Loire à Onzain (2007/2008) et aux Prateaux à Noirmoutier, a décidé que son heure était arrivée de voler de ses propres ailes. Pour l'épauler dans cette aventure, il y a Aurore son épouse, elle aussi du métier, mais côté salle, avec notamment comme référence la table étoilée de La Tour à Sancerre.

Les propositions de la carte sont volontairement limitées à 6 préparations qui composent selon la couleur verte ou rouge 3 menus dont les prix s’échelonnant de 39 € 00 pour 3 plats, à 60 € 00 pour 6 plats, en passant par 49 € 00 pour 4 plats. Cette formule a été inspirée d'une expérience des Duchenne au SA. QUA. NA., un 2 étoiles d'Honfleur, qui propose en effet un menu imposé en 5 ou 8 services. J'espère que ce choix n'entravera pas la fréquentation de ce restaurant, d'autant que non loin de là, Alexandre Couillon et sa Table d'Elise propose une cuisine auréolée d'un "Bib gourmand" en 3 plats pour 32 € 00, avec du choix, mais il est vrai, sans amuse-bouche ni mignardises.

Notre déjeuner commence par une trilogie d'amuse-bouche avec Crème d'asperges au citron, Carpaccio de langoustine et Chips de crevette et chantilly d'huîtres. Le premier est trop citronné, ce qui masque le goût de l'asperge. Par contre, les deux autres sont particulièrement réussis, avec une mention spéciale au Carpaccio de langoustines

On embraye avec notre premier plat intitulé Basse cour, mer et végétales.  Il y a de l'inspiration "brasienne" dans cette préparation assemblant carottes multicolores (pourpre, jaune et orange), betterave chiogga, céleri, petits pois, haricots verts, asperges, radis pourpre, sablé au curry noirbeignet d'algues et langoustine. C'est frais, goûteux et bien équilibré dans ses composantes, une très bonne entrée. Mon seul reproche à lui faire, c'est sa présentation dans une sorte d'assiette "aquarium" en verre, décorée intérieurement par des fleurs et des végétaux qui donnent une fausse impression d'opulence. Le plat de résistance est un St-Pierre de ligne de Noirmoutier, émulsion iodé, jus de crustacé (sic). Dommage que le poisson proche du paradis ait été laissé en attente un peu trop longtemps sous la salamandre où il a séché et perdu de son moelleux, nous qui l'aimons perlant. Autrement la composition, là aussi, était goûteuse et délicieuse, délicatement iodée par la présence conjointe de la mertensia et de la bourrache.

Pour accompagner notre entrée et notre plat, nous n'avons pris qu'un seul vin au verre, un très bon Sancerre bio à 6 € 00 les 12 cl. A ce propos, il est dommage que sur la carte idoine, son producteur ne soit pas cité, comme d'ailleurs pour les 7 autres vins au verre, de 3 € 00 (Rosé de Loire) à 8 € 00 (Fief vendéen blanc et rouge) d'autant qu'on vous annonce en préambule une sélection de vignerons artisans de qualité ... qu'on aimerait bien connaître. Les amateurs de Bacchus pourront aussi piocher dans une sélection de vins en bouteilles, avec 5 rosés de 16 € 00 (Cabernet( d'Anjou) à 47 € 00 (Bandol), 16 blancs de 27 € 00 (Muscadet de Jo Landron) à 68 € 00 (Savennières d'Evelyne de Pontbriand) et 13 rouges de 17 € 00 (Côtes du Rhône Dne du Trapadis) à 81 € 00 (Châteauneuf-du-Pape Dne Pierre André), voir 84 € 00 pour un Aloxe-Corton Dne Chapelle & Fils.

On termine par une note sucrée assemblant Banane, rhum, vanille. Si ce dessert est très correct, par contre sa présentation mériterait un petit effort dans son esthétique, surtout pour la crème vanillée dressée à la douille cannelée qui donne une impression d'affaissement. Et puis, est-il vraiment nécessaire d'utiliser pour ce dessert une feuille d'argent (40 X 40 mm à 50 € 00 le paquet de 100, soit 0 € 50 l'unité), un élément qui n'apporte rien culinairement, mais qui par contre augmente sérieusement son coût. A ce sujet, je ferais juste une observation. Sébastien Duchenne propose également le midi une formule à 25 € 00 avec entrée et plat ou plat et dessert. Si je calcule bien par rapport au menu à 39 € 00, cela fait ressortir l'entrée ou le dessert, suivant l'option choisie, à 14 € 00 chacun ! A la Table d'Elise, l'entrée est à 10 € 00 et le dessert (d'un niveau supérieur) à 9 € 00 ! Chercher l'erreur ...

Il nous restait une petite place pour faire honneur aux 4 mignardises, soit une exquise Panacotta, une très bonne Guimauve, légère et moelleuse à souhait,  une bonne Madeleine qui aurait méritée quelques minutes de cuisson en plus pour être croquante et moelleuse, et un excellent Rocher noix de coco.  

La Maison des Toqués

Aurore et Sébastien DUCHENNE

32 rue du Port de l'Herbaudière

85330 NOIRMOUTIER

Tél. : 02 28 10 15 12

Facebook : https://www.facebook.com/La-maison-des-toqu%C3%A9s-937242369736875/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

Balade au fil de la Loire entre Saumur et Gennes

C'est sur l'Île Offard de Saumur, plus précisément au quai du Marronnier, que nous embarquons sur la "Nonchalante" de Vincent Pocquereau, réplique d'une gabare naviguant sur la Loire au XVIIIe siècle. Cette embarcation peut accueillir 25 passagers, mais ce dimanche matin 9 avril 2017 nous ne sommes que 11 à en profiter. Le but de cette balade fluviale, rejoindre Gennes à une quinzaine de kilomètres, en utilisant le courant du seul fleuve sauvage d'Europe. Coup de chance, en cette matinée dominicale, le soleil n'est pas avare de ses rayons. Nous en conserverons d'ailleurs un souvenir coloré ! Dès le départ de notre parcours, nous admirerons bien sûr le château et le pont de Saumur. Ensuite, nous longerons les îles Ardouin, du Buisson rouge, Gaultier, Pistolet, de Trèves, de Cunault et de Joreau, en jetant de temps à autre un regard au-delà des rives. Ainsi, nous contemplerons quelques monuments comme le château du Prieuré, qui abrita au début des années 60 et pendant plus de 30 ans, une table étoilée, fermée fin 2013, et le château de Trèves, dont la tour en tuffeaux de 30 mètres s'élève sur 6 niveaux. Finalement, nous mettrons un peu plus d'une heure et demi pour atteindre notre but et déjeuner en toute convivialité à l'Aubergade.

NB : Je tiens à préciser que cette balade fluviale nous était offerte par Mathilde & Pascal Favre d'Anne. Merci une fois de plus à eux pour leur générosité et leur convivialité.

Loire Evasion

Vincent POCQUEREAU

Quai du Marronier

49400 SAUMUR

Tél. : 06 26 99 85 77

Email : loireevasion@gmail.com ou contact@loireevasion.com

Site web : www.loireevasion.com

Dormir au 21 Foch

C'était une bâtisse cossue de 1850 qui abritait auparavant un cercle d'aristocrates. Après quelques travaux nécessaires de restructuration, Mathilde et Pascal Favre d'Anne en ont fait un accueil nocturne de 14 chambres, à mi-chemin entre hôtel et chambre d'hôtes. Les premiers clients ont été accueillis le 14 février 2014 par Thomas Couet à qui la gestion du 21 Foch a été confiée. Depuis, 2 chambres du 1er étage ont été sacrifiées pour permettre de mieux accueillir la clientèle du restaurant. Les 12 chambres restantes sont réparties en 4 tailles

- M - 15 m2 et lit 1 m 60 x 2 m 00 - 140 € 00

- L - 20 m2 et lit 1 m 80 x 2 m 00 - 160 € 00

XL - 25 m2 et lit 2 m 00 x 2 m 00 - 180 € 00

- Suite - 40 m2, lit 2 m 00 x 2 m 00, et canapé transformable 1 m 60 x 2 m 00 - 240 € 00

A priori, nous avons été logés dans une chambre de catégorie M située au 2ème étage, à quelques mètres de l’ascenseur. La chambre est fonctionnelle et donne sur le boulevard Foch. La literie en 160 X 200 permet d'être à l'aise et est confortable. Si vous souhaitez dormir la fenêtre ouverte, il faudra penser aux boules Quies, boulevard Foch oblige. L'option fenêtre fermée implique pratiquement la marche de la climatisation dont la température ne descend pas en dessous de 19°, ce qui pour moi est insuffisant, habitué plutôt à une ambiance tournant autour de 15/16°. Autre sujet d'inquiétude, la chaude température qui régnait ce WE des 8 et 9 avril dans le couloir. Qu'en sera-il en juillet/août

En semaine, les viennoiseries et le pain proviennent de La Maison du Pain de Philippe Soulard, mais le dimanche, fermeture de celle-ci oblige, c'est au Grenier à Pain de Michel Galloyer (l'ancienne vedette pâtissière de la ville reconvertie dans les pains haut de gamme, qui dispose de 17 boulangeries implantées dans l'hexagone, dont la dernière a été ouverte à Orléans le 5 janvier 2016) que Thomas Couet s'approvisionne. C'est donc la production de cette dernière maison, que nous avons trouvée pour alimenter notre petit déjeuner de ce dimanche 9 avril 2017, avec croissant maxi, petits pains, brioche, confitures, jus de fruits, beurre normal ou salé, fromage blanc, salade de fruits, bref de quoi bien se caler les joues pour la matinée. Facturé 14 € 00, il est servi 7 h 15 à 10 h 00 du lundi au vendredi et de 8 h 15 à 10 h 00 le samedi & dimanche. Le 21 Foch appartient à la chaîne hôtelière Châteaux et Hôtels Collection.

Enfin, le point délicat du 21 Foch, c'est le stationnement. Il est en effet pratiquement impossible devant l'hôtel, ce qui peut poser un problème pour larguer ses bagages. Il faudra alors, soit trouver une place dans la rue des Arènes toute proche et pourquoi pas y séjourner la nuit, ou faire quelques hectomètres supplémentaires pour rejoindre le parking du 45 rue Bressigny (gratuit pendant une heure, les jours fériés et de 19 h 00 à 9 h 00). 

NB : la nuitée et les petits déjeuners nous ont été offerts par Mathilde et Pascal Favre d'Anne. Merci encore à eux pour cette généreuse gentillesse.

21 Foch

Maître de maison : Thomas COUET

21 boulevard du Mal Foch

49000 ANGERS

Tél. : 02 30 31 41 00

Email : contact@21foch.fr

Site web : www.21foch.fr

Fourchette de prix des chambres : de 140 à 240 € 00 - Petit déjeuner : 14 € 00

Dîner au Favre d'Anne

Après avoir passé une année sabbatique à parcourir l'Asie de la Mongolie à l'Indonésie, en passant par Kyoto et Hanoï, pour explorer notamment d'autres cuisines, Pascal Favre d'Anne a ouvert le 3 juin 2015 son nouveau loft culinaire du boulevard Foch. J'y ai découvert une cuisine fortement marquée de touches exotiques liées à cette aventure. Si les caprices de la météo de l'année 2016 n'avaient pas contrarié notre projet d'un week-end mariant gastronomie et promenade fluviale sur la Loire, nous aurions du revenir au Favre d'Anne l'année dernière. Hélas, la navigabilité de ce fleuve en a décidé autrement, reportant nos pérégrinations à ce week-end des 8 et 9 avril 2017

Une fois n'est pas coutume, nous avons dérogé à notre principe du déjeuner, pour accepter ce dîner que nous offraient Mathilde & Pascal Favre d'Anne. La température extérieure de ce samedi 8 avril 2017 étant particulièrement clémente, nous avons commencé nos festivités par un apéritif pris sur l'agréable terrasse des lieux. Histoire de rompre avec les codes qui président en la matière, Mathilde nous sert un verre de Muscadet 2015 du domaine de Belle Vue, cuvée Granit, pour nous aiguiser nos papilles. Vif et salin, il accompagne harmonieusement notre premier amuse-bouche, un rafraîchissant Crémeux au citron, émulsion et vinaigrette fruit de la passion. La seconde salve d'amuse-bouche est un peu plus conséquente, avec une Fine tartelette de quinoa, guacamole et yuzu, une Fougasse au cresson dont j'aurais souhaité une pâte un peu plus craquante, et une Chips de riz, poireau, pousses de poireaux et vinaigrette de truffe, très très niaque. Après ce premier épisode gustatif, direction la salle du restaurant où nous est servi une patience "végétale" associant Échalote de Longué confite et séchée, glace beurre blanc sans beurre ni crème, bourrache blanche et mertensia. L'équilibre des saveurs et des textures est parfait, le goût est au rendez-vous, ça promet pour la suite !

Elle se présente sous la forme de Saint-Jacques de Granville, chips de chouxcrème d'amandes et choux-fleurs. Comme pour la patience, tout y est, saveurstexture et plaisir des papilles. L'association vineuse nous emmène sur un Anjou blanc 2013 de Stéphane Erissé, dont le cépage chenin (je n'étais pas convaincu au départ) fait merveille sur ces bivalves. Il faut avouer que l'âge de la vigne, 90 ans, ainsi que l'élevage avec un tiers de fûts neufs y sont certainement pour quelque chose dans l'intensité de la matière exprimée par ce breuvage.

On passe ensuite au poisson. C'est un Lieu jaune, crémeux cresson, poudre de poissons de Loire (silure), condiment cresson alénois. Le poisson est cuit pile-poil, bien nacré, son escorte légumière est toute en subtilité et la poudre de silure joue parfaitement son rôle d'assaisonnement. Le vin choisi par Mathilde est un VDF 2015 du Clos de l’Élu, cuvée "Désirade" en 100% Sauvignon. Ce vin se révèle complexe, avec des notes épicées et confites, une bouche puissante (14 % !), peut-être un peu trop sur ce plat particulièrement délicat et harmonieux. Je profite d'ailleurs de l'occasion pour associer Romain Buttet à cette préparation, le second de Pascal Favre d'Anne, qui a fait son apprentissage de septembre 2007 à août 2009 à l'Aubergade de Gennes, et de septembre 2009 à janvier 2011 à la Maison d'à Côté, époque Ludovic Laurenty.

Histoire de faire une petite pause papillaire, et plutôt que de servir un "trou normand", Pascal Favre d'Anne innove avec ce 100% végétal, champignons de Saumur, herbes folles, émulsion d'ail des ours. Comme Pascal me l'a confié avec une pointe d'ironie, "Ce plat, c'est mon gargouillou !". Je dois avouer que dans un premier temps cette préparation "identitaire" (elle est presque aussi verte que la veste du chef !) m'a plutôt surpris et intrigué, avec notamment ces Enokis, des petits champignons blancs filiformes. Mais au fur et à mesure de sa dégustation ... et de la saucer avec le petit pain d'Alise, ce plat est monté en intensité gustative et m'a finalement enchanté.  

On poursuit ce "dîner surprise" avec une Pince de homard bleu sauce pad thaï, salade de mangue verte et pois gourmands. Un seul mot pour qualifier ce plat, exquis ! S'il fallait n'en retenir qu'un seul de cette soirée, ce serait celui-ci. Pour le vin, Mathilde va à nouveau prendre le contre-pied du mariage classique en nous servant un Saumur Puy Notre-Dame 2010 rouge "Réserve du Pigeonnier" d'Adrien & Guillaume Pire. Assemblage de cabernet franc et de cabernet sauvignon ou vin 100 % cabernet franc ? Le mystère demeure, car le site web de ce domaine dit tout et son contraire à son propos ! Reste qu'il s'est parfaitement accommodé avec le homard.

Nous pensions en avoir terminé et passer aux plaisirs sucrés. Eh bien ! non. A notre grande surprise il restait à découvrir un Ris de veau en croûte de céleri, lentin des chênes (autre nom du shitaké), soja et crémeux réglisse. Habitués au ris de veau cuisiné de manière plus classique, celle de Pascal Favre d'Anne va nous étonnés et surtout nous séduire. Le fait d'entourer le ris de veau d'une bande de céleri apporte une touche intéressante de croquant qui complète le croustillant dû au poêlage de  ce noble abat. S'agissant des shitakés, je dois avouer que je n'en suis pas fan. Mais c'est vrai qu'ils constituent une alternative champignonnière quand il n'y a rien d'autres sur le marché. Reste que ce plat, comme les autres d'ailleurs, est à la hauteur de l'étoile Michelin rapidement reconquise en 2016.  

Les desserts sont le domaine de Laurent Mercier, le pâtissier des lieux depuis un peu plus de 15 mois. Pascal Favre d'Anne ne tarit pas d'éloges à son sujet et il a tout à fait raison, au vu des deux qu'il nous a proposés et servis. Le premier fait honneur au Crémet d'Anjou, une spécialité angevine élaborée en principe avec du fromage blanc égoutté toute une nuit, puis agrémenté de crème fraîche et de blancs d’œufs battus en neige. Patrick Mercier le complète avec un ensemble pomme, coing et gingembre. C'est une petite merveille de légèreté qui aurait pu sans aucun problème appeler un second service.

On enchaîne avec le dessert final, celui dénommé "Atterrissage sucré", qui associe Chocolat, sésame et mangue. L'association est magnifique à tous les niveaux, mais c'est vrai que le sésame, dont j'apprécie pourtant sa puissance de goût, risque d'être un peu trop marqué et présent en bouche pour ceux qui ne lui accordent pas leurs faveurs. Pour lui tenir compagnie, Mathilde nous a dégoupillé un petit trésor raflé à Xavier Cailleau. Issu d'une récolte de Pineau d'Aunis botrytisé, ses 10,5 % d'alcool le rende très digeste mais peut-être un peu tendre pour contrer la force de l'association sésame/chocolat.

Au final, par rapport à notre dernière escale du 6 juin 2015, je trouve que la cuisine de Pascal Favre d'Anne a trouvé son point d'équilibre en fusionnant intelligemment l'influence extrême orientale engrangée lors de son année sabbatique avec ses acquits savoyards et ligériens. Il y a désormais dans plusieurs de ses plats un souffle 2 étoiles qui ne demande qu'à s'étendre au reste ...

Je remercie une fois encore Mathilde et Pascal Favre d'Anne pour ce week-end de plaisirs, de découvertes, de convivialité ... et de générosité. Enfin, je glisse un gros satisfecit au nouveau site internet du Favre d'Anne, bien revu et modernisé, et donc beaucoup plus lisible que l’ancien !

Le Favre d'Anne

Mathilde & Pascal FAVRE D'ANNE - Second : Romain BUTET - Pâtissier : Patrick MERCIER

21 boulevard Foch

49000 ANGERS

Tél. : 02 41 36 12 12

Email : contact@lefavredanne.fr

Site web : www.lefavredanne.fr

Dégustation de Savennières chez Tessa Laroche

Quand Mathilde Favre d'Anne m'a passé un message me demandant si le samedi après-midi 8 avril 2017 j'étais disponible pour une dégustation de Savennières, je ne me suis pas fait prier pour donner mon accord, même si j'ignorais le Domaine choisi. Cela faisait en effet presque 24 ans que je n'avais fait de dégustation en cave de ce vin, très précisément depuis le 30 août 1983. Ce jour-là, dans la foulée, j'avais embrayé avec Dominique Boisgard, le sommelier à l'époque du Relais de Bracieux, la mythique Coulée de Serrant de Nicolas Joly en millésime 1982, le Château de Chamboureau des frères Soulez, avec les cuvées Bizolière, Chamboureau, La Roche aux Moines et Clos du Papillon en millésime 1982, le Domaine des Baumard avec les Savennières 1980, 1981 et 1982, bref une très belle journée de dégustations commencée chez Charles Joguet (je n'ai pas noté hélas les vins dégustés) et terminée chez Charly et Nady Foucault avec des Champigny 81 et 82 en fûts, un Saumur-Champigny 1976 en bouteille (au nez étrange mêlé de géranium, poivron vert et champignon) et un Saumur blanc 1982 en bouteille !

Mais revenons à notre destination, le Domaine aux Moines de Monique et Tessa Laroche, au patronyme prédestiné pour acheter en 1981 le vignoble de La Roche aux Moines ! Il est situé en hauteur, non loin de la fameuse Coulée de Serrant. Il bénéficie d'une exposition sud sud-ouest et d'une magnifique vue sur la vallée de la Loire. Le cépage essentiel est bien sûr le chenin qui exprime sur ce sol composé de schistes pourpres et de schistes bleu-vert une superbe minéralité, mais on y trouve aussi des cabernets franc et sauvignon qui alimentent la production d'Anjou-Villages.

Après une instructive visite du vignoble par Tessa Laroche, notre dégustation commence en cave sur des vins en tonneaux par des prélèvements au moyen de la fameuse pipette  :

- Savennières Roche aux Moines 2016 : vin ayant bénéficié d'un élevage en barriques durant 13 mois. La bouche est bien fruitée, ample et longue. Un léger perlant se manifeste, mais qui devrait disparaître à la mise en bouteille.

Savennières Roche aux Moines "Les Ruets" 2016 : la dégustation des vins issus de cette parcelle de 35 ans a été particulièrement intéressante mais aussi très délicate et difficile. En effet, Tessa Laroche nous l'a décliné en 3 versions identifiées suivant le jour de leur vendange. Le premier dégusté provenait du 2ème jour de vendange, avec une et une bouche discrète, une belle acidité, un vin plus rectiligne. Le deuxième résultait du 1er jour de vendanges et manifestait plus d'amplitude et de richesse, avec un boisé plus perceptible. Quant au troisième, il était le fruit du 3ème jour de vendanges et dégageait un étonnant côté pommé, une belle acidité, de la puissance et une longueur plus conséquente. Ces 3 vins étaient élevés dans des tonneaux de l'Atelier du Centre. On revient ensuite aux Ruets 1, mais élevé dans un tonneau "Taransaud". Son amplitude et sa rondeur en font un vin complètement différent. On continue toujours avec les Ruets 1 mais élevé en tonneau de 2014. Sa couleur est plus prononcée et on décèle des amers minéraux.

Savennières Roche aux Moines "Le Parc" 2016 : cette parcelle est située sur un sol plat longée par des arbres. Elle a été récoltée au 7ème jour des vendanges et se distingue des 3 cuvées précédentes par une forte acidité et un boisé bien présent.

 

La seconde phase de cette dégustation est effectuée en plein air, avec au programme les 3 vins en bouteilles suivants : 

- Le Berceau des Fées 2016 : mis en bouteille le 17 mars 2017, ce breuvage pour l'instant, est un VDT. Couleur dorée, nez très expressif, avec une bouche fruitée, ample et vive, offrant une finale longue. Très beau vin, hélas pas en vente. 

Savennières Roche aux Moines 2015 : Élevé en cuve pour 40 %, et en fûts pour 60 %. Couleur or pâle, la bouche est d'une grande finesse, avec beaucoup d'amplitude et de longueur. Vin en vente à 25 € 00 la btle.

Savennières Roche aux Moines 2013 : Robe joliment dorée, nez miellé que la bouche confirme, ce vin est superbe et en vente à 25 € 00 la btle.

 

Le domaine ne proposait à la vente que 2 vins, un Savennières "Roche aux Moines en millésime 2015 et 2013, ainsi qu'un Anjou-Villages rouge 2014 (Cf. tarif dans le diaporama ci-dessous). Les amateurs de millésimes de Savennières plus anciens pourront faire provision de 1998 et 1999 à 21 € 00 le flacon de 75 cl, un prix raisonnable compte-tenu de leur grand âge.

Domaine aux Moines

Monique & Tessa LAROCHE

49170 SAVENNIÈRES

Tél. : 02 41 72 21 33 ou 06 13 22 58 53

Email : earl.madame.laroche@wanadoo.fr

Site web : www.domaine-aux-moines.com  

Damien Vétault, le petit Prince des plaisirs sucrés à Angers

C'est toujours un grand plaisir quand je viens sur Angers de faire un détour par la pâtisserie de Damien Vétault (créée en juillet 2013) découverte en juillet 2014 grâce à Mathilde Favre d'Anne. Pour beaucoup de fins becs sucrés de la capitale historique de l'Anjou et berceau de la lignée des Plantagenêts, c'est la meilleure de la ville. En ce 8 avril 2017, malgré l'heure avancée de cette fin de matinée, les vitrines sont encore bien achalandées et suscitent de l'appétence. Les gâteaux classiques comme le Millefeuille et le Savarin (et non un Baba comme étiqueté !) côtoient ceux plus nouveaux comme le Cheese-cake fruits de la passion et le Pomme verte et jasmin, mais tous sont sobrement et impeccablement exécutés comme en atteste le diaporama ci-dessous.

Nous avons acheté en prévision de Pâques des petits sujets en chocolat, un Poussin, une Poulette et une Poulette Tablette, ainsi que trois gâteaux individuels, un Céleste (Biscuit moelleux aux amandes, croustillant vanille et fleur de sel, crème onctueuse vanille et fèves de Tonka, crème de mascarpone à la vanille et fèves de Tonka) une Charlotte aux fraises, basilic et poivre sansho (Sablé aux amandes, crème onctueuse aux fraises, biscuit moelleux, crème basilic et poivre sansho, fraise) et une Inspiration (Biscuit aux amandes, praliné feuilleté, crème onctueuse banane, chantilly chocolat blond et café). Tout cela était frais, fin et délicieux. Et même si le stationnement n'est pas évident aux abords de cette place du Lycée, n'hésitez surtout pas à faire une halte dans l'écrin pâtissier de Damien Vétault, le jeu en vaut la chandelle. 

Damien Vétault

1 place du Lycée

49100 ANGERS

Tél. : 02 41 88 96 35

Email : contact@damienvetault.com

Site web : http://damienvetault.com

Facebook : fr-fr.facebook.com/DamienVetault

Bienvenue dans le monde des écornifleurs culinaires !

Quand à la fin des années 2000 j'ai participé à l'aventure du Bottin Gourmand, version Thibault Leclerc, la déontologie du directeur de ce guide nous imposait de régler d'abord nos additions dans les restaurants où nous déjeunions ou dînions avant de rencontrer son chef. Quand ce guide a changé de mains et que sa déontologie préconisée par l'un de ses rédacteurs en chef allait à l'encontre de mes principes, j'ai pris la décision d'arrêter ma collaboration et de créer mon site "indépendant et non sponsorisé". Certes, il m'arrive parfois de bénéficier de quelques privilèges comme celui d'un apéritif, d'un café ou d'un plat supplémentaire, voir même d'être à titre exceptionnel invité, mais ces avantages restent très rares et je le mentionne dans mes commentaires. Et comme je ne conçois pas de les accepter sans contrepartie de ma part, je prend toujours la précaution de ne jamais arriver les mains vides ...

D'autres hélas n'ont pas cette délicatesse. Ils ont en effet compris que beaucoup de chefs aiment bien qu'on parle d'eux et qu'il leur sera possible d'aller ainsi au restaurant à bon compte, voir même pour certain(e)s d'en tirer une activité bien rémunérée. Ces "pique-assiettes" ont donc créé leurs sites culinaires et surtout, ils ont essayé de convaincre des chefs qu'ils disposaient par ce moyen de communication moderne d'une grande influence sur la fréquentation de leurs établissements. Et le pire c'est que des chefs l'ont cru ! Si qualitativement, ces sites sont très hétérogènes, par contre ils ont tous un point commun : vous n'y verrez jamais l'ombre de la copie d'une facture de leurs agapes ... puisque ces gens là ne paient pas leurs additions ! Vous pourriez me dire que c'est tant mieux pour ces profiteurs ! Et bien non, car toutes ces notes impayées le sont forcément par d'autres, les gens qui comme vous et moi s’acquittent rubis sur l'ongle des leurs (plus de 6000 € par an pour votre serviteur !). Afin de ne courir aucun risque, je n’énumérerais pas publiquement dans ces colonnes les coordonnées de plusieurs sites que j'ai repérés ces dernières années. Par contre, les abonnés à ma newsletter pourront en prendre connaissance à titre privé dans l'onglet "Documents" ...

Cette photo est un hommage à mes parents et grands-parents, témoins d'une époque conviviale où dans  un même  lieu se côtoyaient un salon de coiffure, un café et un restaurant !

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